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Gaël Monfils : "Personne ne m'empêchera d'avoir kiffé ce moment"

Open d'Australie
Mis à jour le par Alexandre HERCHEUX

Gaël Monfils a disputé son tout dernier match à l'Open d'Australie ce mardi 20 janvier 2026. Monfils a quitté son 20e Open d'Australie dès le premier tour, battu par le qualifié australien Dane Sweeny au terme d’un long combat, 6-7(3), 7-5, 6-4, 7-5. Tout avait pourtant bien commencé pour le Français, qui a empoché la première manche au tie-break. Mais au fil des jeux, la tendance s’est inversée. Dans des conditions éprouvantes, Monfils a progressivement semblé manquer de jambes, laissant Sweeny s’installer, s’accrocher, puis faire basculer la rencontre. Le Parisien a fini par céder après 3h51 de jeu face au 182e mondial. Forcément, à la fin de la rencontre, Monfils a reçu un bel hommage sur le court de la part de Craig Tiley, directeur du tournoi, et du public présent. 

 

Retrouvez ici le tableau Messieurs de l'Open d'Australie 2026

Retrouvez ici le tableau Dames de l'Open d'Australie 2026

 

"Est-ce que j'aurais dû jouer ou pas, je ne sais pas, mais j’avais vraiment envie de venir jouer ici"

Est-ce que tu étais dans des conditions qui ne te conviennent pas ? Le soleil, la chaleur… Tu étais un peu cramé très vite, ou… ?

Gaël Monfils : Honnêtement, le type de jeu, le match-up : un mec qui ne donne pas trop de rythme, qui fait des changements de rythme, et il fait chaud… Il y a beaucoup de choses que je veux faire et que je n’arrive plus à faire. Tout simplement, je n’arrive plus à me mettre derrière la balle. Tout le temps, j’étais à 100% de mon 100%… d’aujourd’hui, qui n’est pas 100%. Maintenant, on peut le dire, et ce n’est pas trop grave, mais j’ai un truc au pied qui m’embête depuis un peu de temps. Du coup, pas facile de gérer ça. Mais j’étais à 100% de ce que je pouvais donner. J’avais envie de venir jouer ici. Vraiment. C’est ma dernière année. Est-ce que j'aurais dû jouer ou pas, je ne sais pas, mais j’avais vraiment envie de venir jouer ici. 

La chance, c’est que ça va mieux, donc étape par étape. Mais ce qui est un peu plus dur, c’est que c’est la fin de ma carrière. Mais je me donne, en vrai. Je me donne et j’ai envie d’être mieux dans la saison. Je vais quand même faire les efforts. Mais je suis exactement comme quand j’avais mal et que j’essayais de revenir… sauf que là, c’est la fin de la carrière. Donc c’est challenging, mais c’est cool.

 

"Vu mon pied, je ne peux pas faire le taf encore comme je voudrais pour pouvoir être plus performant"

Gaël, est-ce que tu as réussi à kiffer le moment, l’entrée sur le court, les heures qui précèdent le match, le fait que tu joues ici pour la dernière fois ?

Non, je l’ai kiffé, franchement je l’ai kiffé. C’est pas une “gêne” termedujournalisteterme du journalistetermedujournaliste, c’est juste que… je suis moins bien, tu vois. Ils vont le saisir, tu vois. Comme je te dis : vu mon pied, je ne peux pas faire le taf encore comme je voudrais pour pouvoir être plus performant. Donc ce n’est pas une gêne, pas vraiment : c’est plus… je reviens de quelque chose d’assez dur. Et justement, je suis venu chercher du kiff. Mais rentrer sur le terrain, jouer… tu vois, c’est un moment. C’est un peu dur parce que je ne suis pas comme je le veux, mais moi, ça me fait même rigoler. Je “reconnais” un moment parce que je me dis : “Putain, c’est terrible.” C’est marrant cette situation : tu vois un peu ce que tu veux faire, et en fait tu n’y es pas du tout.

Je sens que, dans ma tête, je me dis : “Je vais en mettre une extérieure, je vais prendre mon coup droit, je vais te mettre un rouleau”, tu vois, “ça va”, et en fait… là, je vois la catastrophe : je n’y arrive pas, je ne peux pas réfléchir, je fais un revers, j’ai les jambes tendues… et je me dis : “Oh putain, en fait…” Et je me dis : “Mais c’est génial”, parce que dans ma tête ça va méga vite, mais là… mon corps, ça ne va plus vite. Donc franchement, je prends un kiff. Quand je dis que je suis nul, c’est pas péjoratif. C’est juste que… c’est pas encore assez. Mais je le serai. À un moment dans la saison, je le serai. J’attends un “pansement” motincertainmot incertainmotincertain… et pour l’instant, ça ne m’a pas souri, mais je taffe pour.

 

"C’est quand je vais partir, quand je vais être chez moi, que je vais réaliser que je ne vais plus jamais revenir en Australie pour jouer au tennis"

Tu avais dit que ça allait être étrange, ces “premières” dernieres ? "Tu as été plus ou moins ému que tu pensais ? C’est quoi le sentiment ?

Je pense que je ne réalise pas vraiment encore. Tu vas dans le couloir, il y a des gens qui te posent des questions… tu as toujours un peu l’adrénaline. Là, ça fait 30 minutes, tu vois… Je pense que c’est quand je vais partir, quand je vais être chez moi, que je vais réaliser que je ne vais plus jamais revenir en Australie pour jouer au tennis. Je pense que je vais le réaliser un peu plus à ce moment-là. Là, pour dire la vérité : quand je me suis assis dans le vestiaire, je me suis dit : “Bon, c’était pas comme je voulais”, mais j’étais content. Je me suis dit : “Bon, limite…” J’ai dit à mon physio : “On va bosser ce soir”, tu vois, parce que j’ai envie forcément de mieux jouer que ça. Donc je ne réalise pas vraiment, j’ai l’impression.

 

Comment tu envisages la suite, sachant que tu joues avec cette frustration, les limitations physiques comme tu expliquais, et le fait que c’est aussi une saison de kiff parce que c’est la dernière : tu vas essayer d’apprécier tous les moments ?

Je vais essayer de faire le maximum. En vrai, c’est de prendre match par match, d’être le plus positif possible, et surtout le plus franc avec moi. C’est surtout ça : ne pas se mentir. Et se mentir, ce serait dire : “Je suis venu, c’était nul et nul…” Non, il n’y a pas de souci, il n’y a pas de honte. Au contraire : ça veut dire qu’il y a de la marge pour progresser. Donc repartir au travail, bien se soigner entre guillemets, essayer de pousser encore un petit peu plus. Là, ça va être une période un peu mieux quand même : c’est des matchs entre 3 et 7, donc c’est bien, il fait frais quand même. Mais essayer simplement de penser positif. C’était pas bon aujourd’hui, on espère que ce sera meilleur demain, et on repart au travail.

Comme tu dis, je n’oublie pas : c’est ma dernière année, et c’est pas grave. Je l’ai partagé avec mes fans : je dis “c’est pas grave”. Je ne suis plus là à compter, c’est pas grave. Franchement, j’ai kiffé. Trois heures, trois heures cinquante, je sais pas combien… J’ai donné le maximum. J’ai donné le maximum, j’ai un jeune qui a mieux joué que moi. C’était cool pour lui : il a gagné son premier match en Australie, il a une belle histoire. Bravo à lui. Et moi, j’ai kiffé. Et personne ne m’empêchera d’avoir kiffé ce moment-là. C’était mon moment, j’ai kiffé. Et personne ne m’empêchera d’avoir kiffé ce moment-là. C’était mon moment. J’ai kiffé et je suis content.

Publié le par Alexandre HERCHEUX

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