De Jong a fait plier Wawrinka : "99% du public était pour lui"
Roland-GarrosJesper de Jong a vécu une journée qu’il n’oubliera jamais à Roland-Garros. Lucky loser, le Néerlandais a fait tomber Stan Wawrinka en quatre sets 6-3, 3-6, 6-3, 6-4 ce lundi 25 mai au premier tour sur le court Simonne-Mathieu, mettant fin à l’histoire du Suisse Porte d’Auteuil. Au deuxième tour, De Jong affrontera l'Italien Federico Cina.
Jesper de Jong après sa victoire contre Stan Wawrinka
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"Je ne sais pas combien de personnes il y avait dans le stade, mais 99% étaient pour lui"
Félicitations pour votre victoire aujourd’hui. Pouvez-vous revenir sur le match et sur ce que ça fait d’affronter Stan dans une telle ambiance ?
Oui, ce n’est jamais facile dans une atmosphère comme ça. C’est très différent de l’affronter ailleurs ou comme il y a quelques années. Je ne sais pas combien de personnes il y avait dans le stade, mais 99% étaient pour lui. C’est peut-être bizarre à dire, mais j’aime ce genre d’ambiance. Je sais que je dois rester calme, ne pas trop montrer d’émotions au public et rester concentré. Et aujourd’hui, je l’ai bien fait.
Félicitations pour la victoire. Je ne suis pas sûr, mais je crois que c’est la première fois que vous intégrez un tableau final de Grand Chelem en tant que lucky loser ?
Oui, c’est possible.
"Quand vous êtes lucky loser, on ne vous traite pas comme un joueur du tableau principal"
Je voulais savoir comment vous avez vécu cette période d’attente. Vous étiez tête de série n°1 en qualifications, sans savoir si vous alliez entrer dans le tableau. Qu’est-ce que vous faisiez ? Quelle était votre routine ? Dans quel état d’esprit étiez-vous avant de savoir si vous alliez intégrer le tableau ?
Oui… en fait, ça a commencé avant même les qualifications. Dès mercredi ou jeudi, j’étais premier sur la liste d’attente après le forfait de Musetti. Donc on commence déjà à espérer entrer directement dans le tableau. Ensuite, j’ai joué mon premier match de qualifs lundi à 10h. Et là, il faut passer par des qualifications très relevées, tout le monde joue très bien, c’est vraiment dur. Forcément, on préfère éviter ça : il faut gagner trois matchs compliqués, et avec un tournoi en cinq sets derrière, on n’a pas envie de passer trop de temps sur le court.
Au final, j’ai perdu au dernier tour des qualifs en étant tête de série n°1. Ensuite, il y a ce tirage entre quatre joueurs, ce qui est un peu malchanceux — sur le circuit ATP, c’est généralement seulement deux. Et j’ai fait le tirage moi-même. Je me suis dit que si ça devait mal tourner, autant que ce soit de ma faute. C’est un tirage assez particulier : il y a des jetons qui tournent, on ne voit rien, tout est totalement équitable et tout le monde regarde.
J’ai tiré le premier jeton : c’était Coleman Wong, donc lui est entré après le forfait de Korda. Là, je tremblais, je transpirais… Puis j’ai tiré mon propre nom. Et ensuite, il y a encore eu un autre forfait. Mais être lucky loser, ce n’est jamais simple, c’est une situation assez compliquée. On ne vous traite pas comme un joueur du tableau principal : vous n’êtes pas vraiment dans le tableau, et vous n’avez même pas accès aux vestiaires du Chatrier. Ce n’est pas idéal. Puis, après le forfait de Fils, j’ai finalement intégré le tableau, et j’ai pu me préparer mentalement et physiquement pour le premier tour.
Vous dites que vous avez pu vous préparer. Ça veut dire que pendant l’attente, vous étiez simplement en standby, sans vraiment vous entraîner ?
Si, je m’entraînais. Mais l’état d’esprit est différent. Bien sûr, je savais que j’avais de bonnes chances d’entrer, mais le jour même — c’était samedi, je crois — j’ai entendu que Fils et un autre joueur avaient déclaré forfait, puis finalement qu’ils allaient jouer. On entend beaucoup de rumeurs, et ce sont justement les joueurs concernés… Donc on se dit “mince”. Et puis finalement, j’ai appris qu’il s’était retiré, et j’avais encore un jour et demi pour me préparer mentalement.
Publié le par Paul MOUGIN