La fédération hongroise a répondu aux attaques de Panna Udvardy
BJK CupLa polémique autour de Panna Udvardy prend de l'ampleur en Hongrie. Mercredi 21 octobre, la joueuse de 28 ans, alors 83e mondiale et deuxième Hongroise au classement WTA, avait vivement critiqué sa fédération après sa non-sélection pour le barrage de Billie Jean King Cup contre les États-Unis, prévu les 21 et 22 novembre à Delray Beach. Elle reprochait notamment aux dirigeants de l'avoir prévenue seulement cinq minutes avant l'annonce officielle, sans entretien préalable, et dénonçait un manque de soutien au cours de sa carrière. Mais samedi, Attila Sávolt, directeur sportif de la Fédération hongroise de tennis (MTSZ), a décidé de lui répondre publiquement, en contestant plusieurs de ses affirmations.
"Je n'ai jamais ressenti que cette engagement, ce soutien et cette reconnaissance de la fédération étaient réciproques"
"Depuis des années, j'ai fièrement représenté l'Hongrie, donc j'ai voulu partager mon point de vue sur la dernière sélection de l'équipe de Billie Jean King et la décision du capitaine, ce qui signifie que je ne serai pas dans l'équipe cette fois. Pour moi, c'est plus qu'une simple décision. Il s'agit d'engagement, de respect mutuel et de ce que cela signifie pour moi de représenter l'Hongrie. Bien que j'aie toujours été engagé à représenter l'Hongrie, je n'ai jamais ressenti que cette engagement, ce soutien et cette reconnaissance de la fédération étaient réciproques. Pendant mes blessures, je n'ai jamais reçu d'appel de la fédération demandant comment je me sens ou comment se passe ma rétablissement."
"Malheureusement, je n'ai pas reçu cette soutien et cette attention"
"Quand j'ai été blessé à Antalya, ma propre fédération sportive n'a même pas répondu à mes e-mails. Dans ces moments difficiles, je n'attendais aucune spécialité, juste de me sentir soutenu, pris en compte et comptant sur moi en tant que joueur et en tant que personne. Malheureusement, je n'ai pas reçu cette soutien et cette attention. La manière dont la décision a été communiquée était particulièrement décevante. J'ai reçu cet e-mail, cet appel téléphonique ou cette conversation personnelle juste cinq minutes avant l'annonce publique de l'équipe. En raison d'une réunion à Delray Beach, j'ai dû ajuster mon calendrier de compétition pour pouvoir être disponible pour l'équipe dans une condition fraîche et adaptée. Cependant, en raison de cette annonce tardive, j'ai manqué l'ensemble de la date limite de inscription, donc je ne pourrai pas m'inscrire à d'autres compétitions avant le 7 novembre, et ma saison se terminera effectivement le 7 novembre."
"C'est particulièrement décevant"
"C'est particulièrement décevant, car j'avais essayé de façonner mon programme de compétition de manière à me permettre d'être présent et d'aider l'équipe. Je pense qu'un joueur qui a représenté l'Hongrie à d'innombrables reprises mérite au moins une conversation honnête. Je respecte la décision du capitaine. Cependant, je crois qu'une relation entre une équipe nationale et ses joueurs devrait être basée sur le respect mutuel, la confiance et l'engagement. Ce n'est pas seulement attendu des joueurs, mais aussi de la fédération. Pour moi, représenter mon pays est toujours une honneur, et je suis fière de chaque opportunité que j'ai eue de porter le blason. Je crois que le respect mutuel et l'appréciation mutuelle sont essentiels pour qu'une équipe puisse être vraiment réussie. Néanmoins, je souhaite toujours de tout cœur que l'équipe soit réussie à Delray Beach et qu'elle représente fièrement l'Hongrie."
Le capitaine hongrois justifie son choix
De son côté, le capitaine Kornél Bardóczky a expliqué à l'agence MTI avoir privilégié les joueuses qui avaient permis à la Hongrie de se qualifier et sur lesquelles il avait toujours pu compter. Il a ainsi retenu Anna Bondar, Dalma Galfi, Amarissa Toth, Adrienn Nagy et Fanny Stollar. Malgré son amertume, Udvardy affirme respecter le droit du capitaine de choisir son équipe et souhaite bonne chance à ses compatriotes. Elles auront fort à faire contre les Américaines Coco Gauff et Madison Keys, notamment.
"Je ne comprends pas pourquoi tu écris des choses qui ne correspondent pas à la réalité"
Attila Sávolt, directeur sportif de la Fédération hongroise de tennis, n'a pas mâché ses mots dans sa réponse à Panna Udvardy. "Je ne comprends pas pourquoi tu écris des choses qui ne correspondent pas à la réalité", a-t-il lancé, avant de contester son engagement auprès de l'équipe nationale. "Il est incontestable que tu fais partie, depuis plusieurs années, des meilleures joueuses hongroises. L'équipe nationale a toujours eu besoin de toi et a encore besoin de toi aujourd'hui. [...] Au cours des six dernières années, depuis que je travaille à la fédération, 2022 a été la seule année où tu t'es réellement mise à la disposition de l'équipe nationale."
Le dirigeant a également tenu à répondre aux reproches concernant le manque de soutien financier. "Le Centre national d'entraînement et la Fédération hongroise de tennis ont toujours été à ta disposition ces dernières années, dans la limite de leurs moyens, exactement comme ils le sont pour les autres joueurs et joueuses hongrois de haut niveau." Il ajoute : "Entre 2021 et 2022, tu as également reçu 11 millions de forints d'aides financières de la part de la fédération, comme d'autres joueurs professionnels."
"J'espère qu'à l'avenir, nous pourrons clarifier les éventuels désaccords"
Enfin, Sávolt a contesté les accusations d'Udvardy concernant l'absence de soutien après les menaces reçues à Antalya. "Cette déclaration, je la comprends encore moins. À titre d'exemple, je joins le courriel que je t'ai personnellement envoyé à la suite de cet événement particulièrement regrettable et auquel tu as d'ailleurs répondu très aimablement." Malgré cette réponse ferme, il souhaite apaiser les tensions : "J'espère qu'à l'avenir, nous pourrons clarifier les éventuels désaccords que cette situation a pu provoquer entre toi et la Fédération hongroise de tennis."
Publié le par Alexandre HERCHEUX