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Noah sur les Bleus : "Quand le mardi, c'est fini, on a l'air con"

Laver Cup
Mis à jour le par Alexandre HERCHEUX

La défaite de l'équipe de France en Coupe Davis, battue 3-1 par le Canada à Québec, n'a pas bouleversé Yannick Noah. Pas parce que l'ancien capitaine des Bleus se désintéresse du tennis français, loin de là, mais parce qu'il ne se reconnaît plus vraiment dans la compétition depuis sa réforme. Interrogé par Eurosport dans l'émission "Retour Gagnant", celui qui dirigera la Team Europe lors de la Laver Cup à Londres du 25 au 27 septembre a été très clair. "Je ne l'ai pas franchement vécue comme une catastrophe. Cette épreuve n'est plus ce qu'elle était. Donc, je n'en tire pas de conclusions particulières." La France a été éliminée 3-1 à Québec, après notamment deux victoires de Félix Auger-Aliassime en simple face à Quentin Halys puis Arthur Rinderknech.

 

Noah : "Il y a 10 ans, on râlait parce qu'on n'avait 'que' Tsonga, Gasquet, Monfils..."

Son regard est beaucoup plus sévère lorsqu'il s'élargit à l'ensemble du tennis masculin français. Car malgré la densité toujours présente, 2026 a encore été une saison compliquée pour les Tricolores dans les plus grands rendez-vous. "Oui, c'est une année difficile pour nos joueurs. Oui, quand on suit nos joueurs et que le mardi, c'est fini, on a l'air con. Il m'arrive aussi d'avoir un peu de mémoire et je me souviens qu'il y a 10 ans, on râlait parce qu'on n'avait "que" Tsonga, "que" Gasquet, "que" Monfils, "que" Simon, "que" Pouille, qu'on avait "que" des joueurs dans les 10 premiers et on était sans arrêt en train de râler. Et aujourd'hui, ils ne sont plus là..."

Une manière de rappeler que la génération Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Gaël Monfils, Gilles Simon ou encore Lucas Pouille avait installé des standards très élevés. Une époque parfois critiquée faute de titre en Grand Chelem, mais dont la régularité au plus haut niveau apparaît aujourd'hui sous un autre jour. Et pourtant, un Français s'apprête justement à retrouver ce fameux Top 10.

 

"Je mets la radio et j'entends : 'Est-ce que Arthur Fils va effacer Yannick Noah ?'"

Actuellement 11e mondial, Arthur Fils est assuré d'apparaître au 9e rang du classement ATP lors de sa prochaine publication, lundi 28 septembre. Il deviendra le 13e Français à intégrer le Top 10 depuis la création du classement ATP en 1973 et le premier nouveau Tricolore à y entrer depuis Lucas Pouille en 2018. Un parcours qui impressionne Noah. Mais ce dernier est prudent. Car Noah connaît aussi le revers de la médaille. Le titre de Cincinnati a immédiatement replacé Fils au cœur des discussions sur un éventuel successeur du champion de Roland-Garros 1983. Une pression qu'il juge parfois excessive. "Il y a quelques semaines, je rentrais de vacances, je suis à l'aéroport, je mets la radio et j'entends : 'Est-ce que Arthur Fils va effacer Yannick Noah ?', parce qu'il venait de gagner à Cincinnati. Tout d'un coup, on s'emballait. Il n'avait pas encore joué le premier tour qu'il était déjà vainqueur de Grand Chelem."

L'US Open a justement rappelé la difficulté du chemin : Fils a été éliminé dès son entrée en lice par Stefanos Tsitsipas, 4-6, 7-6, 6-1, 6-4. En 2026, son meilleur résultat en Grand Chelem reste un deuxième tour à Wimbledon. Entre l'inquiétude devant les résultats français et l'enthousiasme autour de son nouveau Top 10, Noah appelle donc surtout à garder la mesure. "C'est bien d'être enthousiaste, vraiment, nous en tant que joueur on a besoin de ce soutien, on a besoin aussi de la critique, mais un truc entre les deux, c'est pas mal."

Publié le par Alexandre HERCHEUX

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