Daniil Medvedev, bluffé : "Tien a joué le match de sa vie"
Open d'AustralieLearner Tien a récidivé. Déjà tombeur de Daniil Medvedev à Melbourne l’an passé, l’Américain a de nouveau renversé le Russe (tête de série n°11) ce dimanche 25 janvier en huitième de finale de l’Open d’Australie, avec une démonstration : 6-4, 6-0, 6-3. Après un premier set accroché, Tien a littéralement fait exploser la rencontre en infligeant un “bagel” dans la deuxième manche. Medvedev a semblé sans solutions, accumulant les fautes et laissant filer les jeux. Ce 6-0 encaissé est le 7e de sa carrière mais le tout premier en Grand Chelem. Complètement fou ! En conférence de presse, Medvedev a tenté d'expliquer cette déroute.
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"Il a été trop bon pour moi"
Je sais que tu connais assez bien Learner, mais on aurait dit qu’il a joué à un niveau très élevé aujourd’hui. Qu’est-ce que tu as vu chez lui, et avec quoi as-tu eu le plus de mal ?
Oui, c’est vrai. Il a été trop bon pour moi aujourd’hui. Est-ce que j’aurais pu faire mieux ? Évidemment, on peut toujours faire mieux quand on perd avec un score comme celui-là. Mais j’ai eu l’impression qu’il a joué, peut-être, le match de sa vie — ou pas, peu importe. Il a fait un très bon match. Je n’ai pas réussi à rivaliser avec son niveau, et c’est pour ça que j’ai perdu. Et là, maintenant, il n’y a plus rien à changer.
Comment compares-tu ton niveau aujourd’hui avec celui d’il y a un an, quand tu l’avais joué ?
Question très difficile, parce que c’est complètement… honnêtement, je ne peux pas répondre. Je dirais probablement, de façon générale, que je joue beaucoup mieux, mais si on compare précisément ce match-là, je ne sais pas. J’ai envie de dire que j’avais mieux joué l’an dernier, mais peut-être que je dis ça à cause du score. Donc je n’ai pas de réponse. Désolé, je n’ai pas de réponse exacte à ta question.
"Ce n’est pas une sensation agréable"
Comment étaient tes jambes aujourd’hui après les cinq sets contre Fabian ? Tu penses que ça a joué un rôle ?
Je ne pense pas. Le match contre Fabian a été intense, c’est sûr, mais il n’a même pas duré quatre heures. Je me sentais bien.
Pour moi, aujourd’hui, ce n’était pas une question de jambes. C’était surtout une question de tennis. Donc, à mon avis, ce n’était probablement pas physique. Physiquement, j’allais bien.
En termes de confiance pour la suite de l’année, où est-ce que ça te laisse ? C’est décevant, mais c’est quand même un bien meilleur résultat en Grand Chelem que l’an dernier.
Je pense que je dois me concentrer sur l’ensemble. Si on prend, disons, les huit derniers tournois — à partir de l’US Open, je ne sais pas si ça fait huit ou neuf — j’ai très bien joué. J’ai battu beaucoup de joueurs. J’ai joué à un très bon niveau contre certains tops. Globalement, j’allais loin dans les tournois. Même ici, j’ai gagné deux matchs très difficiles contre des adversaires qui ont bien joué, Halys et Fabian. Donc je dois essayer de ne pas me focaliser sur ce match précis, qui n’a pas été bon — parce qu’il m’a dominé, et ce n’est pas une sensation agréable. Mais je dois me concentrer sur la vue d’ensemble et continuer à travailler comme je l’ai fait sur les derniers tournois. Et encore une fois, si j’arrive à bien jouer et à battre tous les joueurs que j’ai battus sur cette période, je peux atteindre mes objectifs. Bien sûr, c’est dommage de terminer un Grand Chelem comme ça alors que je me sentais bien et en confiance, mais c’est comme ça.
"Tu peux prendre un temps mort médical, mais je ne voulais pas le faire"
Pendant les 11 jeux d’affilée qu’il a gagnés, à quoi pensais-tu ?
J’essayais juste d’en gagner un de plus. Celui que j’ai remporté n’a pas été simple. Je ne sais pas s’il a eu une balle de break, mais il y a eu en tout cas quelques points à égalité. J’essayais de trouver ce que je pouvais faire pour perturber son niveau à ce moment-là. Je veux dire, je crois que j’ai fait quelque chose, parce que c’est revenu à 4-3, et je me suis même dit : “Tu sais quoi, 4-3, il y a une petite chance.” Et finalement, il n’y a pas eu une grande chance. C’est comme ça que je suis, peu importe le score : j’essaie d’abord de gagner un jeu, puis peut-être un autre. Les matches peuvent tourner un peu plus facilement dans le tennis féminin, mais chez les hommes aussi on a déjà vu des choses folles. Donc je me dis juste : jusqu’au dernier point, il faut se battre. Et le dernier point n’a pas été pour moi cette fois.
Tu avais déjà beaucoup parlé de Learner après vos précédents matches. Est-ce que ça t’a quand même surpris, ce qu’il a été capable de produire pendant tout le match ?
D’une certaine manière, oui, parce qu’il a été excellent. Il a joué très agressif. Même quand je faisais de bons coups, il en faisait un encore meilleur derrière. Je n’ai pas trouvé beaucoup de solutions aujourd’hui sur le court, ce qui est rare — et je n’ai pas souvent ressenti ça dans ma vie. Mais ça peut arriver. Il a fait un match incroyable où tout rentrait. Ça m’est arrivé aussi quelques fois, et tu te surprends presque à avoir de la peine pour ton adversaire, parce que tu te dis : “Bon, là je peux tenter un tweener, les yeux fermés, et ça va rentrer.” Ça arrive. J’aurais dû faire, oui, j’aurais dû faire peut-être quelque chose d’un peu mieux pour essayer de casser son rythme.
Sur le fait de ne pas trouver de solutions : à la fin du troisième set, tu as tenté un service à la cuillère puis tu as servi tout près du coin. J’ai interprété ça comme le signe que tu ne savais pas vraiment quoi faire. Comment tu l’as vécu à ce moment-là ?
J’ai toujours ça dans un coin de ma tête. Là, j’ai juste essayé de faire quelque chose pour, comme je dis, casser son rythme. Tu peux prendre un temps mort médical, mais je ne voulais pas le faire. Je me suis dit : “Tu sais quoi, peut-être un service à la cuillère, peut-être quelque chose comme ça.” Mais j’ai senti que ce n’était pas la vraie solution sur la durée aujourd’hui. Donc je suis revenu à une position normale. Et je ne pense pas que, même si j’avais servi tout le temps depuis différentes positions, ça aurait beaucoup changé aujourd’hui.
"Si tu regardes tous mes matches, j’ai eu du mal au service"
Quand tu analyses ton jeu en ce moment, quelle est la principale différence entre aujourd’hui et l’époque où tu allais au bout des Grands Chelems ?
Difficile à dire. Je n’ai pas de réponse. Peut-être que le service était un peu plus précis, mais ici, sur cet Open d’Australie — pas il y a un an, pas il y a deux ans — j’ai senti que ce n’était pas facile de servir pour quelqu’un comme moi, dans le sens où je ne sers jamais à 220. Ma force, c’est de pouvoir “claquer” le service, et j’ai senti les balles lourdes. Ça ne veut pas dire qu’elles sont mauvaises, parce que, je le dis depuis un moment, j’ai l’impression que les balles s’améliorent sur le circuit. Donc c’est normal d’avoir parfois des balles lourdes, parfois des balles plus légères : ça favorise tout le monde à tour de rôle. Ici, j’ai l’impression que ça ne m’a pas favorisé.
Si tu regardes tous mes matches, j’ai eu du mal au service, même au premier tour, et les vitesses étaient plus basses que, par exemple, à Brisbane. Contre un joueur comme Learner aujourd’hui, ça n’a pas suffi. Donc oui, peut-être le service… mais je ne sais pas quoi dire d’autre.
Tu ne l’as peut-être pas encore appris, mais une info vient de tomber : Jakub Mensik a dû déclarer forfait. En tant que joueur qui a déjà vécu ça, à quel point c’est dur de se retirer si loin dans le tournoi ?
Vraiment ? Qu’est-ce qu’il s’est passé, il a dit quoi ?
Blessure abdominale.
Abdominale… oui, c’est vraiment malheureux. Ce genre de choses arrive. Rafa a dû se retirer, quoi, je crois après une demi-finale à Wimbledon, donc c’était encore plus dur, pas seulement en quart. Il devait jouer qui ? Ah, Novak au quatrième tour. Oui, dommage, ça aurait été un super match. Il l’a battu à Miami. Ça arrive. La seule chose, c’est que je l’ai vu dans les vestiaires, je n’avais aucune idée. Tout ce que je peux dire, c’est que c’est malheureux pour lui. C’est un gars solide, très jeune, donc il aura d’autres occasions. J’espère que ce n’est rien de trop grave. C’est un super joueur, mais c’est dommage.
Un tour “facile” pour Djokovic ?
Oui, ça arrive, ça arrive. Comme je dis, est-ce que c’est déjà arrivé en finale ? Ça pourrait. Une fois dans l’histoire, ça pourrait. On ne sait jamais. Ça arrive. On peut le voir de deux façons. D’un côté, bien sûr, tu es plutôt content : “OK, quart facile, je ne joue pas le quatrième tour contre un gars fort.” Mais ça peut aussi casser un peu ton rythme, parce que là il a trois jours de repos avant, probablement, un adversaire solide. Je ne sais pas qui il a ensuite. C’est comme ça. Ces choses arrivent. Il faut continuer.
Publié le par Alexandre HERCHEUX