Aryna Sabalenka : "Je ne veux pas parler politique ici"
Open d'AustralieAryna Sabalenka a validé son billet pour le 3e tour de l’Open d’Australie 2026 en dominant la qualifiée chinoise Zhuoxuan Bai6-3, 6-1, ce mercredi 21 janvier sur la Rod Laver Arena. La n°1 mondiale n’a eu besoin que de 1h12 pour se hisser en seizièmes, malgré un premier set plus accroché que ne le laisse penser le score. Au total, Sabalenka a terminé avec 24 winners (pour 21 fautes directes), preuve d’un match parfois haché mais globalement maîtrisé. Au prochain tour l’attend un test bien plus relevé : Anastasia Potapova, tombeuse d’Emma Raducanu. L'ex-Russe, désormais Autrichienne, est une cliente...
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"Je suis contente de voir que l’ambiance dans les vestiaires est plus saine aujourd’hui"
Aryna, félicitations. Vous voilà au troisième tour. Pouvez-vous nous faire un point sur votre match et votre performance aujourd’hui ?
Super heureuse de la victoire, bien sûr. J’ai vraiment apprécié l’ambiance. C’était vraiment magnifique. C’était un peu piégeux. Elle a joué un très bon tennis. Je suis contente d’avoir réussi à conclure ce premier set et, ensuite, d’avoir pu avancer davantage et augmenter mon niveau dans le deuxième.
J’ai une question sur le tennis en général. Sur le court, c’est souvent très intense. On compare les joueuses à des gladiateurs. En dehors du court, il y a cette attente de bonnes manières et de politesse. Comment pensez-vous que ces deux aspects s’accordent ?
Je n’ai pas bien compris la deuxième partie : quoi, les attentes en dehors du court ? Être polie et… quoi ?
Que tout le monde soit très poli et, genre, respectueux.
OK, je vois. Oui, sur le court on est assez agressives, c’est très intense. On poursuit toutes nos objectifs, on est adversaires, on se bat, on est en compétition. On essaie, oui, d’atteindre nos objectifs. En dehors du court, on est plutôt sympas les unes avec les autres, et comme vous l’avez dit, très respectueuses, très polies, on s’amuse. Certaines joueuses s’entendent mieux avec un groupe, d’autres avec un autre. Je pense que c’est pareil dans la société, en général. Je suis très contente qu’aujourd’hui les joueuses arrivent mieux à équilibrer ces deux extrêmes, je dirais. On est capables de bien distinguer ces deux vies différentes. Oui, je suis contente de voir que l’ambiance dans les vestiaires est plus saine aujourd’hui.
Sur Osaka : "C’était parfaitement en accord avec sa personnalité, sa culture, beaucoup de choses"
Vous êtes quelqu’un qui aime beaucoup la mode. Dans ce contexte, je voulais savoir ce que vous aviez pensé de la tenue de Naomi Osaka hier soir.
Vous savez, ce qui est très beau avec la mode, c’est qu’on peut s’exprimer comme on veut. C’est un monde assez libre. Il n’y a pas de jugement. Certaines personnes voient la mode d’une manière, d’autres d’une autre. C’est pour ça que c’est si beau : on peut se sentir libre, montrer qui on est, montrer sa personnalité. Je trouve qu’hier, c’était parfaitement en accord avec sa personnalité, sa culture, beaucoup de choses. C’était vraiment cool.
Si vous pouviez imaginer une entrée sur le court “fantaisie”, version mode, à quoi cela ressemblerait ? Vous y avez déjà pensé ?
Moi, j’aimerais que Nike me laisse faire ce genre de choses, mais pas pour cette année. On travaille dessus, mais je ne sais pas. Je pense que ce serait une entrée plus “classe”. Peut-être, je ne sais pas, un long manteau ou… je ne sais pas. J’y ai pensé, j’essaie de trouver une idée, mais ce n’est pas encore assez abouti. Mais je trouverai quelque chose de cool l’année prochaine, c’est sûr.
Certaines joueuses expérimentent avec les bijoux. Est-ce que vous les dessinez vous-même, est-ce que vous travaillez dessus en numérique, ou est-ce juste un croquis à la main ? Et votre pendentif, c’est un “Evil Eye” ou juste un saphir ?
Juste un saphir. En fait, ça ressemble à un œil, un œil protecteur. J’aime me dire que ça me protège, d’une certaine manière. L’idée de départ était différente : c’était un saphir, comme je l’ai dit, un ciel bleu, des vagues, l’océan. Je trouve que ça colle parfaitement à ma tenue. Mais on s’assoit avec Material Good, avec leur équipe, on discute, je leur dis ce que j’aime, ce que j’ai envie de voir. J’aime leur créativité, ils apportent plein d’idées cool. On avance à partir de là.
"Honnêtement, ça paraît fou et irréel"
Vous avez gagné 45 de vos 50 derniers sets ici. Les seules femmes à avoir fait mieux à l’ère Open sont Graf, Hingis, Seles et Serena. Qu’est-ce que ça fait d’être dans ce groupe ?
Honnêtement, ça paraît fou et irréel. Je n’ai jamais pensé qu’on pourrait me comparer à ces noms, même si je suis très loin de leurs accomplissements. Bien sûr, ça sonne incroyable et… ça me motive à continuer ce que je fais. Ça veut juste dire, pour moi, que je suis sur la bonne voie.
Je ne sais pas si vous avez vu : la joueuse ukrainienne Olymiykova a parlé, elle vous a mentionnée, ainsi que quelques autres joueuses russes, et a dit qu’elle avait reçu du soutien pour ses propos, et que vous souteniez une interdiction des joueuses russes et biélorusses. Je voulais vous donner l’occasion de répondre si vous le souhaitez.
J’en ai déjà beaucoup parlé, évidemment. Je veux la paix, et si je pouvais changer quoi que ce soit, je le ferais sans hésiter. À part ça, je n’ai rien d’autre à dire.
Je ne sais pas si vous le savez, mais j’étais un collègue de Duncan McKenzie McHarg, l’intervieweur qui est malheureusement décédé le mois dernier. Étiez-vous au courant ? Je sais que vous avez eu des interviews très amusantes avec lui. Je voulais savoir si vous aviez un souvenir à partager.
Oui, c’est vraiment déchirant. J’ai évidemment été choquée. Je ne voulais pas y croire. Jusqu’au tout dernier moment, je me disais : j’espère que c’est une erreur, ou quelque chose comme ça. Mais c’est terrible, et on a eu beaucoup d’interviews très sympa ensemble. Je ne l’aurais jamais vu venir. Je le trouvais très drôle, toujours souriant, toujours… je ne sais pas… toujours gentil. C’est vraiment triste pour Tennis Australia. Je ne sais pas quoi dire dans ces moments-là. J’espère que sa famille restera forte et qu’ils iront bien.
"J’en ai déjà assez dit dans le passé et je ne veux tout simplement pas parler politique ici"
Il y a eu des moments pendant le match où Bai vous a mise sous pression. Qu’est-ce qui vous a le plus impressionnée dans sa performance aujourd’hui ?
Oui, je pense que c’était vraiment super de voir ça. Peu importe le score, elle a été capable d’avancer et de montrer un très bon tennis. Elle n’a pas bien commencé, mais ensuite elle a eu la force d’avancer, de changer deux-trois choses et, oui, de me mettre sous pression. C’était vraiment impressionnant. Sur l’ensemble du match, on aurait dit qu’elle se fichait un peu du score. Elle essayait juste de faire de son mieux et de trouver quelque chose qui pouvait l’aider à gagner. C’était vraiment cool à voir.
En respectant le fait que vous ne voulez plus commenter la politique : trouvez-vous injustes les commentaires d’hier d’Olymiykova, qui vous visent personnellement ? Aimeriez-vous que la politique reste loin du tennis ?
Écoutez, je suis ici pour le tennis. C’est un événement de tennis. J’en ai déjà assez dit dans le passé et je ne veux tout simplement pas parler politique ici. Merci.
Publié le par Alexandre HERCHEUX