Le Chili-Espagne menacé par la crise de la Fédération chilienne ?
Coupe DavisUne crise institutionnelle vient perturber la préparation de l’une des rencontres les plus attendues de la prochaine journée de Coupe Davis. Les 19 et 20 septembre 2026, le Chili doit accueillir l’Espagne au Court Central Anita Lizana de Santiago, avec une place pour la phase finale de Bologne en jeu. Mais à moins de deux mois de cette confrontation, la Fédération chilienne de tennis se retrouve privée d’un directoire capable de fonctionner normalement.
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La presse locale évoque désormais un risque pour l’organisation du rendez-vous, même si aucune décision officielle de report, de déplacement ou d’annulation n’a été prise. La rencontre reste à ce jour inscrite au calendrier international et les billets sont toujours commercialisés. La situation administrative devra néanmoins être régularisée rapidement.
L’élection du président de la Fédération chilienne invalidée
Le point de départ de la crise remonte à l’élection du 6 juin. Milovan Kegevic avait alors été choisi pour succéder à Sergio Elías à la présidence de la Fédération, tandis que Valentina Marín devait occuper le poste de secrétaire générale. Leur nomination a finalement été invalidée le 16 juillet par la Commission électorale de la Fédération chilienne. L’instance a estimé que les deux candidats avaient présenté des justificatifs universitaires ne correspondant pas aux informations détenues par l’établissement concerné.
Kegevic avait fourni un certificat le présentant comme ingénieur commercial de l’Université Bolivarienne. Marín avait présenté un document attestant un diplôme d’ingénieure en marketing numérique délivré par le même établissement. Dans un courrier daté du 13 juillet, l’université a indiqué que les deux dirigeants ne figuraient pas dans ses archives académiques et ne possédaient pas le statut de diplômés. La Commission électorale a alors prononcé leur inéligibilité définitive. “L’ajout délibéré d’un document faux entraîne la nullité de l’ensemble du dossier”, a notamment estimé la commission dans sa résolution.
Un directoire réduit à seulement deux membres habilités
La mise à l’écart de Milovan Kegevic et de Valentina Marín intervient après plusieurs autres départs. Quatre membres nouvellement élus avaient déjà démissionné en raison de divergences profondes avec le président élu. Une autre dirigeante avait également vu son élection invalidée. Le directoire de la Fédération chilienne de tennis, qui doit normalement compter neuf membres, ne disposerait désormais plus que de deux responsables habilités à exercer leurs fonctions. Or, cinq membres sont nécessaires pour atteindre le quorum et permettre à l’organe de se réunir valablement.
La Commission électorale a ainsi constaté une impossibilité structurelle de fonctionnement et demandé aux associations affiliées d’engager les procédures nécessaires pour organiser un nouveau processus électoral. Le dossier a également pris une dimension judiciaire. L’Institut national des sports du Chili a transmis les éléments au parquet de Ñuñoa pour une possible falsification ou utilisation malveillante de documents publics. L’Institut a précisé que cette transmission ne constituait pas une plainte avec constitution de partie civile, mais l’application de son obligation administrative de saisir le ministère public. Il appartient désormais au parquet de déterminer si une enquête doit être ouverte.
Kegevic conteste de son côté la décision et a saisi le Premier tribunal électoral métropolitain. Il affirme que la Commission électorale ne disposait pas de la compétence nécessaire pour l’écarter et remet en cause le document envoyé par l’Université Bolivarienne.
Le Chili-Espagne est toujours officiellement programmé
Cette vacance institutionnelle intervient à un moment particulièrement sensible. Le Chili doit organiser le deuxième tour des qualifications de la Coupe Davis contre l’Espagne, les 19 et 20 septembre, au Court Central Anita Lizana du Parc de l’Estadio Nacional. Selon la presse chilienne, l’absence de représentants légalement reconnus pourrait compliquer les échanges administratifs avec l’instance internationale et la gestion d’une compétition officielle. La Fédération doit notamment assurer la coordination du site, la logistique des équipes, la billetterie, les accréditations et le respect des obligations imposées au pays organisateur.
À ce stade, rien n’indique toutefois que l’affiche sera annulée ou déplacée. Le risque évoqué au Chili demeure donc une conséquence potentielle de la crise, et non une décision prise par l’instance internationale. Une nouvelle direction ou une solution administrative temporaire pourrait permettre à la Fédération de poursuivre normalement l’organisation.
Tabilo en difficulté, Garin et Jarry toujours absents : le sportif n'est pas mieux...
Aux problèmes institutionnels s’ajoute une situation sportive préoccupante pour le capitaine Nicolas Massu. Le Chili s’était pourtant qualifié avec autorité en dominant la Serbie 4-0 à Santiago en février. Premier joueur chilien au classement ATP, Alejandro Tabilo reste sur une défaite inquiétante contre le 427e mondial Tiago Torres à l’ATP 250 d’Estoril. Le Portugais s’est imposé 6-4, 6-4 face au 30e mondial. Tomas Barrios Vera, deuxième joueur du pays, traverse également une période difficile et reste sur plusieurs défaites contre des adversaires classés au-delà de la 300e place mondiale.
La situation de Cristian Garin et de Nicolas Jarry est encore plus incertaine. Garin est éloigné du circuit après des problèmes physiques, tandis que Jarry souffre toujours du coude droit. Aucun calendrier précis de reprise n’a été communiqué pour les deux hommes. La composition des équipes ne sera connue que plus tard. La présence de Carlos Alcaraz avec l’Espagne n’est notamment pas confirmée, la rencontre étant programmée quelques jours seulement après l’US Open.
Publié le par Alexandre HERCHEUX