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Iva Jovic : "C'est difficile de rester les pieds sur terre"

Open d'Australie
Mis à jour le par Alexandre HERCHEUX

Sur la John Cain Arena, Iva Jovic, 18 ans, n’a laissé aucun air à son adversaire, Yulia Putintseva, ce dimanche, en huitièmes de l'Open d'Australie, 6-0, 6-1. Putintseva n’a remporté que neuf points dans un premier set à sens unique, avant de limiter la casse en seconde manche sans jamais relancer le match. Jovic a frappé fort sur tous les compartiments, avec une vraie solidité au service : 71% de premières balles, 67% de points gagnés derrière la première et 73% derrière la deuxième. Il s'agit du match le plus rapide de l’Open d’Australie 2026 jusqu’ici. Et avec cette performance, Jovic (tête de série n°29) s’offre un rendez-vous de prestige en quarts face à… Aryna Sabalenka, n°1 mondiale et double championne à Melbourne.

Aryna Sabalenka, prochaine adversaire d'Iva Jovic

 

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"C’est assez difficile de redescendre et de rester les pieds sur terre"

Iva, grosse journée pour toi. Qu’est-ce que ça te fait d’être qualifiée pour ton premier quart de finale en Grand Chelem ?

 Ça fait vraiment plaisir. J’ai clairement dépassé mes espoirs et mes attentes pour ce tournoi, donc j’espère pouvoir continuer sur cette lancée.

 

Après une grosse victoire contre Paolini, comment as-tu fait pour “revenir à zéro” et te reconcentrer ? C’était sans doute l’une des plus belles victoires de ta carrière, et tu as rejoué aussi bien aujourd’hui.

Oui, ce n’est pas simple, surtout en Grand Chelem. Il y a beaucoup de monde et beaucoup de choses en dehors du tennis, avec les médias, les fans, tout ça… donc c’est assez difficile de redescendre et de rester les pieds sur terre. J’ai essayé de me concentrer sur le match suivant et de me “réinitialiser” du mieux possible, en gardant en tête qu’il restait encore beaucoup de travail à faire. Je suis contente d’avoir réussi à revenir sur une base neutre et à me préparer pour jouer mon meilleur tennis aujourd’hui.

 

"Je n’ai pas l’impression d’être dans une logique de “bonus” ou d’outsider"

C’est impressionnant de te voir jouer tout le tournoi vers l’avant : offensive, à l’intérieur du court, en prenant la balle tôt. Comment ce style s’est-il installé dans ton jeu ? D’où ça vient ? Qui t’a appris à jouer comme ça ?

 Je dirais que c’est surtout mon père, au départ. C’est lui qui m’a transmis le style de tennis qu’il voulait que je joue. Il n’est pas “coach” au sens classique du terme, mais je pense qu’il m’a inculqué le bon état d’esprit, et l’idée de jouer avec de bonnes intentions — ce qui, selon moi, apporte de la réussite sur le long terme. Donc je lui suis reconnaissante pour ça (sourire).

 

Tu as l’impression de jouer sans pression, “avec du bonus”, ou au contraire la pression augmente à mesure que tu avances dans le tournoi ? Comment tu vis cette expérience, le fait d’enchaîner les victoires ? 

 Honnêtement, non. Je n’ai pas l’impression d’être dans une logique de “bonus” ou d’outsider, parce que je n’ai pas le sentiment de faire quelque chose en dehors de ma zone de confort ou au-dessus de mon niveau habituel. Je sors de deux autres tournois où je jouais tous les jours et où je gagnais déjà beaucoup de matches. Donc cette semaine, et le niveau que je montre, ça ne me paraît pas si différent. C’est juste une semaine de plus où je gagne davantage de matches, et c’est agréable à voir. Je pense avoir beaucoup progressé pendant l’intersaison : j’ai l’impression d’avoir élevé mon niveau de base. J’espère pouvoir le maintenir jour après jour.

 

Tu as joué un long match de double aujourd’hui. Comment tu te sens ? Est-ce que jouer un match de deux heures et demie faisait partie du plan ?

 Avec Vicky, on s’est inscrites en double pour s’amuser. On est arrivées au premier match, et on ne savait même pas s’il y avait les avantages : on demandait à l’arbitre “On joue avec les avantages ? Qu’est-ce qu’il se passe ?” Ensuite, on a compris qu’il y avait les avantages… et je n’avais même pas réalisé jusqu’à aujourd’hui qu’il y avait un troisième set. Je me suis dit : “Oh mon Dieu, quoi ? Ça va être trois fois plus long que mon simple !” Et en plus, ça s’est fini à 6 dans le troisième. Mais à ce moment-là, je me suis dit : bon, d’accord. Je ne sais pas si vous l’avez vu, mais c’était l’un des matches de double les plus incroyables que j’aie jamais joués. C’était dingue. Le public était en feu, il y a eu énormément de longs points. C’était super fun. J’ai un peu mal au cœur de l’avoir perdu, parce que c’était tellement serré et j’avais vraiment envie de gagner. Du coup, c’est presque bizarre de parler de mon simple là, parce qu’après ça, j’ai encore la tête au double… mais c’était génial. Je suis heureuse d’être encore en simple, et avec Vicky on s’est vraiment amusées.

 

"Je suis surtout excitée. Être en quarts, c’est énorme pour moi"

Prochain match : Aryna. Comment tu te sens par rapport à ça ? On a vu Vicky l’emmener au tie-break dans le deuxième set. Est-ce qu’il y a des choses à prendre de ce match ?

 Je n’ai pas vu une grande partie du match, parce que j’étais en train de m’échauffer et de me préparer pour le mien à ce moment-là. Je vais devoir faire des recherches. Après, il n’y a pas vraiment de secrets : elle est n°1, donc il y a énormément de vidéos et d’occasions de voir ce qu’elle fait. Je suis surtout excitée. Être en quarts, c’est énorme pour moi. Et à ce stade du tournoi, tu joues forcément l’une des meilleures, c’est ce que tu veux. Je fais confiance au niveau que je suis capable de produire, et j’espère que ça suffira (sourire).

 

"Mes parents veulent que je joue au tennis parce que j’aime ça, pas parce qu’ils veulent que je devienne une grande star"

Si tu repenses à ton match contre Rybakina il y a 12 mois (sur la John Cain Arena), à quel point te sens-tu différente aujourd’hui ? En quoi as-tu le plus changé ?

 Je pense avoir beaucoup progressé et beaucoup évolué, comme joueuse et comme personne. Je m’étais un peu fait “corriger” à l’époque, et ça a été une sorte de claque. Mais je crois que j’ai bien réussi à transformer ces défaites en choses positives et à apprendre. Je me sens beaucoup plus affûtée physiquement, plus forte, et je pense que mon jeu est plus polyvalent maintenant.
Je dois beaucoup à mon coach, Tom : il a fait un travail formidable pour me guider. Et aussi au groupe de physios, Integralis, avec qui je travaille : ils m’ont rendue physiquement bien plus solide. J’ai une super équipe autour de moi, et ça aide énormément pour continuer à progresser. 

 

Tu as parlé de ton père. Il était avec toi une bonne partie de l’an dernier sur le circuit. Depuis qu’il est rentré chez lui, à quel point vous échangez ? Et quel message tu aimerais lui adresser alors que tu fais ce gros résultat à l’autre bout du monde ?

 Je pense que c’est l’un de mes plus grands supporters. Il croit énormément en moi. Il pense toujours que je peux gagner, peu importe contre qui je joue ou l’importance du match. J’ai beaucoup de chance d’avoir une famille qui ne me voit pas seulement comme une joueuse de tennis, mais qui veut surtout que je sois heureuse. C’est leur objectif numéro un : ils veulent que je joue au tennis parce que j’aime ça, pas parce qu’ils veulent que je devienne une grande star. Je leur en suis très reconnaissante. Et il doit travailler : le travail passe en premier, donc il est rentré. Mais il était là pour mon premier match, et il était à Hobart la semaine précédente.

 

C’est la première fois que tu vas aussi loin en Grand Chelem. Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même cette semaine, avec cette nouvelle expérience ?

 Je trouve ça génial. J’ai appris que je suis très résiliente, et j’ai appris à me faire confiance, ainsi qu’à faire confiance à tout le travail que j’ai accompli. J’ai déjà eu de bons résultats, j’ai plutôt bien joué, même l’an dernier, mais évidemment les Grands Chelems, c’est là où tu veux performer. Être ici, en Grand Chelem, ça me donne la conviction que je peux évoluer au plus haut niveau, et j’espère pouvoir obtenir ces résultats de façon régulière.

Publié le par Alexandre HERCHEUX

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