Tennis Actu: Actualités, matchs, direct, résultats...
+
A LA UNE

Elina Svitolina sur l'Ukraine : "Je ne pourrais pas me déconnecter"

Roland-Garros
Mis à jour le par Jeremy MARTIN

Elina Svitolina surfe sur sa bonne dynamique. Titrée au WTA 1000 de Rome avant Roland-Garros, l'Ukrainienne a enchaîné, ce vendredi 29 mai, une neuvième victoire consécutive. Opposée à l'Allemande Tamara Korpatsch, 95e WTA, elle n'a pas tremblé et s'est imposée en deux sets 6-2, 6-3 et 1h30 de jeu. La n°7 mondiale atteint la deuxième semaine du Grand Chelem parisien pour la 8e fois de sa carrière et la 4e de suite. En huitièmes de finale, Elina Svitolina affrontera soit la Suissesse Belinda Bencic, une autre maman du circuit, soit l'Américaine Peyton StearnsEn conférence de presse, elle a notamment été interrogée sur les bons résultats du tennis ukrainien malgré le contexte de guerre.

Elina Svitolina en conférence de presse après son troisième tour

 

Retrouvez ICI le tableau simple hommes de Roland-Garros 2026

Retrouvez ICI le tableau simple dames de Roland-Garros 2026

 

"Je pense qu'il vient bien compléter mon équipe"

Félicitations ! Encore une victoire. Comment t'es‑tu sentie sur le court ? Est‑ce que les conditions étaient différentes ?

Je pense que les conditions étaient un peu plus fraîches aujourd'hui, ce qui était plutôt sympa. Je me sens bien. Je suis contente du résultat, contente d'être à nouveau pour la deuxième semaine, ici. Je me suis fait plaisir aussi bien sur le court, que hors du court à Paris.

 

Bravo ! Quand on parle du temps qui se rafraîchit, dimanche, on prévoit un peu de pluie, et nettement plus froid. Comment penses‑tu que tu vas changer les choses pour t'adapter ?

Je pense qu'il faudra probablement que j'ajuste mon plan de jeu. Et mon adversaire, je ne sais pas encore qui ce sera, puisqu'elles vont jouer là, maintenant. Une fois que je saurai, cela affectera sûrement ma préparation.

Il faudra probablement ajuster aussi la tension du cordage… Bon, c'est quelque chose de normal pour nous, de s'adapter. À Melbourne, par exemple, c'est encore plus extrême. On a des jours encore plus chauds, et d'autres encore plus froids. Donc, ce sera sûrement agréable de jouer avec de meilleures conditions, avec une température plus basse, et notamment pour le public.

 

Je serais curieuse de savoir comment tu arrives à séparer l'opinion privée de ton mari, sur le tennis, par rapport à ta vie professionnelle et ton coaching ? Comment avez‑vous réussi, au départ de votre relation, à séparer cela sans problème ?

Je ne considère pas que c'est un problème. Pour être honnête, il vient s'ajouter à mon équipe, et mon entraîneur est content. Il me l'a dit. Il aime bien parler tennis avec Gaël.

C'est merveilleux d'avoir quelqu'un d'aussi haut niveau dans l'équipe, qui a fait tellement de choses, qui comprend le jeu. J'ai l'impression que notre mentalité, avec Gaël, est assez analogue dans notre vision du tennis. Il est rare que l'on ne pense pas la même chose d'un joueur, ou d'autre chose concernant le tennis. Donc je pense qu'il vient bien compléter mon équipe.

 

"C'est un sujet qui pèse"

Félicitations Elina ! L'Ukraine a deux joueuses qui restent dans les 16 joueuses du huitième de finale. Est‑ce que cela t'inspire, le fait que ton pays s'en sorte bien dans les événements ?

Et as‑tu vu les commentaires d'Oleksandra hier ?

Pour répondre à la première question, de toute évidence, c'est merveilleux d'avoir déjà sept joueuses dans le top 100, dont plusieurs qui jouent vraiment bien depuis quelques mois, et c'est vraiment une inspiration.

Surtout, ce que je souhaite, c'est que la génération s'inspire, pas forcément de moi. Moi, je tire ma motivation de plein de choses. Mais pour les jeunes Ukrainiens et le sport en général, c'est une bonne chose de voir le pays représenté sur une scène comme celle‑ci. Et quand vous avez un rêve, cela doit leur montrer que l'on peut y aller, chercher ce rêve. Et cela leur donne des pensées agréables, dans ces temps difficiles.

Pour répondre à la deuxième partie de la question, j'ai brièvement vu les commentaires et je soutiens Oleksandra. Elle dit ce qu'elle a à dire. Et pour nous, pour les joueurs qui gérons ces problèmes depuis plus de 4 ans maintenant, on a géré les choses. Donc, pour nous, cette façon de parler est peut‑être un peu dans le passé, mais elle est plus jeune, et elle doit faire passer son message, puisqu'elle n'a pas pu le faire avant. Je la soutiens. Et aussi, la manière dont elle affirme ses opinions, très fermement. Il faut savoir que l'Ukraine est encore très attaquée. C'est un sujet très sensible, et ce n'est pas parce qu'on n'en parle pas que cela ne nous touche pas, et que ce n'est pas difficile pour nous. Donc, oui, effectivement, je la soutiens.

 

Puisque l'on parle de l'Ukraine, je me demandais, pendant les tournois, sur les réseaux sociaux, il y a des gens qui disent : « moi, je reste dans ma bulle ». Est‑ce que tu essaies d'éviter de lire sur le sujet pendant les grands tournois ? Est‑ce qu'il est difficile de trouver un moyen de compartimenter les choses, et d'écarter les mauvaises nouvelles ?

Non, cela fait partie de ma vie. Et dès le début de la guerre, cela a fait partie de ma vie, et ça le sera toujours. On ne peut pas y échapper. Bien entendu, c'est difficile. C'est un sujet qui pèse. Mais cela se passe pendant notre vie, et il faut gérer les choses. Et quand il y a des nuits difficiles, il faut quand même se lever, aller jouer et avoir l'état d'esprit qu'il faut... Si on y arrive. Malheureusement, cela fait des années que c'est cela, la vie des Ukrainiens.

Personnellement, je ne sais pas ce qu'il en est pour les autres joueurs, mais je ne pourrais pas dire : « quoi qu'il se passe en Ukraine, moi, je suis déconnectée ». Ce n'est pas possible. C'est ma vie, ma famille, mes amis sont là‑bas. J'ai tellement de choses là‑bas ! Cela fait partie de moi. Je ne pourrais jamais me déconnecter.


Publié le par Jeremy MARTIN

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 
 

A la Une