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Diane Parry : "On joue au tennis pour vivre ces émotions"

Roland-Garros
Mis à jour le par Sebastien CLAUDE

Diane Parry s'est fait très peur mais a finalement réussi son entrée en lice dans ce Roland-Garros 2026. Ce mardi 26 mai, la Française retrouvait Anhelina Kalinina au premier tour du Grand Chelem parisien. Initialement programmée sur le court n°7, la Niçoise a été déplacée en dernière minute sur le Court Philippe-Chatrier. Un changement de taille qui peut expliquer la "bulle" encaissée par Diane Parry dans la première manche. Pour autant, la Française a su retourner la situation pour finalement disposer de l'Ukrainienne 0-6, 6-2, 6-4. En conférence de presse, Diane Parry est notamment revenue sur l'impact de ce changement de court et l'importance du public dans sa folle remontée. 

Diane Parry après sa victoire au premier tour

 

Retrouvez ICI le tableau du simple Messieurs de Roland-Garros 2026

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"Je m'étais préparée à jouer sur le 7"

Diane, belle lutte. Quelle a été la clé pour cette victoire aujourd'hui ?

Eh bien, de passer le premier set assez rapidement, c'était difficile. J'avais de belles sensations, un bon ressenti. J'ai essayé de rester calme, de rester dans le match et aussi de rester aussi proche d'elle que possible, de saisir toutes les occasions qui se présentaient et de faire avec ce que j'avais aujourd'hui.

 

Quand on commence par une « bulle », comment on se remobilise ? Qu'est-ce que tu t'es dit à ce moment-là pour pouvoir renverser le match ?

On essaie de l'oublier. Je pense que ça m'a fait du bien de partir, de m'isoler à la fin du premier. Tout s'est enchaîné un peu vite dans le mauvais sens ; donc, il fallait que je puisse me reconcentrer, que j’essaye de rester quand même positive et dans le match, que j’essaye de me battre, de trouver des solutions, que j'essaye de changer un peu certaines choses dans mon jeu pour pouvoir faire tourner la situation. Sinon, ça pouvait vite continuer dans le même sens dans le deuxième et ça n'aurait pas été agréable pour moi.


Quand la programmation sort hier midi, tu es sur le court 7, tu te prépares, j'imagine, tu visualises le fait de jouer sur ce court 7. Tu bascules au dernier moment sur le court central. Comment tu l’apprends et comment tu le gères ? Est-ce que ça a eu un impact sur le début de ta rencontre ?

C'est sûr que je m'étais préparée à jouer sur le 7. Il y a une grosse différence avec le Central en termes de taille et même de conditions de jeu. Donc, un petit coup de stress quand on nous dit qu'on change. Quand on joue dans un match, on sait que ça peut aller rapidement et qu’il faut assez vite se préparer à jouer sur le Central. Après, j'ai eu un peu le temps de me préparer quand même. Malgré tout, ça a dû impacter mon début de match, même si, bien évidemment, après, j'étais contente de pouvoir jouer sur ce court ; c'est toujours, en tant que Française, un honneur et en tout cas un des plus gros courts sur lequel on peut jouer. J'ai essayé de prendre tout le positif qu'il pouvait y avoir sur le fait de jouer sur ce terrain-là. Ça n'a pas marché tout le début du match, mais petit à petit, j'ai essayé de me mettre un peu dedans. Le public m'a beaucoup soutenue à la fin en finissant dans une très belle ambiance. Donc, au final, ça a été hyper positif pour moi.


Justement tu parles du public ; ça s'est bien rempli, surtout sur la fin, la Marseillaise. Tu fais jeu blanc derrière. Ça te porte comment ? Qu'est-ce qui parcourt ton corps comme émotions quand il y a ce genre de moment qui se passe ?

Honnêtement, on joue au tennis pour vivre ces émotions, de pouvoir jouer sur ces courts-là avec cette ambiance. C'est que du bonheur de voir que les gens arrivent petit à petit et sont vraiment là pour me soutenir à fond derrière moi. Je les entends tout le long du match. Même si on essaye de rester dans sa bulle, on entend malgré tout les encouragements, et ça nous porte. Je pense que ça nous porte. Il faut essayer de s'en servir le mieux possible pour essayer d’aller chercher des ressources de temps en temps et un petit truc en plus pour pouvoir nous faire gagner ce genre de match et continuer à jouer dans ces ambiances et profiter de tout ça.

 

"Nous, on est habituées à jouer en trois sets"

J'ai deux questions, qui ne sont pas directement liées au match. Je tente quand même… Un documentaire va sortir en fin de semaine où Nadal dit qu'il a eu mal quasiment tous les jours de sa vie. Est-ce le quotidien, est-ce la vie d’un joueur de tennis de jouer avec des douleurs et de faire avec, de faire sans, de les combattre ?

Ça dépend pour qui. C'est sûr qu'eux ont repoussé, je pense, les limites de leur corps et la santé très, très loin pour accomplir ce qu'ils ont pu accomplir dans leur carrière, et repoussé tous les records, tout ce qui est possible et inimaginable dans ce sport. Eux l'ont fait à très grande échelle. Ça reste un sport où on met notre corps à rude épreuve. Tout le corps est engagé. Il y a pas mal de composantes. Pour beaucoup de joueurs et joueuses, il y a souvent des petites douleurs à droite, à gauche, il faut faire avec, dans la limite du raisonnable. Il faut essayer de rester assez sain, être capable d'enchaîner des tournois, pouvoir faire une année pleine, et ce n'est pas tout le temps le cas. Je pense que c'est en tout cas un des points les plus importants à gérer en tant que joueuses et joueurs.

 

Une question annexe : est-ce déjà arrivé de pousser les limites et de se dire « il ne faudrait pas que j’y aille » mais de jouer quand même ?

R. Oui, après, je pense que ça, ça peut arriver que dans des tournois comme celui-ci, les tournois du Grand Chelem où on a des objectifs plus forts, où tout est un peu plus fort. C'est vrai, il y a des moments où, même si on sait que ce ne sont pas de bonnes douleurs, on essaie de se battre et de passer au-delà, parce qu'on a envie de durer dans ces tournois, de faire des belles performances. Il y a certains moments où oui, on essaie d'aller au-delà, même si on sait que ce n'est pas bien. On sait que ça a été le cas pour Arthur, par exemple, l'année dernière. C'est des choses plus fortes que nous, de temps en temps. Après, il faut doser et ne pas le faire trop souvent.


Il y a un débat sur les cinq sets dans les matchs féminins : une bonne ou mauvaise idée ?

Je n'ai pas trop d'avis là-dessus. Le truc, c'est que nous, on est habituées à jouer en trois sets. Ça voudrait dire travailler physiquement, se préparer différemment, je pense, donc, changer pas mal de choses dans l'entraînement, dans la préparation. En termes de spectacle, je ne sais pas. Parce qu’on voit que même chez les hommes, il y a des moments où ils laissent filer des sets, parce qu’ils sont mal embarqués. Du coup, sur un cinq sets, il peut y avoir trois sets pleins et deux sets où c'est moins intense, où il y a moins de rallyes. Je ne sais pas. Franchement je n'ai pas beaucoup d'avis là-dessus.


Si je ne me trompe pas c'est la première fois que tu es avec tes deux coachs sur un tournoi cette saison et même de manière générale, parce que tu collabores avec les deux. En quoi ça change d'avoir les deux qui sont là. Un coach parle en anglais et l'autre en français. Peut-être que Julie Coin va faire passer des messages et lui aussi. Comment tu juges cette expérience avec les deux réunis ?

Les années d'avant, j'avais toujours deux coachs. Ça a été assez rare que les deux soient au même moment. Après, c'était normalement la semaine de Thomas mon autre entraîneur. Les dernières semaines sur terre, je les ai faites avec Julie. J'ai recommencé à bien jouer, à bien me sentir. On a eu des petites habitudes aussi, même sur le bord du court, la manière dont elle me parle et dont on prépare les matchs. J'ai souhaité qu'elle puisse rester sur ce tournoi, pour qu'il y ait les deux, qu'ils échangent – c’est sûrement plus simple – et disent ce qu'ils voient de moi sur le court, et de prendre les bons côtés des deux et pouvoir avancer et faire un beau tournoi en essayant qu'ils m'aident le plus possible sur le terrain. C'est plus elle qui me parle, parce que c'est plus simple en français de communiquer, elle comme moi. Donc, je pense que c'est un bon mélange.

Publié le par Sebastien CLAUDE

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