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Andrey Rublev : "J'ai accepté qu'il fallait que je change"

Roland-Garros
Mis à jour le par Paul MOUGIN

Andrey Rublev a été accroché ce mercredi 27 mai, au deuxième tour de Roland-Garros. Après avoir disposé du récent lauréat de l'ATP 500 d'Hambourg, Ignacio Buse (6-3, 6-7[6], 6-3, 7-5), au premier tour, c'est Camilo Ugo Carabelli qui se présentait sur la route de la tête de série 11. Après un premier duel de 3h39 au premier, le Russe a cette fois eu besoin de 3h09 pour se défaire de l'Argentin, à nouveau en quatre manches (6-1, 1-6, 6-3, 7-6[5]). Au prochain tour, Andrey Rublev retrouvera Nuno Borges, avec en ligne de mire un deuxième huitième de finale consécutif à Roland-Garros

Andrey Rublev après sa victoire au deuxième tour à Roland-Garros

 

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"Il y avait des moments où j'étais un peu tendu"

Félicitations. Tu as dit plus tôt qu'il était difficile de jouer du bon tennis dans de telles conditions. Quelles ont été les clés pour bien jouer aujourd'hui ?

Il a fallu jouer de manière offensive et rester concentré, parce que dès que je ralentissais, il commençait à mieux jouer, à prendre l'avantage, à jouer des coups droits avec de l'effet. Dans de telles conditions, c'est difficile de jouer ses coups droits et de jouer plus vite que lui. Donc, dès que j'ai pu faire quelque chose, dès que j'ai pu jouer de manière offensive, je me suis dit « il faut que j'aille sur les coups, que je joue mieux » et, à ce moment-là, j'ai eu davantage d'occasions que lui. Mais dès que je me relâchais et me détendais et que j'avançais sur les coups, les choses ont tourné dans mon sens.

 

Dans quelle mesure ce match a-t-il été difficile au plan mental et physique, notamment vers la fin du match ?

De toute évidence, ça a été un match difficile. Il jouait de mieux en mieux. Et il joue de mieux en mieux, il a gagné de très beaux matchs. Et à la dernière saison, il a gagné contre des grands joueurs. Il s'est très bien battu. Et je savais que si je voulais gagner, il fallait que je dicte les échanges. Mais parfois, dans un match, quand on se sent fatigué, ce n'est pas facile. Et il y avait les moments où j'étais un peu tendu, où je me laissais aller et je ne frappais pas assez dur à ce moment-là ; il prenait tout de suite l'avantage. Il était important de rester concentré. Match serré pour match serré, il faut que j'y aille et que je frappe fort, et à ce moment-là, je saisissais les occasions. Donc, match difficile où pas j'ai réussi à gagner, c'est ce qui compte.

 

"Quand on essaie de changer ses habitudes, ça prend du temps"

Félicitations. Ce n'est pas une question sur le match d'aujourd'hui. J'écris un long article sur la finale entre Jannick et Carlos l'an dernier : est-ce que tu as pu regarder le match ? Et quand tu regardes : est-ce que tu regardes comme amoureux du tennis ou comme un joueur professionnel ?

Je n'ai pas regardé le match. En tout cas, pas dans son entièreté. Mais j'ai regardé des moments, par exemple, des milieux de set. Donc je saute certains moments, parce que ça a duré 5 heures, si je me souviens bien. Mais j'ai regardé certaines parties du match, et en général, quand je regarde, j'aime bien regarder le tennis, pas forcément les finales de Grand Chelem. Ça peut être des matchs normaux. Oui, je regarde le tennis, mais pas comme un dingue ; quand j'ai la possibilité, quand j'ai un moment, je regarde. Wimbledon, je le regardais en direct à la télévision, parce que j'étais là-bas pendant le tournoi, ils le montraient. A Indian Wells, je regardais les matchs. On était dans une maison là-bas et on mettait la télévision et on regardait les matchs non-stop. Alors, de toute évidence, je suis joueur professionnel, donc, toute ma vie tourne autour du tennis. Il est évident que je regarde les matchs, en tant que joueur professionnel, et pas pour le pur tennis.

 

Félicitations. Je sais que récemment tu as parlé du projet pour faire évoluer ton jeu. Dans quelle mesure est-ce difficile de reprogrammer les gestes instinctifs d'un joueur de tennis ?

Ça n'est pas chose facile. Je crois que tennis ou pas d'ailleurs, c'est valable pour tout : quand on essaie de changer ses habitudes, ça prend du temps et des efforts, beaucoup de détermination, et pour le tennis, ça demande aussi certains sacrifices.Par le passé, je ne frappais que des coups droits, alors que maintenant, même quand le score est serré, je commence à faire des amorties. Par exemple, au tie-break, j’ai marqué beaucoup de points en coup droit en ouvrant le court, ce que je n’avais jamais vraiment fait avant. Donc, évidemment, avant d’y arriver, on rate beaucoup de coups, notamment au début. Je frappais au mauvais moment et je perdais beaucoup de points. Donc, cela demande pas mal de sacrifices, notamment au début, et encore maintenant, parce que je ne frappe pas parfaitement. Alors, parfois, ça commence à fonctionner, mais je ne suis pas le genre de type à propos duquel on va dire : « Il fait plein d’amorties ! ». Donc, il y a encore du chemin à parcourir.

 

La décision de faire cela, elle est venue de toi, de Marat, ou des deux ?

Eh bien, je dirais que c'est un ensemble. Tout le monde te dit, si tu n'es pas prêt, on ne le fait pas, mais moi, j'ai accepté qu'il fallait que je change.

 

Est-ce quelque chose que les gens qui t'entourent avaient suggéré par le passé, mais tu avais refusé ?

Oui, on me l'a déjà dit des milliers de fois, mais à l'époque, je n'étais pas prêt à écouter.

Publié le par Paul MOUGIN

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