Auger-Aliassime, tête de série n°4 : "Je sais ce que je vaux"
Roland-GarrosFélix Auger-Aliassime, n°5 mondial, a été propulsé tête de série n°4 de ce Roland-Garros 2026 avec le forfait de Carlos Alcaraz. Le Canadien est néanmoins tombé dans la mauvaise partie de tableau, celle de l'immense favori Jannik Sinner, qu'il pourrait donc affronter en demi-finales. Mais le chemin est encore long avant de penser à un choc contre l'Italien. FAA n'a jamais fait mieux qu'un huitième sur la terre parisienne et débutera face à Daniel Altmaier. Un premier tour piégeux.
Félix Auger-Aliassime avant de débuter Roland-Garros 2026
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"Je sais ce que je vaux"
Bonjour, Félix. Comment te sens-tu ? Comment se passe ta préparation ?
C'est mon premier jour d'entraînement. Je me sens bien, je me sens en bonne santé. C'est ce qu'il y a de plus important.Lorsque l'on aborde un Grand Chelem, on veut se sentir bien, sentir que votre corps est de votre côté. Jusqu'ici, tout va bien et c'est tout ce dont je pouvais rêver.
Tu es tête de série numéro 4. Est-ce que tu as l'impression d'être le quatrième meilleur joueur quand tu es sur le court en arrivant ici, étant donné le printemps que tu as connu sur cette surface ? Quel regard portes-tu sur toi-même là, en ce moment, avec tes résultats récents ? Quel est ton niveau de confiance en abordant le Grand Chelem, en ayant un niveau de tête de série si élevé ?
C'est la première fois qu'on me pose cette question. Je pense que je sais qui je suis. Je sais ce que je vaux. « Tête de série numéro 4 », c'est ce que je suis. Je suis numéro 5 mondial à l'heure actuelle. L'année est longue et votre classement en fin d'année est le résultat d'un travail de 52 semaines.Je vais jouer contre un adversaire dans 2 jours qui voudra me battre, je voudrais le battre. On verra comment ça passe, mais le plus important est de savoir comment je me sens ?
Je pose la question parce que Taylor Fritz a dit que la première fois qu'il était numéro 5 mondial ne se sentait pas aussi sûr de lui à sa juste place.
Mais il l'est.
Mais il y a aussi le facteur terre battue.
Oui, je comprends, mais on a tous nos surfaces préférées et on sait que les meilleurs joueurs sont ceux qui sont les plus réguliers sur toutes les surfaces. Pour les autres joueurs, c'est un peu différent. On a tous notre surface préférée mais, en fin de compte, votre classement, c'est votre classement.On commence tous du même point de départ et les choses se passent comme elles doivent se passer. On verra en fin d'année, mais j'ai l'impression de progresser, de bien jouer. Mes résultats sont peut-être un peu en dessous de mes attentes, mais je me sens bien à l'heure actuelle.
"Les joueurs font front ensemble"
Bonjour Félix. Cette limite de 15 minutes avec les médias, est-ce que tu participes à ce mouvement ? Et si c'est le cas, est-ce que tu peux nous raconter comment vous vous êtes organisés ? Avez-vous une conversation ? Est-ce que vous vous êtes syndiqués, en quelque sorte ?
Non, on ne peut pas dire que nous sommes syndiqués parce que nous sommes tous des indépendants. Donc, officiellement, on ne peut pas à proprement parler se syndiquer, mais nous sommes solidaires. Les joueurs sont ensemble. C'est un sentiment commun que nous avons ensemble et dans les vestiaires, nous avons le numéro 1 mondial Jannik Sinner, des membres du Top 10 et cela donne l'impression que les joueurs font front ensemble ; en tout cas, notre génération. Nous sommes ensemble, nous sommes solidaires dans ce sujet que vous abordez : la limite des 15 minutes.Ce que nous voulons, c'est pouvoir négocier, pouvoir nous asseoir à la table et parler, et nous voulons les meilleures conditions à l'avenir. C'est là une façon de montrer que nous sommes réellement solidaires. C'est ce qu’il y a de plus officiel, en fait.
Est-ce qu'il y a d'autres questions que vous pourriez aborder ensemble, par exemple la longueur des saisons, le calendrier ?
Il est évident que les joueurs veulent être entendus. Nous ne sommes pas les premiers joueurs ni la première génération qui parle de ces sujets, ces arguments, ces négociations, qui souhaitent s'asseoir à la table des négociations au sujet du calendrier, mais il peut y avoir d'autres sujets aussi.Peut-être le dimanche. Peut-être qu'il y a des questions de super tie-break aussi et il faut que ces questions soient abordées. L'ATP en parle avec un groupe de 10 personnes, mais ensuite, il faut que ce soit élargi avec les Grands Chelems.Nous avons cette position, ces mêmes négociations. Ce n'est pas la première fois, mais je pense que c'est une bonne chose que les joueurs fassent front ensemble et que cela se produise encore.
"Gaël a été unique durant toute sa carrière"
Salut Félix, j'avais juste une question par rapport à Stan et c'est son dernier Roland, l'héritage qu'il va laisser. C'est quoi pour toi, l'héritage que Stan laisse au tennis ?
C'est une légende dans notre sport. Je rigolais avec lui dans le vestiaire puisque j'étais assis, je lui dis : « Je dois me lever pour toi, pour te saluer », question de respect.
Parce que tu l'as croisé ?
Je l'ai croisé dans le vestiaire, tout à l'heure. C'est juste une anecdote. Je me souviens très bien des matchs qu'il a joués ici, épiques, de sa victoire en 2015, je pense. J'étais adolescent, je commençais à m'intéresser beaucoup, beaucoup au tennis, à regarder beaucoup plus de tennis. Pour moi-même, ma génération, il a inspiré un grand nombre de jeunes. C'est ce qu'il laisse. Il laisse évidemment derrière lui un très beau palmarès, de très beaux trophées, mais l'aspiration que l'on peut donner à la jeunesse, c'est très grand aussi. Donc, c'est le genre de choses dont quelqu'un peut être très fier.
On parle de Gaël Monfils alors. Gaël Monfils aussi arrête, à bientôt 40 ans.
Oui, la longévité, tout ce qui l'a amené au tennis. C'est drôle, il y a des joueurs comme Shelton qui me disait que, petit, ce n'était que des highlights de Gaël Monfils qu'il regardait. Aujourd'hui, on a un joueur comme Shelton est dans le Top 10 mondial. Cela inspire, des joueurs comme Gaël Monfils. Cela donne envie à peut-être des joueurs qui s'intéressaient peut-être moins au tennis ou d’une façon un peu différente à s’intéresser à un sport. Avoir un style de jeu complètement différent. Gaël, on peut être tous d'accord qu'il est unique, a été unique durant toute sa carrière. Je l'ai joué cette année à Indian Wells, il y avait une ambiance incroyable pour un premier tour, les gens étaient tellement contents de le voir une dernière fois là-bas. Partout où il va, il est très bien accueilli et c'est grandement mérité.
Sur le fait que tu sois tête de série 4, tu n'as jamais été aussi bien classé dans un tournoi de Grand Chelem, est-ce que cela change des perspectives ?
Non, en vérité, chaque Grand Chelem, que je sois 4 ou quand j'étais 25e, je veux aller le plus loin possible, je veux faire un très bon tournoi. C'est le même cas de figure aujourd'hui. C'est sûr qu'il y a une évidence et que, par le tableau, auparavant, j'ai joué Carlos en huitièmes de finale ici, par exemple, je ne jouais pas premier ou deuxième mondial en huitième de finale si je suis en huitième de finale. Cela peut aider, mais tous les jours doivent être joués, tous les matchs doivent être gagnés. Il y a beaucoup de qualité sur le circuit. On le sait bien. Je suis plutôt concentré comme chaque année à essayer d’être en bonne santé, d'essayer de faire du bon tennis.
Publié le par Paul MOUGIN