Elsa Jacquemot : "Les Françaises commencent à bien monter"
Open d'AustralieElsa Jacquemot n'a pas été épargnée par le tirage à l'Open d'Australie. La Française, 58e mondiale, affrontera dès le 1er tour l’Ukrainienne Marta Kostyuk [20], un gros morceau d’entrée pour lancer sa quinzaine. Avant de basculer sur le Grand Chelem, Jacquemot a connu une préparation délicate. À Brisbane, elle a été battue d’entrée par Ajla Tomljanovic (6-1, 6-3). La semaine suivante à Hobart, elle s’est inclinée au premier tour contre Magdalena Frech. De retour avec Simon Blanc et également accompagnée par Grégoire Barrère, la Lyonnaise va tenter de transformer ce tirage difficile en match référence et lancer pleinement 2026.
Retrouvez ici le tableau Messieurs de l'Open d'Australie 2026
Retrouvez ici le tableau Dames de l'Open d'Australie 2026
"Je pense que j’ai mes chances (contre Marta Kostyuk)"
Vous devez vous dire que c’est un moment qui compte : c’est le premier Grand Chelem de l’année. Qu’est-ce que ça représente pour vous ? Comment vous vous sentez ?
Je me sens plutôt bien. J’ai bien fini la saison dernière, donc je suis contente de revenir ici. C’est ma première fois dans le tableau principal, donc je suis vraiment heureuse et impatiente.
Vous disiez que vous aviez besoin d’un peu de temps pour vous adapter à l’Australie : là, à deux jours du premier match, vous vous sentez prête ?
Oui, je me sens bien. Forcément, à l’approche du match, la pression et la tension commencent à monter, ce qui est normal. On sait qu’en Grand Chelem il y a beaucoup de stress et que ça se joue parfois sur des détails. Je joue une adversaire qui joue très bien, tête de série, donc je vais faire de mon mieux. Je pense que j’ai mes chances.
"Les Françaises reviennent bien"
Est-ce que vous vous sentez un peu “seule” côté Françaises ? Est-ce que c’est important pour vous ?
Non, je n’ai pas l’impression que les projecteurs sont uniquement sur moi. Les Françaises, on monte bien. Moi, je me concentre surtout sur ma progression et ma carrière. À Roland-Garros, j’ai fait troisième tour et, au final, on n’a pas tant parlé de moi : j’étais surtout contente du parcours de Loïs. Donc je ne ressens pas cette pression-là. J’essaie juste de me focaliser sur mes matchs.
Ça ne vous aiderait pas d’avoir d’autres filles au très haut niveau autour de vous, comme une dynamique, une émulation ?
Je comprends ce que vous voulez dire. Avec Loïs, oui, on peut un peu se tirer vers le haut, se challenger, et ça donne encore plus envie. C’est un peu ce qui s’est passé à Roland. C’est dommage qu’elle soit blessée, mais il y a aussi d’autres joueuses qui arrivent. C’est vrai que ça peut stimuler davantage.
Alizé est sur place, elle prend du temps pour nous, et c’est vraiment chouette
Vous êtes en contact avec Alizé Cornet ? Est-ce qu’on parle de la Billie Jean King Cup ? La sélection est dans deux mois, ça se rapproche.
Oui, forcément on y pense. Alizé est sur place, elle prend du temps pour nous, et c’est vraiment chouette. J’ai pu jouer avec elle hier, et ce matin elle était encore à l’entraînement avec moi. Elle s’investit beaucoup, et c’est super. Évidemment, j’espère être sélectionnée : ce serait une première fois et une grande fierté.
Qu’est-ce que ça change d’avoir une ancienne joueuse comme capitaine, qui a vécu le circuit ?
Je suis vraiment contente, parce qu’elle est à fond. C’est important que les joueuses s’entendent bien avec la capitaine. Elle est très cool, très concentrée, elle connaît le circuit, elle sait de quoi elle parle, elle a vécu ce qu’on peut ressentir. Donc je trouve ça vraiment positif.
"Etre la patronne sur le court"
Elle n’est pas beaucoup plus âgée que vous et elle a été très forte en juniors : est-ce que c’est une joueuse que vous avez suivie, qui vous a inspirée ?
“Inspirée”, c’est un grand mot. Mais c’est une joueuse pour qui j’ai beaucoup de respect. Elle a très bien joué en juniors et elle a eu une belle carrière. Là, je sais surtout que j’ai un gros match qui m’attend, donc j’essaie de me préparer au mieux.
Sur votre jeu, est-ce qu’il y a des axes particuliers de travail ces derniers mois : techniquement, tactiquement, physiquement ?
On a beaucoup insisté sur le physique, sur la filière de fond de court, et sur l’idée d’être plus offensive, de “prendre le jeu” et d’être la patronne sur le court. Mes armes principales, c’est le service et le coup droit, donc j’ai essayé d’accentuer là-dessus.
Quand vous dites “être la patronne”, ça se traduit comment concrètement ?
Ce n’est pas forcément “finir en deux frappes”, parce que je suis assez complète. Mais à ce niveau, les filles sont très agressives : si tu recules trop ou si tu es passive en attendant la faute, ça ne marche plus. Donc j’essaie d’être plus agressive et de rentrer davantage dans le court.
"Je suis avec Simon Blanc comme coach, et j’ai aussi Greg Barrère qui me coache"
En termes de structure d’entraînement, vous travaillez où et avec qui ?
En ce moment, je suis à Lyon. Je suis lyonnaise, donc je m’entraîne près de ma famille, c’est cool.
Vous partez avec quel encadrement ?
Je suis avec Simon Blanc comme coach, et j’ai aussi Greg Barrère qui me coache. C’est super.
Comment ça s’est fait avec Greg ? C’est vous qui l’avez sollicité ?
Ça s’est fait via le club : il s’entraînait à Lyon. En fin de saison, il a arrêté et on m’a proposé qu’il m’accompagne comme co-coach. J’ai dit oui tout de suite. On s’est entraînés ensemble en fin de saison, ça s’est très bien passé, donc il vient avec moi sur les prochains tournois.
Ils vont se partager les tournois ?
Oui, ils vont se partager les tournois.
Vous êtes passée par les qualifications : qu’est-ce que ça représente d’être dans le tableau principal ?
Je suis très heureuse, parce que c’est ma première fois dans le tableau principal. Passer par les qualifications, ce n’est pas facile : c’est beaucoup de matchs, beaucoup d’attente, et c’est exigeant. Donc je suis vraiment contente d’être dans le tableau.
Comment vous abordez le match contre votre adversaire ?
Je suis contente de la jouer, c’est une joueuse pour qui j’ai beaucoup de respect. Elle joue très bien. En tout cas, j’ai hâte de disputer ce match : c’est ce que j’attends, et j’espère être prête le jour J.
Publié le par Alexandre HERCHEUX