Alexander Bublik brise un mythe : "Un outil de divertissement..."
Roland-GarrosAlexander Bublik est de retour à Roland-Garros avec un autre statut. Quart de finaliste surprise en 2025, désormais membre du Top 10, le Kazakh arrive à Paris avec des souvenirs très forts et l’envie de “jouer du bon tennis” Porte d’Auteuil. En conférence de presse, Bublik a évoqué sa préparation sur terre battue, son plaisir de retrouver un tournoi qu’il considère comme “spécial”, mais aussi son fameux service à la cuillère. Un coup qui, selon lui, n’est pas une arme tactique mais “un outil de divertissement”. Fidèle à lui-même, entre sérieux, humour et franc-parler, Bublik veut continuer à tracer sa route à sa manière à Roland-Garros 2026.
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"Je pense que le service à la cuillère attire trop d’attention"
Bienvenue à Paris. Je voulais simplement vous demander comment s’est passée votre préparation sur terre battue jusqu’ici ?
Eh bien, je veux dire, je pense que les préparations sont terminées. Il reste la dernière semaine à jouer, et je veux dire, c’est allé assez vite, je dirais. Je veux dire, quand vous terminez à Miami, vous pensez toujours : oui, il y a encore un long chemin jusqu’à Roland-Garros. C’est toujours une belle route, vous savez. Nous avons eu trois Masters, un 500 et un 250 que j’adore jouer. Et être ici est un privilège. Être ici pour peut-être, quoi, la septième ou sixième fois consécutive, être ici une fois de plus, c’est incroyable, c’est un privilège. Et j’ai hâte de jouer du bon tennis ici, de profiter du court. Et j’ai de très bons souvenirs de l’an dernier. Donc, pour moi, c’est un endroit spécial.
Je travaille sur un sujet consacré au service à la cuillère. Pouvez-vous m’expliquer comment vous décidez quand utiliser ce coup ?
Oh, quand j’en ai envie.
Oui, et est-ce que c’est plutôt sur les points importants ou est-ce que ça n’a pas d’importance ?
Je veux dire, je ne pense pas que... Je pense que le service à la cuillère attire trop d’attention parce que je ne pense pas que ce soit quelque chose de spécial ou quelque chose de difficile à faire. Donc pour moi, c’est plutôt quand je veux. Donc quand j’en ai envie, quand je sens qu’il y a besoin de spectacle, qu’il y a besoin de se détendre un peu, qu’il y a besoin de rire avec l’adversaire, peut-être en lui donnant le point, et selon ce que vous ressentez. Je veux dire, il n’y a pas de tactique derrière ça.
"C’est un outil de divertissement"
Avez-vous l’impression que les autres joueurs le voient de plus en plus comme une arme tactique ?
Je pense qu’ils sont très mauvais s’ils voient ça comme ça. Je pense qu’ils n’ont aucune idée du tennis s’ils voient ça comme une arme tactique.
Qu’est-ce que vous pensez que c’est ?
Je pense que c’est un outil de divertissement.
Dernière question là-dessus. Est-ce que vous en avez assez d’en parler ? Parce que vous avez dit que cela attirait trop d’attention.
Oui, parce que je ne comprends pas, honnêtement, pourquoi les gens en font peut-être toute une histoire autour d’un coup que tout le monde peut faire, et qui ne favorise clairement pas celui qui le fait en termes de points gagnés. Donc je pense, je veux dire, je pense que c’est juste une chose amusante à faire parfois. Vous savez, il n’y a rien de mal ni rien de bien. C’est juste un coup avec lequel vous allez très probablement donner le point à l’adversaire. Donc si vous avez envie, vous savez, de changer quelque chose, c’est amusant. Mais je pense, comme je l’ai dit, qu’il y a trop d’attention autour de ça. Même si je le faisais depuis 2000, quoi, 2019, je ne sais pas quand je l’ai fait pour la première fois.
Mais pour vous, c’est du divertissement, seulement du divertissement ?
Parfois, oui. Parfois, je ne l’ai pas fait pendant peut-être trois ou quatre mois parce que je n’en ressentais pas le besoin, vous savez, je n’étais simplement pas dans l’humeur pour le faire, vous savez, parce qu’il faut être dans l’humeur. Parce que quand vous le faites, si vous gagnez le point, vous devez jouer avec le public, vous devez, vous savez, jouer un rôle, vous savez, être en quelque sorte un artiste d’une certaine manière. Si vous le perdez, vous devez, je veux dire, vous devez sourire parce que vous êtes un idiot. Vous avez donné un point au gars. Donc vous devez sourire de ça. Donc parfois, quand vous faites ça, vous êtes plutôt en mode : d’accord, je veux juste le faire. Parce que je veux dire, surtout si c’est, disons, un match important, un grand stade, et que vous le faites, que vous gagnez le point, alors vous devez jouer avec le public, et ce sont des émotions que vous gaspillez. C’est comme ça que je le ressens.
Publié le par Alexandre HERCHEUX