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Learner Tien : "J'ai un jeu qui convient bien à la terre battue"

Roland-Garros
Mis à jour le par Sebastien CLAUDE

Pour son deuxième Roland-Garros, Learner Tien a décroché sa première victoire Porte d'Auteuil. Opposé à Cristian Garin ce mardi 26 mai, l'Américain s'est imposé en quatre sets 6-0, 2-6, 6-0, 6-2. Avant d'être opposé à Facundo Diaz Acosta au deuxième tour, Learner Tien s'est présenté en conférence de presse pour revenir, notamment, sur son affinité avec la terre battue, avant de s'arrêter sur l'importance du passage par l'université dans son développement, un parcours qui se démocratise grandement ces dernières années. 

Leanrner Tien avant son premier tour

 

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"Le soutien de Michael Chang a été précieux"

Félicitations pour cette victoire aujourd'hui. Après avoir remporté ton titre, j'ai entendu que tu as parlé de Michael lorsque tu as fait ton speech de cérémonie de remise des prix et tu as dit que Michael voulait que tu gagnes encore plus que lui. Je ne sais pas exactement ce que tu as dit, mais tu as parlé de lui. Donc, pour toi, à quel point est-ce important d'avoir autant d'énergie, de soutien, de passion d'un coach comme celui-ci ?

C'est très important. Ce que je disais à la cérémonie de remise des prix, au début de la saison de terre battue, il y avait de longues journées et lui était plus motivé que moi-même à certains moments. Son soutien a été précieux. Il a toujours fait preuve de soutien à mon égard. C'est la raison pour laquelle je me suis amélioré.

 

Et quand ça arrive et que tu es passé par ces moments difficiles, comment as-tu passé le cap ? Est-ce qu'il a réussi à déjouer les choses par des conversations ?

Oui, il a déréglé les choses. Il y avait des matches où j'accusais des défaites cuisantes mais, lui, s'est montré patient. Il m'a aidé à faire des réglages dans mon jeu là où c'était vraiment crucial.

 

Il y a de plus en plus de joueurs qui vont à l'université, est-ce que tu penses que ça va devenir monnaie courante et est-ce que ça t'a aidé pour ta carrière ?

Je ne dirais pas qu'il n'y a qu'une voie à suivre. C'est une option précieuse pour ceux qui sont prêts à franchir l'étape suivante, aussi bien physiquement que mentalement, s'ils ne sont pas assez mûrs pour jouer sur circuit en pro tout de suite. Moi, j'ai trouvé ça effrayant d'aller jouer sur circuit professionnel. Je pensais que je pourrais réussir, mais c'était impressionnant pour moi encore de parcourir le monde et de jouer au tennis comme cela, d'un coup.

C'est donc une très bonne transition pour ceux qui en ont besoin ; certains n'en ont pas besoin, n'ont pas besoin de passer par cette phase intermédiaire, mais je pense que pour certains, ça leur permet d'avoir du temps supplémentaire pour se développer, pour mûrir. En tout cas, cela ne peut pas faire de mal. Donc c'est une option qui est plutôt bénéfique.

 

"Les Etats-Unis ont une cohorte de jeunes extraordinaires"

L'autre jour, sur une des chaînes, McEnroe a dit que tu étais l'Américain qui avait l'étoffe d'un champion sur terre battue et que tu étais le plus armé pour aller le plus loin possible. Est-ce que tu as une réaction à ce sujet ? Est-ce que tu as le sentiment que ton jeu convient tout à fait à la terre battue ?

Je ne dirais jamais que je décoche les meilleures frappes, non. Les États-Unis ont une cohorte de jeunes joueurs extraordinaires et les résultats vont dans la bonne direction. On le voit avec tous ces Américains sur terre battue. Personnellement, j'ai un jeu qui convient bien à la surface de la terre battue. Je n'ai pas grandi en jouant sur terre battue, mais je l'ai fait, parce que j'engrange de l'expérience et je pense que je peux avoir du succès. Pour beaucoup d'Américains, c'est aussi le cas. Mais peu ont été encore beaucoup exposés à cette surface et plus on engrange de matchs sur terre battue et plus cela nous aidera.

 

Peux-tu dire ce qui, dans ton jeu, te permet d'avoir cette pensée-là ? En quoi est-ce que cela clique bien avec la terre battue ?

Je pense que je construis bien mes points et cela convient bien à cette surface et je m'améliore. La patience, la tolérance, c'est par rapport aux frappes pour construire ces points. Parfois, il faut de longs échanges pour construire ces points, pour avoir une bonne stratégie et je le vois avec le temps, l'expérience. C'est comme ça que l'on engrange du succès.

 

Pour rebondir sur le fait de construire ces points, qu'as-tu appris au sujet de la construction des points ? Comment déclencher le coup gagnant ou comment choisir ou quand choisir de décocher une amortie ?

Les choses vont de mieux en mieux par rapport à l'année dernière. La sélection des coups change en fonction de la surface ; bien sûr, il y a plus d'options, plus de facteurs à prendre en compte. Il y a l'aspect de mouvement, il y a l'aspect de la surface et c'est ça qui fait que l'on sait quel coup gagnant décocher. Certaines frappes, je peux y être habitué sur le dur, par exemple, et je vais varier en fonction de la surface. Mais je sais mieux choisir dans mon arsenal la balle qu'il faut.

 

Cela peut être en haut et en bas. On a l'impression que, en fait, c'est un petit peu un match à sens unique, il n'y avait pas vraiment de montagnes russes ?

Oui. Bien sûr c'est différent ; lorsqu'on joue quatre tie-breaks, c'est différent que lorsqu’on joue en moins de deux heures. Mais ces matchs marathons, en dents de scie, cela peut être difficile des deux côtés, et le but c'est d'essayer de rester concentré coûte que coûte, parce qu'on ne sait jamais, la bascule peut arriver à tout moment d'un côté ou de l'autre, et je pense que la concentration est la clé du succès.

 

Est-ce que les conditions ont joué un rôle, parce que quand on a quand même ce type de score en dents de scie et le fait qu'il fasse chaud par exemple, est-ce que cela t'a affecté ? Est-ce que les joueurs inconsciemment peuvent laisser certains sets leur glisser entre les doigts ?

 Je n'ai pas beaucoup vu les scores des autres, mais la chaleur indéniablement joue un rôle. J'imagine que ce n'est pas forcément facile de jouer 4 heures et demie un match en cinq sets. On peut avoir une bonne entame de match, et puis d'autres peuvent dire « Ok, ce n'est pas grave si je perds un set et si je récupère après ». Je ne sais pas à 100 %, je ne saurais dire.


Tu me corriges si j'ai tort mais quand tu étais sur le circuit Juniors, il y a quelque temps, tu parlais de motivation et tu n'étais pas sûr de ton engagement, et peut-être c'était quand tu étais encore jeune, j'imagine que cette phase est derrière toi maintenant. Maintenant que tu as clos ce chapitre, à quel point cela t'aide aujourd'hui d'avoir tout ça derrière toi et de savoir où tu en es, où tu vas ? Est-ce que tu te rappelles de ces sentiments qui te taraudaient à l'époque ?

C'était il y a longtemps. Maintenant, j'adore ce que je fais, vous savez ; je savoure chaque instant. C'est ma profession et j'ai la chance d'être là où j'en suis, de voyager dans le monde, de jouer au tennis. Je suis ravi d'être là où je suis, je n'échangerais cette place pour rien au monde.

 

C'était peut-être bien aussi d'avoir ces tergiversations à ce moment-là, il y a longtemps, et maintenant tu ne te poses plus de questions peut-être ? C'est peut-être une bonne chose ?

Je ne sais pas parce qu'il y a d'autres joueurs qui ont toujours aimé le tennis dès la plus tendre enfance. C'est différent d'un cas à l'autre. Pour moi, ce n'était pas comme ça. Je ne dirais pas que c'est le cas pour tout le monde. A un moment, on tombe amoureux de ce sport. Alors, est-ce que c'était positif ou négatif pour moi ? Je ne pourrais pas vous dire en fait.


Publié le par Sebastien CLAUDE

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