Le Pinnacle Tour pour concurrencer l'ATP et la WTA ? Les explications
ATP / WTALe tennis professionnel est-il au bord d’une fracture façon “LIV Golf” (une ligue de golf lancée en 2022, financée par le fonds souverain saoudien (PIF), qui a recruté des stars du PGA Tour avec de gros contrats garantis et un format différent) ? Depuis l’Open d’Australie 2026, un document baptisé “Future Tennis” circule dans les hautes sphères financières : la PTPA (Professional Tennis Players Association) chercherait 1 milliard de dollars d’investissement pour lancer un nouveau modèle du circuit, avec une compétition reine appelée “Pinnacle Tour”, d'après les infos de The Telegraph.
Qui porte le projet ?
C’est la PTPA, association créée en 2020 par des joueurs (Novak Djokovic et Vasek Pospisil en tête à l’origine) pour peser davantage sur la gouvernance et la rémunération, qui porte le projet. Début 2026, Djokovic a toutefois pris ses distances avec l’organisation, évoquant des désaccords de direction et des questions de transparence—sans renier l’idée d’une représentation “100% joueurs”. Depuis 2025, la PTPA est engagée dans une procédure antitrust contre des entités majeures du tennis, accusées de fonctionner comme un système “verrouillé” (calendrier, obligations, revenus, droits). L’élément qui a ravivé la crise en janvier 2026 : un accord précoce entre la PTPA et Tennis Australia (organisateur de l’Open d’Australie). D’après la PTPA, l’accord prévoit coopération et partage d’informations dans la procédure, ce qui a mécaniquement tendu les relations avec les autres piliers (ATP/WTA et les trois autres Grands Chelems).
Quel format ? Les grandes lignes du “Pinnacle Tour”
Le plan décrit repose sur une structure à trois niveaux, dominée par le Pinnacle Tour.
Quelques promesses-clés reviennent dans les documents et fuites :
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Réduction du nombre de tournois pour l’élite, avec un plafond évoqué autour de 16 événements par saison pour les meilleurs joueurs.
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Hausse de 50% du prize money (objectif de démarrage) et égalité de rémunération hommes/femmes dans la trajectoire du projet.
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Revenu minimum garanti pour le top 100 : 1 million de dollars la première année, avec une montée progressive jusqu’à 2,3 millions (horizon dix ans).
Et maintenant ?
Vraie alternative, ou simple menace ? “Future Tennis / Pinnacle Tour” pourrait être un moyen de renforcer la position de la PTPA dans les discussions et la procédure, en brandissant une alternative crédible si les instances ne bougent pas. Est-il possible de sécuriser des financements et, surtout, de recruter des têtes d’affiche prêtes à basculer vers un nouveau circuit ? Difficile à imaginer...
Publié le par Alexandre HERCHEUX