Iva Jovic : "Novak Djokovic m'a envoyé des messages"
Open d'AustralieBattue par Aryna Sabalenka 6-3, 6-0 ce mardi 27 janvier, Iva Jovic s’arrête aux portes des demi-finales à Melbourne, au terme d’un quart de finale à sens unique au tableau d’affichage. Tête de série 29, l’Américaine de 18 ans quittait la Rod Laver Arena après 1h29 de jeu, sur une journée étouffante où le tournoi a activé son protocole “extreme heat”. Jovic a confirmé être restée en contact avec Novak Djokovic pendant le tournoi, l’ancien n°1 lui envoyant “des conseils au fil des tours”. Elle dit avoir commencé à construire “une petite relation”, qu’elle espère prolonger sur la saison. Difficile de trouver meilleur mentor...
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"Je suis entrée dans le match en ne sachant pas trop à quoi ça allait ressembler en vrai"
Évidemment, ce n’est pas le résultat que vous auriez voulu aujourd’hui. Revenez un peu sur le match et sur votre parcours à l’Open d’Australie cette année.
Oui, je pense que compte tenu de la situation dans laquelle j’arrivais au tournoi, je dois évidemment être contente de ce résultat. C’est toujours difficile quand on perd, donc ce n’est pas ce que je voulais aujourd’hui. Mais oui, globalement, je suis satisfaite.
Vous aviez dit après votre match du quatrième tour que vous aviez encore l’impression de jouer dans votre zone de confort. Pouvez-vous parler des manières concrètes dont Aryna vous a peut-être sortie de cette zone aujourd’hui ?
Oui, je suis entrée dans le match en ne sachant pas trop à quoi ça allait ressembler en vrai, parce que je n’avais pas vraiment tapé avec elle auparavant. C’était notre première confrontation aussi. Je pense qu’elle a proposé un excellent niveau, ce qui est logique vu tout ce qu’elle a accompli. Moi, j’ai essayé de rester dans une sorte d’entre-deux, et je pense que je dois être capable de m’adapter au jeu et à ce qui est nécessaire selon les styles différents. Je n’ai pas réussi à le faire aujourd’hui. Mais tout le mérite lui revient pour le niveau qu’elle a réussi à produire.
Je voulais vous demander : au début du match surtout, votre équipe essayait vraiment de vous “lancer” dans les premiers jeux. Qu’est-ce que vous attendez de votre équipe pendant un match : plutôt des encouragements ou des consignes tactiques ? Et comment vivez-vous ça avec eux si proches ici ?
Honnêtement, ça dépend beaucoup des situations. Je n’ai pas encore beaucoup d’expérience avec le coaching sur le court, mais en général, je n’ai jamais été quelqu’un qui se tourne énormément vers les coaches. J’aime plutôt trouver les solutions par moi-même. Donc je ne fais pas énormément de petits ajustements tactiques. C’est plus de l’encouragement, et ensuite, s’il y a quelque chose qui ne va manifestement pas, là on peut donner des conseils tactiques plus précis.
"Novak Djokovic m’a envoyé des messages avec encore quelques conseils au fil des tours"
Pouvez-vous parler un peu de la chaleur ? Comment vous vous êtes sentie ? Il faisait presque 35 degrés pendant que vous jouiez.
Oui, il faisait très chaud (sourire). Je ne suis peut-être pas habituée à ce type de chaleur. Je suis gâtée par la météo à Los Angeles, mais je pense que je progresse pour jouer dans ces conditions. Évidemment, il faut être très en forme et capable de tenir dans ce genre de matches. Mais je ne pense pas que ça ait été un facteur énorme aujourd’hui, parce que ce n’était pas un match très long, ou ce genre de chose. Oui, c’est dur ici à Melbourne, parce qu’un jour peut être très froid et le lendemain très chaud. Donc il y a beaucoup de conditions différentes auxquelles il faut être prêt.
Je suis curieux : avez-vous recroisé ou reparlé à Novak depuis que vous en avez parlé ici ? Et y a-t-il des aspects de son jeu que vous avez essayé d’imiter, ou des matches précis dont vous vous souvenez en grandissant ?
Oui, il m’a envoyé des messages avec encore quelques conseils au fil des tours. Je ne sais même plus quel jour on est. Donc on est restés en contact, et j’ai l’impression qu’on a construit une petite relation maintenant, ce qui est incroyable. Je lui souhaite le meilleur pour la suite du tournoi, et j’espère que pendant l’année je pourrai continuer à vivre d’autres moments avec lui et recevoir d’autres encouragements, parce que ça a été formidable. J’ai oublié la deuxième partie de la question.
"J’espère qu’un jour je pourrai imiter Novak"
Les aspects de son jeu que vous essayez d’imiter ? Et est-ce que vous vous souvenez de matches précis en le regardant quand vous étiez plus jeune ?
Oui, je pense que la manière dont Novak arrive presque à étouffer ses adversaires par sa façon de jouer… il gère les moments différemment, il joue tous les points importants, il montre : “OK, je peux défendre, je peux attaquer, je vais être là sur chaque point.” Donc je trouve sa manière d’aborder le jeu très impressionnante. J’ai beaucoup aimé — je crois que c’était Andre Agassi — la comparaison de Novak avec un boxeur, la manière dont il envoie des coups puis feinte un peu. Je trouve que sa façon d’aborder un match est très impressionnante, et j’espère qu’un jour je pourrai imiter ça.
Vous êtes restée très calme pendant tout ce parcours en Australie : un match à la fois, une routine. Qu’est-ce qui a été différent aujourd’hui, si tant est que quelque chose l’ait été ? Quart de finale, Rod Laver Arena… c’est normal qu’il y ait un moment où ça paraît “grand”. Qu’est-ce qui vous traversait l’esprit en allant vers la première balle ?
Honnêtement, je ne pense pas que ça ait été très différent pour moi, parce qu’à ce niveau, chaque match est super cool. C’est vraiment un rêve d’être ici. Oui, c’est un quart de finale, mais au final j’espère jouer beaucoup de quarts de finale, donc je ne pense pas que cette victoire ou cette défaite aujourd’hui va “faire” ou “défaire” ma carrière. Oui, c’était dur, et je pense qu’Aryna a très bien joué. J’aurais pu faire certaines choses différemment, mais c’est le tennis. Je trouve incroyable ce qu’elle a accompli dans sa carrière, c’est très inspirant. Je pense que la manière dont elle a réussi à utiliser toutes les choses négatives — je connais assez bien son histoire, tout ce qui lui est arrivé sur le court et dans sa vie personnelle aussi — et à les transformer en motivation et en carburant pour devenir meilleure, c’est incroyable. J’espère avoir d’autres occasions de jouer contre elle, et elle a été très sympa à la fin du match aussi. Oui, c’est bien. J’espère pouvoir avoir d’autres chances de prendre ma revanche.
Pour revenir à la chaleur : étiez-vous consciente que vous approchiez du moment où ils auraient dû arrêter et fermer le toit à la fin du match ? Et est-ce que vous aimez ce système “à seuils” qu’ils utilisent ? Est-ce utile et facile à suivre ?
Oui, ils m’ont dit au début du match qu’ils allaient peut-être le fermer au cours de la rencontre, et peut-être qu’on allait commencer avec le toit fermé. Je pense que ça peut être un peu délicat si on doit fermer pendant le match. Je crois que c’est presque plus simple si on commence directement avec le toit fermé. Donc voilà, c’est comme ça. C’est la règle. Je ne peux rien y faire. Mais dans l’idéal, si un match commence toit fermé ou toit ouvert, ça resterait comme ça. Mais je n’ai aucun contrôle là-dessus, donc ça va.
Très beau parcours. Vous disiez que vous auriez pu faire certaines choses différemment : qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Et sur quoi allez-vous travailler quand vous rentrerez à la maison ?
Oui, j’ai déjà un peu parlé avec mon coach, donc il y a clairement deux-trois choses sur lesquelles je dois me remettre à travailler tout de suite pour les prochains tournois. Je pense que quand on joue des joueuses comme Aryna, qui sont évidemment très puissantes, qui frappent très fort et ne te laissent pas vraiment entrer dans le match dès le début, il faut l’accepter et s’ajuster à ce rythme des échanges, parce que tu ne peux pas choisir comment ça va se jouer. Il faut accepter que ça va aller très vite, que ce sera “à l’explosif”, et que ce sera court. Et ensuite, il faut presque s’aligner sur cet extrême. Moi, j’essayais un peu de rester au milieu, de “flotter” dans une zone intermédiaire. Donc évidemment, ça ne marche pas. Maintenant je le sais pour la prochaine fois, donc j’espère pouvoir changer des choses. Mais bon, il y aura toujours une prochaine fois, et c’est ça qui est bien.
Publié le par Alexandre HERCHEUX