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Le tournoi de Montréal sous pression : "On prend du retard"

ATP - Montréal
Mis à jour le par Alexandre HERCHEUX

Le Masters 1000 de Montréal se joue actuellement sur les courts, mais une autre partie autrement plus longue se déroule dans les coulisses. Tennis Canada veut moderniser profondément son site du parc Jarry afin de garantir la présence de l'un des grands rendez-vous du calendrier mondial dans la métropole québécoise pour les prochaines décennies. Le Stade IGA vieillit et la concurrence internationale accélère. En juin, Tennis Canada avait même reconnu officiellement que l'enceinte actuelle approchait de la fin de sa vie utile et ne répondait plus aux standards demandés par les circuits professionnels.

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"On prend du retard" : l'ATP et la WTA ont fait passer le message

Valérie Tétreault ne cache désormais plus l'urgence ressentie par Tennis Canada. Dans des propos rapportés samedi par le Journal de Montréal, la dirigeante a expliqué : "Il y a un sentiment d'urgence parce qu'on voit qu'on prend du retard et on se le fait dire par les deux circuits." L'ATP et la WTA ne se seraient d'ailleurs pas contentées d'un simple échange. Selon Tétreault, des représentants des circuits sont venus en début de tournoi afin d'évaluer l'expérience proposée aux spectateurs.

Il ne s'agit cependant pas d'un ultimatum. Aucune menace de retrait du Masters 1000 de Montréal ou de sanction n'a été annoncée. Le problème est plutôt celui d'une course aux standards dans laquelle les grands tournois investissent massivement. L'ATP a ainsi mis en avant ces derniers mois les transformations réalisées dans plusieurs Masters 1000. Cincinnati a bénéficié d'un programme d'investissements de 260 millions de dollars américains avec un site largement agrandi et modernisé. À Rome, environ 160 millions d'euros ont été investis dans le réaménagement du Foro Italico.

 

Un nouveau stade de 15 000 places avec un toit rétractable ?

Tennis Canada travaille depuis plus d'un an sur différentes options. Une étude de faisabilité financée avec le soutien de Tourisme Montréal a finalement désigné comme scénario privilégié la construction d'un nouveau stade pouvant être utilisé durant trois saisons. Sa principale évolution serait évidente : un toit rétractable. Le concept qui a circulé début août prévoit un nouveau court central d'environ 15 000 places, ainsi qu'un réaménagement beaucoup plus large du site du parc Jarry. Le court central actuel pourrait notamment disparaître au profit d'une nouvelle esplanade et d'un court secondaire.

Mais Tennis Canada insiste sur un point : ce ne sont encore que des pistes. Tétreault a ainsi prévenu : "On n'est pas à l'étape d'avoir un projet." Les images dévoilées illustrent une vision issue de l'étude de faisabilité et non le plan définitif d'un futur stade. Même prudence concernant le coût. Un chiffre de 400 millions de dollars canadiens a circulé localement, mais la directrice du tournoi l'a publiquement relativisé. Aucun budget définitif n'existe actuellement et les analyses techniques, financières et opérationnelles doivent encore être approfondies.

 

2032, au mieux, pour découvrir le nouveau stade

Même si la situation est jugée urgente, Montréal devra encore patienter plusieurs années. Valérie Tétreault a expliqué qu'il n'existait pas encore d'échéancier définitif. Dans le scénario le plus rapide actuellement envisagé, 2032 serait la première édition susceptible d'être disputée dans le nouveau stade. La directrice rappelle également qu'une partie sud des installations n'a pas connu de rénovation majeure depuis la structure originale de 1969 et nécessiterait des travaux importants si l'enceinte actuelle devait continuer à être utilisée durablement.

L'objectif affiché est beaucoup plus large qu'une rénovation esthétique : Tennis Canada souhaite assurer la pérennité de l'Omnium Banque Nationale à Montréal pour les 30 à 40 prochaines années. Le tournoi canadien n'est donc pas menacé à court terme. Mais le message de l'organisation elle-même est désormais sans ambiguïté : face aux investissements réalisés ailleurs et aux exigences croissantes du tennis mondial, le statu quo n'est plus considéré comme une option.

Publié le par Alexandre HERCHEUX

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