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Belinda Bencic : "Les femmes essayent de jouer comme les hommes"

Roland-Garros
Mis à jour le par Sebastien CLAUDE

Tête de série 11, Belinda Bencic a confirmé son rang au deuxième tour de Roland-Garros. Ce mercredi 27 mai, face à Caty McNally, la Suissesse s'est imposée sans trembler 6-4, 6-0 pour rejoindre le troisième tour du Grand Chelem parisien pour la troisième fois seulement dans sa longue carrière. En conférence de presse, Belinda Bencic a notamment évoqué les difficultés qu'elle pouvait rencontrer à Roland-Garros, seul Grand Chelem où elle n'a jamais atteint la deuxième semaine. 

Belinda Bencic après sa victoire au 2e tour de Roland-Garros

 

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"J'adore les conditions en ce moment

Belle performance aujourd'hui, ce n'était pas un match facile. Les conditions étaient différentes. Qu'en penses-tu ?

Oui, je me suis sentie bien à l'entame, c'était plus piégeux, c'était difficile de trouver son rythme. Mon service n'était pas au rendez-vous non plus aujourd'hui. Mais j'avais acquis suffisamment d'expérience, et j'ai joué sur le mental pour l'emporter aujourd'hui.

 

Avec ton style de jeu, préfères-tu quand ce n'est pas aussi chaud, et quand c'est plutôt en dur, quand il fait moins chaud ? Peut-être quand il fait plus frais ? Quelles sont les conditions pour toi ?

Moi, j'adore les conditions en ce moment.

 

À cause de la rapidité ?

Oui, parce que la balle fuse, j'aime la chaleur, je n'aime pas quand il y a du vent, quand c'est humide, quand c'est froid. Bien sûr, je ne joue pas 4 heures ou 4 heures et demie comme les messieurs, non… Après une heure, une heure et demie, ce sont des bonnes conditions pour moi quand il fait chaud. J'aime la chaleur, c'est bon pour mon tennis.

 

Y a-t-il un coup en général, quand tu vois des matchs chez tes adversaires, que tu vois apparaître davantage dans l'arsenal des messieurs, par rapport à il y a cinq ans ? Un coup particulier qui se développe, qui a été amélioré, qui a été peaufiné ?

Je pense que les femmes essaient de mettre davantage d’effet dans la balle, de mettre davantage de lourdeur dans la balle. J'ai l'impression que chez les hommes, la balle est plus lourde parce qu'on y met plus d’effet. Et les femmes essaient de jouer comme les hommes à cet égard, en étant plus physiques. Bien sûr, ce n'est pas la même chose, mais c'est ce qu'on s'efforce de faire. Et puis, la rapidité du service.

 

Félicitations ! Comment t'es-tu sentie sur le court aujourd'hui ? Et comment te sens-tu ces derniers temps, à Paris ? Es-tu contente de ton jeu ? Quel est ton objectif dans ce tournoi ? Jusqu'où veux-tu aller ?

Je suis ici, j'ai décroché mon billet pour le troisième tour. Le fait de remporter la victoire pour deux matchs est déjà une bonne chose. Je me sens bien à l'entraînement, j'aime les conditions, et mon but, c'est déjà de gagner au tour suivant.

 

"Mon objectif, c'est de battre mes records"

Jusqu'à présent, le troisième tour est ton meilleur résultat à Paris, comment l'expliques-tu ? Tu dis que tu as bien réussi, tu te sens bien ici. En junior, tu as eu de bons résultats. Pourquoi n'es-tu pas allée plus loin jusqu'ici ?

J'ai eu des matchs difficiles, contre Fernandez par exemple, je pense en 2021, 2022. C'était un match difficile, en trois sets. J'ai perdu au troisième tour. La terre battue n'est pas ma surface de prédilection. Je peux bien jouer sur terre battue, je peux certainement faire mieux ici. Mon objectif, c'est bien sûr de battre mes records.

Il y a eu beaucoup d'années aussi où j'avais contracté des blessures en arrivant ici. J'espère donc que cette année, cela ira, parce que je me sens très bien cette année.

 

Bravo pour cette année. En 2022, je crois que c'était la dernière fois que tu as été au troisième tour. Il y avait Charleston aussi, juste avant. Vu tout ce que tu as traversé, avec la grossesse, etc. Tu n'as pas vraiment joué depuis ?

Oui, cette saison-là, je n'avais pas beaucoup plus joué depuis.

Je pense que je suis plus à l'aise avec mes mouvements cette année. Cette année, j'ai l'impression qu'il y a eu un déclic dans mon jeu. Je me déplace mieux, je n'y pense pas deux fois. Oui, je me sens mieux.

Et puis, au niveau de mon jeu, je me sens toujours bien, mais sur terre battue, j'ai le sentiment que c'est là qu'il faut que je fasse le plus de réglages. Par exemple, je vais jouer en rêvant, vous voyez... Sur d'autres surfaces, je n'ai pas besoin de régler mon jeu. Mais sur terre battue, ce n'est pas le cas, parce que la surface est différente, les déplacements ne sont pas les mêmes.

 

Est-ce que vous êtes encore plus motivée, parce qu'il y a une opportunité qui s'offre à vous, à savoir d'être dans la deuxième semaine, ce que vous avez fait pour tous les autres Grands Chelems ?

Je suis motivée tous les jours, peu importe qu'une opportunité se profile à l'horizon ou non. C'est toujours difficile, qu'on joue contre une joueuse moins classée ou pas, l'opportunité qui se présente est toujours la même. Il faut la saisir, il faut être dans la meilleure forme, peu importe votre adversaire. Peu importe le classement sur le papier, cela ne vous aidera pas dans le match. Il faut simplement fouler le court et déployer son meilleur tennis.

 

Vous avez parlé de balles plus lourdes, et des services plus lourds. Quelle différence cela fait maintenant, lorsque vous comparez un petit peu à l'époque de Halep, de Kerber, où vous, vous aviez cette puissance de feu dans le service ? Maintenant, il y a un équilibre différent. Tactiquement, à quel point est-ce différent de jouer aujourd'hui par rapport à cette période-là ?

Oui, cette génération se concentrait davantage sur les longs échanges, notamment avec Jankovic, Pennetta. Le but, c'était de tenir les échanges qui étaient longs, et de pouvoir tenir la longueur. Le jeu se faisait davantage sur la tactique.

Là, maintenant, le but, c'est de conclure un point le plus rapidement possible, et de faire courir l'autre, parce que tout le monde essaie de jouer de manière agressive. Ils ne vont pas dire : "OK, si je joue à la défensive, à ce moment-là, je vais gagner le match." C'est la différence la plus importante, tout le monde doit s'adapter. Moi, je me suis bien adaptée aussi. J'ai aussi assez de puissance de feu pour pouvoir tenir la dragée haute aux autres. C'est une question de régularité, de discipline dans les coups qu'on décoche. Et puis, de savoir exactement quels coups décocher à quel moment, et puis bien sûr, le service.

Publié le par Sebastien CLAUDE

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