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Jacquemot, battue par Sabalenka : “Je n’ai pas été impressionnée”

Roland-Garros
Mis à jour le par Alexandre HERCHEUX

Ce jeudi à Roland-Garros, Elsa Jacquemot a quitté le tournoi au deuxième tour, battue 7-5, 6-2 par Aryna Sabalenka, n°1 mondiale, sur le court Philippe-Chatrier. La Française, 67e mondiale, a pourtant longtemps regardé la Bélarusse “dans les yeux”, notamment dans un premier set très accroché, avant de voir la puissance et l’expérience de Sabalenka faire la différence dans les moments importants. En conférence de presse, Jacquemot a livré une analyse lucide et combative. Déçue de ne pas avoir pu faire mieux, elle a refusé de se voir perdante avant d’entrer sur le court, assurant qu’elle croyait vraiment en ses chances. La Lyonnaise retient surtout le positif : elle n’a “pas été impressionnée”, a “tout donné” et se sent “sur le bon chemin”.

Elsa Jacquemot, battue par Aryna Sabalenka à Roland-Garros

 

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"Globalement, je n’ai pas été impressionnée. Je suis fière de moi"

Ok Elsa, est-ce que tu peux nous parler de ce qui s’est passé aujourd’hui sur le court ?

Déjà, c’est vrai qu’il faut dire que je parle direct après le match. Ce n’est jamais évident de parler à chaud. Globalement, je trouve que c’est plein d’expérience pour moi. C’est vrai que je jouais Sabalenka, numéro 1 mondiale. Je ne partais pas perdante parce que je croyais vraiment que j’avais mes chances sur ce match. C’était vraiment un match très serré, ça se joue à rien, je me suis battue du premier au dernier point. Le deuxième, le score est dur, mais finalement les jeux, quand même, sont serrés à chaque fois. Il y a des 40A, des avantages, donc ça ne joue pas à grand-chose.

Globalement, je n’ai pas été impressionnée. Je suis fière de moi. Je suis rentrée sur le court, j’ai essayé de tout donner. Forcément, il y a des choses que je dois améliorer physiquement. Mentalement, j’ai une bonne attitude, je me suis battue. Elle a peut-être forcément plus d’expérience, elle a mieux tenu les moments importants. Moi, sur les moments importants, peut-être que j’étais un peu moins présente. Mais ça ne joue vraiment pas à grand-chose, c’est le tennis. Donc je dirais globalement que j’ai fait un très beau match. Forcément, je voulais faire mieux, je voulais gagner ce match. Donc c’est frustrant de parler comme ça après la défaite, c’est dur. Mais il y a des choses positives et je vais revenir encore plus forte. Je retourne au boulot et je vais bosser ce que je dois améliorer. Mais en tout cas, je pense être sur le bon chemin.

 

"Contente d’avoir fait ce match, de ne pas avoir eu peur d’entrer sur le court"

Journaliste : Bonsoir Elsa, on a vu que tu l’as jouée les yeux dans les yeux. Mais dans le deuxième set, tu as parlé de ces points qui n’ont pas tourné en ta faveur. Est-ce que tu as aussi peut-être subi plus la lourdeur d’un match comme ça ? 

Des fois, c’est dur de passer à autre chose. On a quelques secondes pour passer à autre chose, passer au prochain point, et peut-être que le deuxième set est arrivé. Et du coup, j’étais un peu sur le regret du premier set. Du coup, elle en a mis un peu plus parce que moi, j’en mettais un peu moins. Donc ça fait une différence. Et encore, je dis ça, mais les jeux ont été serrés. Donc non, je suis contente d’avoir fait ce match. Comme tu dis, je l’ai regardée dans les yeux, je n’ai pas eu peur. Je suis contente parce que c’est ce que je dis, je fais ce sport aussi pour avoir des émotions comme ça. C’est juste dingue, il y a le public, il était juste incroyable. Donc je suis contente et j’espère que j’en aurai plein d’autres, des matchs comme ça. Où, bien évidemment, je gagne.

 

Journaliste : Est-ce que mentalement, c’est difficile ce genre de match ? Parce que c’est le genre de fille qui ne laisse quasiment aucune ouverture pendant un match. Il faut être à 100 % tout le temps, il faut que tu sois dessus. C’est un effort supplémentaire par rapport au reste des matchs que tu peux vivre dans l’année, par exemple ?

Oui, forcément. C’est la numéro 1 mondiale, donc c’est quelqu’un qui a gagné Grand Chelem, ce n’est quand même pas n’importe qui, c’est Sabalenka. Même si je respecte toutes les joueuses sur le circuit, c’est vrai que je ne joue pas tous les jours une numéro 1 mondiale. Donc vraiment, contente d’avoir fait ce match, de ne pas avoir eu peur d’entrer sur le court, parce que c’est vrai que ce n’est pas non plus évident. On est à la maison, on est en France, mais ce n’est pas évident de se dire que tu joues la numéro 1 mondiale au second tour. Tu respectes beaucoup cette joueuse, et finalement, j’ai fait mon match, je suis rentrée dedans. Donc non, c’est sympa.

 

"Je ne me sens pas jugée, je me sens juste poussée"

Tu n’as pas non plus été impressionnée par le court central. En plus, tu étais en dernière rotation avant la session de nuit. Comment tu as vécu aussi ce court, qui souvent peut un peu inhiber tellement il est grand ? Le public, tu sais jouer avec, mais rien que les dimensions aussi, ça peut un peu déstabiliser.

Non, moi, j’adore. Moi, je suis ce sport depuis que je suis toute petite, depuis que j’ai 4-5 ans. Je fais le tennis pour vivre ça. Moi, ce que je veux, si on me demande : “Elsa, tu préfères jouer sur des petits courts ou des grands courts ? Tu préfères jouer quelqu’un qui n’est pas classé ou la numéro 1 mondiale ?” Je n’ai pas peur. Parce que c’est vrai qu’on peut se dire : tu rentres sur le court central, tu peux être jugée, il y a ce monde qui te regarde, est-ce que je me prends deux bulles ? Tu ne sais jamais à quoi t’attendre. Et moi, c’est ce que j’aime, parce que finalement, c’est ce stress, cette adrénaline où tu te dis : tu ne sais pas à quoi t’attendre, mais tu as tout donné, tu t’es battue. Et je l’ai fait.

C’est vrai que je peux avoir des regrets sur quelques points et tout, mais je pense que le but, ce n’est pas d’avoir des regrets. C’est de se dire : “Ok, qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que je dois améliorer ?” Est-ce que tu as eu des opportunités ? Oui. Est-ce que tu vois que le niveau, tu peux l’avoir ? Oui, je peux l’avoir. Donc je suis sur le bon chemin et c’est excitant, parce que c’est pour ça que je joue au tennis, c’est pour faire ces gros matchs-là. Et je suis contente.

 

C’est toujours difficile de dire de quoi demain sera fait, mais tu arrives sur ce Roland-Garros avec un nouveau coach. Tu passes un tour, un premier tour solide, tu fais un bon match face à la numéro 1 mondiale. On dirait qu’il y a quand même de bonnes bases pour bien rebondir, cette fois.

Oui, forcément. Après, c’est vrai que j’ai eu pas mal de défaites au début d’année, mais je le redis, en jouant des gros tournois. Les filles que je joue vraiment bien d’entrée de jeu, d’entrée de tournoi, ça joue quand même vraiment bien. Ce sont des filles qui ont toutes des expériences. Donc même si j’ai eu quelques défaites, même si là je passe un tour, j’ai perdu contre la numéro 1, ça a été accroché. Je me dis que c’est mon parcours.

Ce n’est pas parce que je perds des matchs qu’il faut que je me remette en question. Ce n’est pas parce que je gagne des matchs que je me dis [passage incertain]. Ce que je vois, c’est comment je bosse en dehors de mes tournois. Et je pense que je suis sur le bon chemin parce que je bosse vraiment dur. Donc j’espère, et je suis sûre, que ça paiera un jour.

 

Journaliste : Elsa, quand tu sors d’un match comme ça, où tu peux te jauger face à une fille qui a déjà beaucoup gagné dans sa carrière, tu te dis quoi ? Est-ce que c’est un match qui peut t’aider à voir le reste du chemin, la direction à prendre ?

Si je suis honnête avec vous, comme je n’ai jamais joué une numéro 1 mondiale, avant de rentrer sur le court, tu ne sais pas forcément à quoi t’attendre. Tu te dis : “Ok, ça se trouve, elle est puissante. Ça se trouve que j’ai peut-être moins de puissance qu’elle.” Je ne sais pas, je ne sais pas à quoi m’attendre. Finalement, je suis sur le court, je me dis : “Moi, c’est ce que je kiffe, j’adore.” Je ne me sens pas jugée, je me sens juste poussée. Si les gens veulent me juger, ils me jugent, mais moi je suis là pour faire mon truc, je suis là pour faire mon combat de boxe, comme je le dis à chaque fois. Donc non, c’est cool de jouer la numéro 1, parce que du coup, je vois que j’ai le niveau. Je vois qu’elle ne me fait pas peur, je vois que c’est accroché. Je vois que je peux même m’améliorer sur des domaines comme physiquement, comme mentalement, je peux toujours m’améliorer, et même tennistiquement. Après oui, ça ne joue pas à grand-chose, mais je pense qu’on peut toujours améliorer un peu tout. Donc c’est sympa de voir que je peux accrocher des joueuses comme ça.

Publié le par Alexandre HERCHEUX

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