Elsa Jacquemot : “Je crois que j’ai mes chances contre Sabalenka”
Roland-GarrosElsa Jacquemot a décroché une victoire qui fait du bien au premier tour de Roland-Garros mardi en dominant Linda Fruhvirtova, 6-4, 6-3, pour devenir la première Française qualifiée pour le deuxième tour du tableau dames. Après plusieurs mois compliqués, la Lyonnaise a retrouvé le sourire “à la maison”, portée par un public “incroyable”, dans un match où elle a dû gérer la chaleur, les crampes naissantes et la pression de conclure. Le défi sera désormais immense : affronter Aryna Sabalenka, n°1 mondiale, une joueuse “inspirante” selon la Française, mais Jacquemot refuse de partir battue. “Cela reste une humaine, cela reste une joueuse”, a-t-elle rappelé, convaincue d’avoir ses chances et bien décidée à se donner les moyens de créer l’exploit.
Elsa Jacquemot affrontera Sabalenka au 2e tour de Roland-Garros
Retrouvez ICI le tableau du simple Messieurs de Roland-Garros 2026
Retrouvez ICI le tableau du simple Dames de Roland-Garros 2026
Même si sur le papier, je suis moins forte, je crois que j'ai mes chances contre Sabalenka
Elsa est-ce que tu peux nous dire comment tu te sens et ce que tu as pensé de ton niveau de jeu ? Es-tu satisfaite de ta performance ?
Je suis très contente, parce que n'est-ce pas très facile de jouer ici chez moi. Gagner ce match qui n'était pas facile me rend très heureuse.
Bravo pour cette victoire. Après les mois difficiles que tu as vécus depuis le début de la saison, j'imagine que celle-là elle fait plutôt plaisir. Est-ce que c'est quelque chose sur quoi tu peux vraiment t'appuyer parce qu’il y avait aussi une très bonne attitude sur le court ?
Merci. C'est vrai que dire m'appuyer sur ces matchs-là, je ne sais pas, parce qu'on sait qu’on est dans un sport où on perd plus qu'on gagne. C'est vrai que c'était une période qui n’était pas simple pour moi et que cela me fait vraiment plaisir de retrouver la victoire ici à la maison et, en plus, je fais un très bon match. Dans le deuxième set, elle commence à remonter parce que ce n'est jamais simple de finir ; elle joue mieux. Je finis par gagner ce match, parce que je me suis battue jusqu’au bout et le public a été juste incroyable. Pour répondre à la question : oui, cela me fait plaisir parce qu’il y a beaucoup de boulot derrière cela, je m'entraîne bien tennistiquement, mentalement, physiquement. Quand il y a des victoires comme ça, cela fait plaisir.
Comment on se prépare à jouer la n° 1 mondiale ?
Comment on se prépare à jouer une n° 1 mondiale ? Sur le papier, elle est beaucoup plus forte que moi, elle a de meilleurs résultats. C'est une joueuse qui est inspirante, qui a un beau parcours. Après, c'est ce que j'ai dit juste avant, cela reste une humaine, cela reste une joueuse et que moi, je joue aussi pour ce sport, pour jouer des joueuses comme ça. C'est ça qui me fait vivre des émotions. Je jouais ce match à fond. Même si sur le papier, je suis moins forte, je crois que j'ai mes chances et j'en suis sûre. Je vais donc me donner les moyens de gagner ce match et je suis contente de jouer contre elle.
"En Grand Chelem, je me sens bien, je me sens à l'aise, je sais que j'ai ma place"
Depuis le Roland de l'année dernière, je crois que cela fait 5 premiers tours de suite gagnés en Grand Chelem. Est-ce que tu y vois une forme de stabilité ? Evidemment, pas gagner qu'un seul match, mais est-ce que tu trouves que tu as gagné une forme de stabilité et tu as trouvé les clés pour rentrer ces tournois ?
C'est vrai que, oui, en Grand Chelem, je me sens bien, je me sens à l'aise, je sais que j'ai ma place. Donc, c'est vrai que ce n'est jamais évident de faire des premiers matchs, je m'en sors toujours assez bien. Je pense qu'il y a beaucoup de boulot derrière, donc c'est cool que ce soit mieux aussi sur le terrain. Non, je suis contente, cela me met bien dans le tournoi et c'est cool. Et je suis contente de jouer Sabalenka demain ou après-demain.
Est-ce que tu peux raconter quelle force mentale il a fallu sur la fin de match où c'était très tendu, où il faisait très chaud, où il a fallu se concentrer pour finir et pour se qualifier ?
Je pense, toujours y croire, être déterminé, garder cette combativité. Il est vrai que je commençais à rendre des crampes car il faisait vraiment très chaud. Après, c'est pareil pour tous les joueurs. Je pense qu’en face, elle n'était pas bien non plus. C’est ce que je me disais aussi, qu’il n'y avait pas que moi qui était dans la « souffrance ». Je pense que... j'en suis sûre, le public m’a vraiment poussée ; je suis quelqu'un qui adore quand il est encouragé, qui est poussé par le public. C’est juste incroyable. On est en France, je suis française, donc c'est sympa de jouer dans des conditions pareilles.
Je dirais que le public m'a beaucoup aidée. Moi, j'y ai toujours cru, je me suis dit « Pousse-toi, pousse-toi Elsa, vas-y, vas-y ». J'ai vraiment tout donné parce que, c'est vrai, qu’un troisième set, cela n'aurait pas été dur parce que, dans tous les cas, on est dans les mêmes conditions elle et moi, mais j'étais contente de gagner en deux sets, au moins je garde de l'énergie.
"Cela ne veut pas dire que le tennis féminin est mauvais, que le tennis féminin n'y arrive pas"
Vous êtes pour l'instant la seule française au deuxième tour en attendant de voir ce que fait Diane Parry. Quel regard vous portez sur ce sujet-là ?
Sur ce sujet-là, c'est vrai que c'est dur parce que j'aurais forcément aimé qu'il y ait d'autres Françaises qui gagnent. Après, c'est ce que je dis : on est dans un sport où ce n'est pas évident de gagner un match non plus. On joue dans des gros tournois où les adversaires jouent très bien. J'ai suivi toutes les Françaises et c’est forcément triste, mais cela ne veut pas dire que le tennis féminin est mauvais, que le tennis féminin n'y arrive pas. Je pense qu'on joue de grosses joueuses, que l’on est dans des gros tournois, que c'est vrai qu'il y a une adversaire en face. Malheureusement, oui, il y a des françaises qui ont perdu. Après, il y a plein d'autres tournois et elles feront mieux les prochaines fois. Forcément, j'aurais aimé que tout le monde gagne mais, malheureusement, on ne peut pas.
Je reviens sur l'apport du public et notamment pendant ton match. Il y avait quelqu'un qui, dans le public, était comme s'il était ton coach, qui n'arrêtait pas de te donner des conseils « fais-ci, là elle est en train de se frustrer »… Est-ce que c'est quelque chose que tu entends quand tu es en train de jouer ? Si tu l'entends, est-ce que ça peut parfois te rentrer dans la tête, perturber le message avec ton coach ?
Je n'entends pas tout, parce que je pense que j’ai loupé des trucs, parce qu’on est tellement focus, on essaie de rester dans la bulle, mais j'entends des choses forcément. Est-ce que cela me perturbe ? Non, parce que je vois qu'il le fait de bon cœur, il le fait pour me pousser, donc cela me touche. Après, cela me fait rire, parce qu’il me donne des conseils, il ne me connaît pas mais vu de l'extérieur, je me dis « Il veut m'aider, il veut me pousser » et du coup, cela me touche, cela me fait plaisir.
Question un peu décorrélée du match, mais il est possible que dans un avenir proche, vous ayez chaud pendant 5 sets. Vous pensez que c'est une bonne ou une mauvaise idée que les matches féminins se jouent en cinq sets dans les Grands Chelems ?
Qu'est-ce que j’en pense que les matchs féminins soient en 5 sets ? Je ne sais pas quoi répondre à cette question. Je pense que là, on est déjà bien. Niveau chaleur et tout, on prend des crampes, ce n'est pas évident. Je pense que deux sets gagnants, c'est plutôt bien pour nous.
Sur les supporters, il y en a un qui s’appelle « La tribune bleue », je ne sais pas si tu vois qui c’est, qui sont souvent là, qui donnent énormément de voix. Tu les as identifiés. Cela fait un petit moment qu'ils viennent aussi vous voir sur ces courts annexes, que tu as un peu une relation avec eux, et même la façon dont ils vous soutiennent vraiment avec leurs chants, etc.
Je trouve ça cool qu'ils essaient de mettre cela en place pour nous, parce qu’ils se déplacent en Australie, à l'US Open, à Wimbledon aussi. C'est sympa parce que, pour le coup je parle en mon nom et je pense que même les autres joueurs seraient d'accord avec moi dire que cela nous pousse. On ne se rend pas compte, mais il y a un impact extérieur où des fois tu peux ne pas être bien et tu ne t'en rends pas compte, tu as ton coach, tu as ton entourage, tu as ton équipe qui est là pour pousser, mais d'avoir la tribune bleue qui est là pour nous encourager, pour nous pousser, franchement, je pense que ça joue, et j'en suis sûre, ça joue sur un match et cela nous fait du bien. Je suis super contente qu'ils soient là pour m'encourager, pour nous soutenir. C'est super chouette, super cool ce qu'ils mettent en place pour nous.
Publié le par Alexandre HERCHEUX