+
A LA UNE

Même prize money à Montréal et Cincinnati, mais pas les mêmes taxes...

ATP
Mis à jour le par Alexandre HERCHEUX

Même catégorie, 1 000 points ATP au champion et pratiquement le même chèque. Les Masters 1000 de Montréal et Cincinnati ont harmonisé leurs dotations en 2026 au point que le vainqueur canadien recevra officiellement 1 151 420 dollars, contre 1 151 380 dollars dans l'Ohio. Seulement 40 dollars d'écart. Mais le montant inscrit dans la grille des prize money ne correspond pas nécessairement à celui dont dispose immédiatement un joueur. Une comparaison réalisée par Ubitennis met en lumière un élément beaucoup moins visible : les retenues fiscales appliquées sur place peuvent être sensiblement différentes. Et sur un chèque dépassant le million de dollars, quelques points de pourcentage représentent rapidement plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Vidéo: Iga Swiatek en demies du WTA 1000 de Toronto

 

À Montréal, 24 % peuvent être retenus à la source

Prenons le cas théorique d'un champion étranger non-résident au Canada soumis aux retenues standards. Au niveau fédéral, le Canada prévoit une retenue de 15 % sur certains paiements effectués à des non-résidents pour des prestations réalisées dans le pays. Cette réglementation concerne notamment les athlètes étrangers. À cela vient s'ajouter le Québec. Pour les prestations réalisées dans la province par une personne ne résidant pas au Canada, Revenu Québec prévoit une retenue de 9 %. Dans cette configuration, le chèque de 1 151 420 dollars remporté à Montréal subirait donc des retenues initiales représentant 24 % du montant brut. Le calcul donne environ :

Prize money brut : 1 151 420 $
Retenues théoriques de 24 % : 276 341 $
Somme restante après ces retenues : environ 875 079 $

Attention toutefois : ces 875 079 dollars ne constituent pas le revenu net final du champion. L'administration fiscale canadienne précise elle-même que sa retenue de 15 % est un acompte sur l'impôt potentiel et non nécessairement l'impôt définitif. Une réduction ou un remboursement peut être possible selon les dépenses, les conventions fiscales et la situation du joueur.

 

À Cincinnati, 30 % au fédéral et 1,8 % pour la ville

Le système est différent aux États-Unis. Pour un athlète étranger non-résident fournissant des prestations indépendantes aux États-Unis, l'IRS prévoit en principe une retenue fédérale pouvant atteindre 30 %, sauf réduction applicable notamment par convention fiscale ou accord spécifique avec l'administration. La ville de Cincinnati applique également une taxe locale de 1,8 % sur les paiements bruts aux athlètes et artistes. Sur les 1 151 380 dollars promis au champion du Masters 1000 :

30 % de retenue fédérale : environ 345 414 $
1,8 % de taxe municipale : environ 20 725 $

Il resterait ainsi environ 785 241 dollars après ces deux retenues, avant de prendre en compte l'éventuelle fiscalité de l'Ohio et la situation fiscale personnelle du joueur. Par rapport aux quelque 875 079 dollars obtenus dans le calcul montréalais, l'écart immédiat atteint donc environ 89 838 dollars. Près de 90 000 dollars alors que les deux prize money bruts ne diffèrent que de... 40 dollars.

Publié le par Alexandre HERCHEUX

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 
 

A la Une