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Hugo Gaston est en 8es : "C'est quelque chose de fou"

Roland-Garros
Publié le par Alexandre HERCHEUX

Vingt ans, 239e mondial, et une deuxième semaine chez lui à Roland-Garros. Si ça, ce n'est pas un conte de fées... Hugo Gaston fait vibrer le public tricolore et vit le premier grand moment de sa carrière. Ce vendredi, le Toulousain a réussi l'immense exploit d'éliminer Stan Wawrinka, ancien vainqueur Porte d'Auteuil. Pour comprendre la perf' du Frenchie, il va toucher au moins 189 000€, lui qui n'avait remporté "que" 146 187€ jusqu'à maintenant. Dimanche, Hugo Gaston joue en huitième de finale de ce Roland-Garros l'Autrichien Dominic Thiem.

#RG20 - Hugo Gaston après son exploit contre Stan Wawrinka !

 

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"Je suis en huitième de finale, c'est fou pour moi"

Personne ne l'attendait. Alors qu'il venait découvrir Roland-Garros cette année, Hugo Gaston fait plus qu'une simple visite dans la capitale mais réalise à seulement 20 ans ce que beaucoup de joueurs du top 100 n'ont jamais réussi au cours de leur carrière. Sur un petit nuage, le Toulousain a logiquement beaucoup de mal a réalisé ce qu'il se passe. "Je ne réalise pas encore ce qui se passe. Je vais essayer de profiter avec ma famille et me reposer. Il y a beaucoup d'émotions et de joie après cette victoire (...) Être en huitième à Roland-Garros, je ne m'y attendais pas. Je suis rentré pour donner le maximum, sur tous les points. Maintenant, je suis en huitième de finale, c'est fou pour moi. Je suis content de ce qu'il se passe."

 

 

"Je me sens bien, j'ai encore de l'essence"

Dimanche, probablement sur le Central, Hugo Gaston va disputer le match le plus important de sa carrière contre Dominic Thiem. Un sacré challenge mais le Tricolore n'a absolument rien à perdre et ne compte pas venir en spectateurs sur le court. "Forcément, avec l'adrénaline, je me sens fatigué, je ne vais pas vous mentir. Je me sens bien, j'ai encore de l'essence. Je vais tout donner. D'abord, je vais récupérer et profiter parce que c'est très important. C'est super ce qu'il se passe pour le moment. Demain, je me concentrerai sur le match contre Dominic. Je vais essayer de tout donner pour ne pas avoir de regret à la fin du match."

 

 

Hugo, tu peux nous dire ce que tu as ressenti sur le court ? Infliger 6/0 dans le cinquième à Stan Wawrinka, ce n’est pas n'importe quoi.

C'est quelque chose de fou pour moi. Dans le dernier set, je suis resté concentré sur mon jeu, pour jouer tous les points à fond, cela a fonctionné. J’ai essayé de varier un peu de tout dans mon jeu. Je suis très content, parce que cela s'est très bien passé.

 

Bravo. Tu as l'air quand même complètement imperturbable. Tu montres très peu d'émotions, c'est sans doute ce qui t’a permis de gagner un match important. C'est très étonnant pour nous, vu de l'extérieur. Cela fait partie aussi d'une espèce de carapace que tu t'es construit. C'est comme si tu es programmé pour cela en fait.

Je suis comme cela, je ne montre pas forcément mes émotions, mais je suis très content à l'intérieur. Je ne réalise pas encore ce qui se passe. Je vais essayer de profiter avec ma famille et me reposer. Il y a beaucoup d'émotions et de joie après cette victoire.

 

Bravo. À quel moment as-tu senti que c'était prenable aujourd’hui ?

Dès le début du match, même si je perds le premier set 6/2. Je suis rentré sur le terrain pour gagner. Je savais que cela allait être un match compliqué, mais quand je rentre sur le terrain, c'est pour donner mon maximum et essayer de gagner. J'ai perdu le premier set 6/2, c'était compliqué. Après, j'ai su me relâcher, j’ai essayé d'être plus créatif. Cela a fonctionné et j'ai réussi à m'en sortir. C'est quelque chose de fou pour moi.

 

Bonsoir, félicitations. Parle-nous de la balle de match, qu'est-ce qui se passe au moment où tu réalises que tu as gagné ? Stan Wawrinka, en face, vainqueur Roland-Garros, qu'est-ce qui se passe dans la tête ?

Je me retourne direct, je regarde mon coach, ma famille. Ce sont des choses inoubliables pour moi. J'adore. Que ma famille soit là pour assister à cela, c'est des choses vraiment inoubliables pour moi. J'étais super content sur le moment, encore maintenant. Je vais réaliser, je pense, demain ce qu'il se passe. Je suis forcément super content.

 

Tu as eu l'impression de rendre fou Stan Wawrinka et peu à peu de le ronger de l'intérieur au fur et à mesure que le match avançait ?

Fou, je ne sais pas. Je sais qu'il n'aime pas forcément ça quand il y a beaucoup de variations. En même temps, c'était mon jeu. Je n'allais pas changer ça. C'était vraiment un super match. J'ai su varier aux bons moments. Je suis très content.

 

Dans la préparation et tout ça, il y avait une forme d'appréhension. Jouer Stan sur le Lenglen à Roland-Garros, ce n'était pas n'importe quoi, il y avait une forme de panique. Marc t’a rassuré ou tu t'es dit : on est 2 joueurs, on est sur le terrain, on verra ce qu'il se passe ?

Il n'y avait pas vraiment de panique. Marc, mon entraîneur, m’a dit : « Stan a deux bras, deux jambes comme toi, donne le maximum et tu verras bien. Mais vraiment, prends du plaisir, n'aies pas de regret ». Cela s'est très bien passé. Je suis rentré sur le terrain forcément un peu perturbé parce que Stan est un grand joueur, sur un très grand court, ici. J'avais envie de bien faire. J'ai su me relâcher au deuxième set. J'ai joué mon jeu, je suis content par rapport à cela.

 

Bonsoir. Félicitations. Tu as une idée de la façon dont tu vas savourer cette victoire ? Est-ce que dans les conditions actuelles sanitaires, il y a le moyen quand même de savourer ?

Oui, oui. C'est sûr que je ne vais pas sortir ou quoi, mais je vais profiter avec mes entraîneurs, ma famille. C'est important. C'est la première fois que cela m'arrive, je vais profiter en respectant les règles, c'est important. Cela ne va pas m'empêcher de profiter de cette victoire.

 

Est-ce que tout cela te surprend, d'être en huitième de finale et de jouer aussi bien, tu t'y attendais ? Ton niveau de jeu t'étonne ?

Pas forcément. Je sais que je suis capable de très bien jouer. Être en huitième à Roland-Garros, je ne m'y attendais pas. Je suis rentré pour donner le maximum, sur tous les points. Maintenant, je suis en huitième de finale, c'est fou pour moi. Je suis content de ce qu'il se passe.

 

Justement, cela représente quoi d'être en huitième de finale à Roland-Garros ?

Beaucoup de choses. Comme je dis, je ne réalise pas encore je pense. Je suis très content de ce qu'il se passe. J'essaie de profiter de chaque moment sur le terrain, de profiter et de rester calme. Je suis super content et j'espère que cela va continuer.

 

Tu m'avais raconté que tu n'avais jamais tapé sur le Central, mais que tu étais venu en visite. Tu te rappelles de la sensation que tu avais eue, avec l'immensité ? Qu’as-tu ressenti quand tu as découvert le court en civil ?

C'était quelque chose de fou. Quand j'étais petit, je regardais tous les matchs sur le Central. Je ne sais pas encore sur quel terrain je vais jouer dimanche. Pour moi, le Central, c'est important. Je n'ai pas essayé de me mettre plus de pression, mais quand on voit un tel stade, cela impressionne. Je suis très content d'être en huitième de finale. Je vais profiter et tout donner.

 

Bravo. On est tous d'accord pour dire que c'est l'un des plus grands exploits réalisés par un joueur Français. Est-ce que toi, à la télé, tu as le souvenir d'un exploit français ? Tu t'es dit : j'aimerais être à sa place quelques années plus tard ? Tes premiers souvenirs de télé de Roland-Garros ?

Je regardais tous les joueurs à la télé. J'ai encouragé les Français derrière ma télé. Ce sont des choses folles qui se passent aujourd'hui, j'ai la chance de jouer sur les terrains de Roland-Garros. Exploit, je sais que cela en est un. J'essaie de rester concentré sur moi. C'est à vous de dire si c’est des exploits ou pas. Je reste concentré sur ce que je peux maîtriser.

 

Bravo pour ce match. Ton papa me disait que, petit, tu n'arrêtais pas de taper contre la porte de la cave, tu regardais les vidéos, c'est là que tu as réussi à travailler cette main qui te permet de faire plein de choses sur le terrain.

Peut-être bien. J'ai toujours joué contre le mur de mon salon. Cela a énervé mes parents. J’ai fait des tâches sur les murs. C'est en train de payer. Je suis très content, parce que mes parents m'ont donné l'opportunité de jouer au tennis. Aujourd'hui, je suis en huitième de finale, c'est aussi grâce à eux. Il y a forcément beaucoup d'émotions derrière cela.

 

Quid du public, on sait qu'à cause des mesures sanitaires, il ne peut pas y avoir énormément de personnes. Cela t’a poussé et cela t’a aidé à chercher la victoire ?

J'étais étonné du monde qu'il y avait. Il y avait beaucoup de bruit, c'est grâce à eux que j'ai gagné. Ils m'ont poussé et ont toujours été derrière moi, c'est un soutien supplémentaire. C'est top de jouer ici. Il y a le public qui t’encourage derrière. C'est une ambiance de folie. Je suis content.

 

Quand il y a un grand exploit français, notamment dans les jeunes joueurs, le tour d'après est très difficile. Par nature, il le sera avec Thiem. Physiquement tu sens que tu as encore des choses à donner ? Aujourd'hui, ce n'était (inaudible).

Forcément, avec l'adrénaline, je me sens fatigué, je ne vais pas vous mentir. Je me sens bien, j'ai encore de l'essence. Je vais tout donner. D'abord, je vais récupérer et profiter parce que c'est très important. C'est super ce qu'il se passe pour le moment. Demain, je me concentrerai sur le match contre Dominic. Je vais essayer de tout donner pour ne pas avoir de regret à la fin du match.

 

On parlait de ton souvenir de Roland-Garros à la télé. La première fois que tu es venu, c'était dans quelles circonstances ?

C'était pour des stages avec la Fédération ou quoi. Avant les championnats de France, les jeunes se jouaient à Roland-Garros. J'ai vu l'évolution du stade. Puis c'est parti comme ça. J'ai toujours joué sur ces terrains. Pour moi, c'était un rêve. Pour l'instant, c'est en train de se réaliser. Cela devient des objectifs pour moi, j'espère aller très loin. Je suis super content de ce qu'il se passe.

 

Je crois que tu avais battu Londero et (inaudible) en qualif à Bercy. C'était ta plus belle victoire. Le fait de battre Nishioka, 50 quasiment, cela a été une vraie bascule pour que tu te dises que ce haut niveau est accessible, y compris sur des formats longs ? Au-delà de la victoire de ce soir, est-ce la victoire contre Nishioka qui t’a fait basculer dans un autre état d'esprit ?

Oui, cela me prouve que j'ai le niveau pour jouer de tels joueurs. Contre Nishioka, j'ai fait un beau match. Mais celui d'aujourd'hui est encore mieux. Je m'en suis servi. J'étais très concentré du début à la fin, je suis content sur ce niveau-là. C'est sûr que contre Nishioka, cela m'a vraiment aidé. À ce niveau, je n'ai pas forcément d'expérience. Je me sers des petits matchs que j'ai eus pour essayer de faire le mieux possible.

Publié le par Alexandre HERCHEUX

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