Belinda Bencic : "Mon titre en juniors... c'était il y a 13 ans !"
Roland-GarrosPremier tour sans encombre pour Belinda Bencic dans ce Roland-Garros 2026. En ouverture sur le court Philippe-Chatrier, la Suissesse a dompté l'Autrichienne Sinja Kraus, 101e WTA, en deux sets 6-2, 6-3. La 11e joueuse mondiale, absente en 2024 et 2025, atteint le deuxième tour dans le Grand Chelem parisien pour la première fois depuis 2022 et la sixième fois de sa carrière. Elle se frottera à l'Américaine Caty McNally.
Belinda Bencic après son premier tour à Roland-Garros 2026
Retrouvez ICI le tableau complet du simple hommes de Roland-Garros 2026
Retrouvez ICI le tableau complet du simple dames de Roland-Garros 2026
"Ma fille est fan de Cobolli"
Merci. Le score peut paraître assez net, mais sur le court, ce n’était pas aussi simple que ça, n’est-ce pas ?
Oui, c’est exactement mon ressenti. J’ai trouvé qu’elle avait fait un très bon match. De mon côté, j’aurais peut-être pu mieux jouer à certains moments. J’ai eu le sentiment de ne pas réussir à mettre suffisamment de pression au retour sur la durée. Mais il y a quand même eu des séquences où je l’ai bien bousculée, où j’ai réussi à dominer l’échange. Et heureusement, j’ai su élever mon niveau dans les moments importants, notamment sur les points clés. C’est ce qui fait la différence aujourd’hui. Mais non, je n’ai pas eu l’impression que c’était un match si facile que le score peut le laisser penser.
On m’a dit que votre fille avait déjà des joueuses préférées…
(Rires) Oui, c’est assez drôle. Elle est complètement fan de Cobolli, c’est incroyable. Dès qu’il arrive, elle le regarde avec de grands yeux. Martin en devient presque jaloux. Elle a clairement ses préférences, même si elle voit énormément de joueurs tous les jours. Mais forcément, elle s’attache davantage à ceux avec qui elle passe le plus de temps, et Cobolli est clairement numéro un en ce moment. Il est super avec elle, il a une très belle énergie, il est très gentil, et elle adore ça.
Est-ce que vous pensez qu’elle se souviendra de tout ça plus tard ?
Je ne pense pas qu’elle gardera des souvenirs précis. Avant trois ans, l’idée, c’est surtout de lui apporter des choses de manière inconsciente, de passer du temps avec elle, de lui donner un cadre positif. Je pense qu’elle en gardera des sensations plutôt que des souvenirs concrets. Plus tard, on lui racontera simplement qu’elle a beaucoup voyagé à cause de moi. Aujourd’hui, on fait énormément de vidéos, donc on aura des traces, mais je ne pense pas qu’elle se rappellera vraiment des détails.
"Roland-Garros juniors... C’était il y a longtemps"
Vous rejouez seulement mercredi. Vous avez prévu des activités en famille à Paris ?
Oui, je pense qu’on ira au parc ou au terrain de jeux. À son âge, elle aime surtout être active. Au centre d’entraînement, il y a aussi un espace pour enfants où elle peut jouer avec d’autres. Donc on va rester simples, faire des choses tranquilles.
Question un peu hors sujet : combien d’équipements emportez-vous sur un Grand Chelem ?
Ça dépend toujours des résultats. Si je perds au premier tour, un seul outfit suffit. Mais en moyenne, j’en prends quatre, parce qu’on peut avoir besoin de se changer pendant un match. Pour les raquettes, j’en ai généralement quatre ou cinq dans mon sac, une chez le cordeur en réserve, une chez le coach en cas d’urgence, avec différentes tensions. Les chaussures, j’en prends au moins trois paires. Et si on avance dans le tournoi, surtout sur terre battue, elles s’usent vite. Après, il y a toute la logistique avec les sponsors : parfois on envoie le matériel à l’avance, parfois on doit tout transporter soi-même. Ça dépend vraiment des tournois et de l’organisation.
Y a-t-il d’autres enfants sur le circuit du même âge ?
Honnêtement, je ne sais pas exactement. Il y a beaucoup d’enfants, surtout du côté des hommes ou des entraîneurs qui voyagent avec leur famille. En ce moment, il y a pas mal d’enfants français. Mais chez les femmes, il y en a moins qui suivent toute la saison. Maria, par exemple, a des enfants plus grands. Ma fille joue avec tout le monde, mais je ne sais pas toujours à qui appartiennent les enfants.
Vous avez gagné Roland-Garros juniors. Est-ce que ça compte aujourd’hui ?
C’était il y a longtemps, je crois 13 ans. Oui, je peux bien jouer sur terre battue, mais le tennis junior et le circuit professionnel, ce sont deux choses très différentes. Je me sens bien sur cette surface, ce n’est pas un problème. C’est juste que mon jeu y est un peu moins efficace : je dois m’adapter davantage, ce qui est plus exigeant que sur dur ou sur gazon. Je joue assez à plat, assez vite, avec beaucoup de demi-volées, ce qui fonctionne moins sur terre. Je dois parfois jouer plus en cross qu’en long de ligne, mon service fait moins de dégâts, et les déplacements sont différents, avec les glissades, le timing, notamment sur les amorties. Mais je sais que je peux bien jouer ici.
Un mot sur votre staff, notamment après le United Cup ?
Oui, en ce moment, il y a une très bonne dynamique. Le United Cup nous a vraiment rapprochés. Mon équipe s’entend très bien, il y a une vraie complicité. J’aime pouvoir parler de tout, de tennis mais aussi d’autres choses. L’expérience qu’ils m’apportent est précieuse. Je suis très contente de les avoir avec moi, que ce soit en match ou à l’entraînement, et j’espère qu’on pourra continuer comme ça.
Prochain tour : vous êtes optimiste ?
J’espère déjà passer le prochain match. Je ne l’ai jamais jouée, ou alors à un niveau inférieur. C’est une bonne joueuse, je l’ai vue plusieurs fois récemment, elle a fait de bons matchs. Elle a un jeu adapté à la terre battue, avec beaucoup de lift, un bon kick au service. J’espère pouvoir la prendre de vitesse, imposer mon jeu et la mettre sous pression. Mais on verra, je ne sais pas encore exactement ce que ça donnera sur le court.
Publié le par Paul MOUGIN