Jannik Sinner : "Je ne me souviens pas d'avoir été aussi faible"
Roland-GarrosRoland-Garros a pris une drôle de tournure. Tout semblait se dérouler comme prévu pour Jannik Sinner ce jeudi 28 mai. Opposé à Juan Manuel Cerundolo au deuxième tour, l’Italien semblait pourtant filer vers une victoire tranquille en menant 6-3, 6-2, 5-1. Mais le numéro 1 mondial a ensuite semblé à court d’énergie. S’en est suivi un invraisemblable retournement de situation : l’Argentin a progressivement réduit l’écart, avant de recoller puis de renverser Jannik Sinner 3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1 pour rejoindre le troisième tour. En conférence de presse, il est revenu plus en détail sur cette défaite.
Jannik Sinner après sa défaite dès le deuxième tour de Roland-Garros
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"Je me suis pris le mur"
Pas de chance Jannik, aujourd’hui. Tu peux me dire ce qu'il s'est passé ? Est-ce que tu as pu parler à l'équipe médicale ici ?
Oui. Je ne me sentais pas très bien sur le court. Ce sont des choses qui arrivent et pendant le troisième set, j'étais bien placé mais j'ai eu des difficultés. Félicitations à lui parce qu'il le mérite. Son match a été solide et c'est comme cela, c'est le sport.
Cela a été vraiment difficile. Peux-tu nous dire ce que tu as ressenti sur cette balle où il y avait 5-1 ?
J'ai eu des difficultés. Je me sentais mal, la tête tournait, il me manquait de l'énergie. J'ai essayé de servir pour gagner, mais je n'avais pas beaucoup d'énergie et le quatrième set, je l'ai laissé passer, je me suis dit : « je vais regagner de l'énergie dans le cinquième ». Le premier jeu était très bon, je n'ai pas réussi à tenir et c'est là où tout a commencé à baisser. Je me suis réveillé ce matin, je ne me sentais déjà pas très bien et j'ai essayé toujours de raccourcir les échanges. Au début cela marchait bien, les coups sortaient bien et puis, tout d'un coup, paf ! je me suis pris le mur et voilà.
Tu as dit que tu ne te sentais pas très bien déjà au réveil, mais dans le match, quand est-ce que tu as senti que les choses seraient difficiles ?
Au milieu du troisième set. Je jouais bien jusque-là, mais je ne trouvais pas mon énergie. C'était difficile pour moi aujourd'hui. Mais c'est comme ça qu'est le sport. Il faisait chaud mais pas tant que cela, en fait. Les conditions étaient bonnes pour pouvoir jouer. Je n'ai donc rien à dire concernant ni la chaleur, ni la météo en général. C'était moi et aujourd'hui c'est comme cela que cela s'est passé.
"J'ai besoin de prendre du temps pour me remettre complètement"
Physiquement, tu ne te sentais pas bien ce matin ou même des jours avant ? Est-ce que c'est cela la raison principale, ce qui a causé le fait que tu n'avais pas beaucoup d'énergie ?
Difficile à dire. De façon générale, il y a plusieurs éléments, ce n'est pas un seul élément qui compte. Je suis arrivé ici, le premier match était bien, solide, mais quand on revient ensuite, le jour d'après, on n'a toujours pas beaucoup de temps, même si j'ai terminé tard mais pas très, très tard non plus et ce matin, je l'ai ressenti ; je n'avais pas très bien dormi.
Ce matin, au réveil j'ai eu quelques petites difficultés mais ce sont des choses qui arrivent. Dans un Grand Chelem, il y a des jours où on ne se sent pas au meilleur de sa forme. C'était le cas pour moi aujourd'hui. Ce sont des choses qui arrivent.
Peut-on comparer selon toi et comment, aujourd'hui et d'autres moments où tu as eu des difficultés sur le court, par exemple à Shanghai ou en Australie en janvier ? Est-ce que cela y ressemble ? Les conditions étaient difficiles aujourd’hui. Je sais que tu as dit que pour toi, il n’y avait rien de dingue côté météo.
A Shanghai, c’était très dur, il y avait beaucoup d'humidité. En Australie aussi, il faisait très chaud, je me souviens. C'est différent quand les cours sont en dur. La chaleur vient par le dessous du court aussi. Ici, il faisait chaud mais aujourd’hui, mais cela allait. Je n'étais pas en train de mourir à cause de la chaleur. Je pense qu'aujourd'hui, c'était le scénario qui était complètement différent. Ce sont des choses qui arrivent. C'est difficile bien sûr à avaler et étant donné ma position, toutes choses étant égales par ailleurs, mais j'ai beaucoup de temps, mais là je vais avoir beaucoup de temps pour récupérer et je n’ai pas d’autres tournois avant la saison sur gazon. J'ai besoin de prendre du temps pour me remettre complètement. Et aussi du côté mental et à partir de là, je pourrai être prêt pour Wimbledon.
Pas de chance aujourd'hui. Comme tu l'as dit, étant donné ta position, tes résultats, ta performance sont très bons. C'est difficile de sortir du court comme cela, mais que dirais-tu de ce résultat, comment vas-tu y réfléchir et aussi le fait qu'il y a un manque de chance parce que cela arrive dans un Grand Chelem ?
Je regarde toujours ce qu’il y a de positif. Si l’on regarde l’ensemble de mes résultats sur terre, j'ai bien joué ici en gagnant trois tournois sur cette surface, la terre. Et à l'entame du tournoi, j'ai vu mon niveau de tennis. Je joue bien, mes frappes sont bonnes, je me déplace bien. C'est juste aujourd’hui un jour bien différent qui n'aurait pas dû arriver mais, l'un dans l'autre, je dirais que j’ai eu ce problème aujourd’hui. Ce sont des choses qui arrivent. Il me faut du temps pour moi pour réétudier tout cela, voir ce qui s'est mal passé. Et puis aussi, voir les choses positives, c'est-à-dire que je peux m'entraîner pendant plusieurs semaines avant Wimbledon parce qu’il y a encore des tournois qui arrivent, Montréal, Toronto peut-être. Je ne sais plus lequel c’est cette année... Montréal, je crois, puis Cincinnati et l'US Open. Il y a encore beaucoup de matches à jouer.
"Je n'avais plus d'énergie"
Est-ce que tu as pensé abandonné à un moment pendant le match ? Quand il y avait 5-1, à partir du troisième jusqu'à la fin, qu'est-ce que tu as pensé : est-ce que je sors du terrain ou pas et si ce n'est pas le cas, quels sont les coups que je dois sortir pour gagner ?
Le quatrième set, je l’ai laissé passer, comme je l’ai dit, pour me reprendre physiquement. Puis, le cinquième set, tout peut arriver dans un cinquième set, cela a été dur, c'est vrai. Ce n'était pas mon jour dans le quatrième et puis même le cinquième aussi ; je n'avais plus d'énergie, tout était très mou, il n'y avait rien qui sortait et mon corps en entier. Je ne me souviens pas la dernière où j’ai été aussi faible. C'est comme cela.
J'ai essayé de rester dans le match avec tout ce que je pouvais utiliser aujourd'hui, j'ai donné d'ailleurs mon maximum. Bien sûr, c'est dommage, parce que les premiers sets je les ai bien joués, même le troisième ; je trouve que je jouais bien et c'est comme ça, c'est le sport.
As-tu des regrets parce que tu as beaucoup joué avant le tournoi ? Peut-être que si tu n’avais pas joué l'un ou l'autre de ces événements, peut-être que tu aurais eu plus d'énergie ici ?
On ne sait jamais, en fait. Si je ne joue pas à Madrid ou Rome, je serais arrivé là et cette journée aurait quand même pu m'arriver, parce que je me sentais malade. C'est toujours difficile de regarder dans le rétroviseur, parce que j'ai gagné trois tournois sur cette surface, la terre, et les résultats étaient fabuleux, incroyables, série de matchs gagnants. Comme je l'ai dit, début d'année, c'est mon but principal Roland-Garros et je sors rapidement. Ce n'est évidemment pas ce que je cherchais pour moi, mais je ne sais pas si cela aurait changé la donne, si j'avais sauté Madrid, si j'avais joué Rome ou le contraire, j'avais sauté Rome et j'étais venu directement ici. Je ne sais pas.
Publié le par Jeremy MARTIN