Loïs Boisson : "Je peux aller au bout, comme je peux perdre..."
Roland-GarrosC’est la Française la plus attendue. Loïs Boisson retrouve Roland-Garros pour l’édition 2026 après son parcours exceptionnel l’an passé. Demi-finaliste, elle avait notamment battu deux joueuses du top 10, Jessica Pegula et Mirra Andreeva. Cette année, la joueuse de 23 ans arrive toutefois sans grande confiance, avec une seule victoire au compteur et une longue absence à cause d'une blessure. En conférence de presse lors du media day, elle est notamment revenue sur sa saison 2025 et sur la manière dont elle aborde cette nouvelle édition.
Loïs Boisson avant de débuter Roland-Garros 2026
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"Depuis peu, je suis enfin à 100 %"
Comment sont tes préparations pour Roland‑Garros cette année ?
Bien, contente d'être ici, contente que le tournoi commence bientôt, dans un bon état d'esprit, en bonne forme. Juste impatiente de jouer mon match.
Je voulais savoir ce qui t'a permis de tenir durant cette période où tu étais éloigné de la compétition ? Ton entourage, tes amis, quelque chose qui t'a permis de tenir ?
C'est une bonne question. Déjà, je pense juste la passion pour le jeu, pour le tennis. Comme tu dis, les personnes autour de moi, mon entourage, ma famille. C'est à peu près tout. La passion aussi, et le fait de vouloir juste retourner sur les courts.
Physiquement, comment tu vas ? Et comment le match contre Mboko t'a permis de prendre un peu de confiance, j'imagine, par rapport à ta reprise ?
Physiquement, cela va bien. Depuis peu, je suis enfin à 100 %. Déjà, hyper contente de cela, d'arriver ici, dans ces conditions. Le match contre Mboko, mes deux matchs m'ont permis de refaire un peu plus de matchs, de retrouver un peu plus le rythme sur le court. Juste contente d'avoir pu faire ces matchs pour engranger un peu de confiance dans mon jeu, dans mon rythme, dans ma façon de jouer. Il n'y a qu'en match que cela peut se faire. Contente de les avoir joués, oui.
"Parfois, on n'a pas le choix de ne pas être dans notre bulle"
L'an passé, vous nous aviez expliqué avoir passé le tournoi dans une bulle, pour éviter la pression médiatique. Un an après, est‑ce que cette bulle a fini par éclater ? Est‑ce que sur l'année écoulée, vous avez eu des moments où vous avez pu mal vivre cette exposition dans les moments un peu difficiles, dans les défaites ? Est‑ce que cela a fini par se retourner contre vous ?
Par rapport au fait de se mettre un peu dans une bulle sur les tournois, c'est toujours le cas pour moi, encore plus dans les gros tournois, où l'on sait qu'il peut y avoir plein de choses autour. Moi, c'est toujours le même état d'esprit. J'essaie d'en faire le moins possible, de me concentrer sur moi, sur mon tennis.
Après, non, forcément, sur l'année, il s'est passé pas mal de choses. Parfois, on n'a pas le choix de ne pas être dans notre bulle parce qu'on est assez exposé. Dès que j'arrive en tournoi, encore plus sur les gros tournois, le but, c'est de se concentrer le plus possible sur le tennis.
Est‑ce que vous sentez l'engouement autour de vous ? Depuis l'année dernière, vous êtes suivie des médias, du grand public. Est‑ce que depuis que vous êtes arrivée à Roland‑Garros, le public vous a hélée, interpellée ? Vous sentez cette ferveur autour de Loïs Boisson ?
Oui, forcément. Je sens beaucoup, comme vous dites, de l'engouement autour, le public. J'ai pu me rendre compte à Strasbourg, c'était la première fois, si je ne me trompe pas, que je rejouais en France depuis Roland l'année dernière. J'ai senti que le public qui était là, qui était pour moi, me supporter. C'est quelque chose dont je suis vraiment contente, parce que cela me fait du bien. C'est des ambiances où je sais que je peux élever encore plus mon niveau de jeu. Je suis vraiment contente de cela, oui.
Contre Kalinskaya, vous allez retrouver une position d'outsider, ou d'outsideuse, je ne sais pas comment dire. Sur le plan mental, c'est sans doute plus confortable ?
Cela dépend. J'ai toujours dit aussi, l'adversaire, chacun a son classement, a un chiffre à côté du nom, mais cela ne veut pas toujours dire grand‑chose. Forcément, oui, sur le papier, c'est comme cela. Après, cela dépend tellement du jour, de l'adversaire, comment on est ce jour‑là. Je trouve que c'est assez vite résumé, quand on parle de classement comme cela. Mais oui, sur le papier, c'est le cas, oui.
"J'ai très vite eu de très bonnes sensations sur le court"
Un petit mot sur le retour de Florian à tes côtés. Sur la semaine écoulée, sur quoi vous avez travaillé, et en quoi tu vois que toi, ça te sert vraiment d'avoir quelqu'un qui te connaît par cœur pour préparer cette semaine à Roland‑Garros ?
Oui, comme j'ai pu l'expliquer, j'avais besoin de personnes qui me connaissaient vraiment, qui me connaissaient aussi d'avant, autour de moi. C'était le cas pour tout le reste de l'équipe. Sur l'aspect tennis, c'était plus le cas. C'était vraiment une période où déjà, j'avais perdu quand même pas mal de rythme, de repères sur le court, le fait de ne pas avoir joué pendant de long mois. Je sentais que j'avais besoin de reprendre les bases, de retourner sur des choses que je connaissais aussi d'avant. Cela m'a fait du bien. Honnêtement, cela me fait beaucoup de bien. Je pense que c'était un très bon choix, et on verra comment se passe la suite.
Comment tu qualifierais tout simplement l'année que tu viens de passer, entre la demi‑finale à Roland, le titre que tu as eu dans la foulée, et ces sept mois loin du court ?
Elle a très bien commencé. Forcément, je revenais déjà de blessure. Au final, c'était allé assez vite. J'ai très vite eu de très bonnes sensations sur le court. J'ai pu pas mal enchaîner. Après, en fin d'année, au final, c'était en décembre, la saison s'est bien passée, mais le début de l'année 2026 ne s'est pas bien passé, une nouvelle blessure, qui m'a éloigné des courts. Donc assez difficile, honnêtement, ce début d'année.
Aujourd'hui, je suis là, je suis en forme. Je sais que je manque de rythme, je sais que je manque de matchs, mais je sais aussi que maintenant, j'ai tout pour les enchaîner, donc c'est juste une question de temps.
Est‑ce que tu as eu peur de ne jamais pouvoir reprendre, en tout cas dans un délai suffisant pour être là aujourd'hui, et comment tu as vécu le doute qu'il y avait par rapport au diagnostic, par rapport visiblement aux erreurs de diagnostic, au préjudice éventuellement moral, sportif, financier ? Il n'y avait pas que la douleur physique, il y avait tout ce que cela engendrait aussi. Comment tu as vécu cela ?
Cette blessure a été différente de toutes celles que j'ai pu avoir, au vu du fait que je ne savais pas. Il n'y avait pas de délai, il n'y avait pas… Il y a eu quelques erreurs, et il y a eu aussi le fait que cette blessure, ce ne soit pas une blessure où l'on sait vraiment, il n'y a pas de délai hyper précis.
C'est cela qui était assez dur, mentalement. C'est le fait de ne pas savoir, le fait d'être un peu dans l'inconnu, tous les jours, toutes les semaines, tous les mois qui sont passés.
Oui, c'était assez dur. Après, non, j'avais quand même au fond de moi, sur certains moments, j'ai pensé que cela allait être compliqué pendant des mois, peut‑être des années. Mais c'est passé assez vite et au fond de moi, je savais que de toute façon, tout se soigne, tout finit par passer à un moment donné. J'espérais juste que cela arrive le plus vite possible.
"Je préfère me concentrer sur mon tennis, sur ce que j'ai à faire"
On aime bien parler de la magie de Roland. Je pense que les gens se disent : Roland, c'est tellement magique que Loïs, elle va forcément, sur l'inspiration, nous refaire le coup de l'an dernier. Ce n'est pas du tout du réalisme. Toi, tu es quelqu'un de très pragmatique. Est‑ce que tu as envie de te laisser embarquer dans ce truc, ou est‑ce que tu as envie que les gens comprennent que là, il faudrait vraiment que la magie soit très importante ? Dans quel état d'esprit tu es par rapport aux attentes, qui ne sont pas forcément en accord avec ta situation du moment ?
L'an dernier, je le disais aussi, c'était assez exceptionnel, c'est vrai. Au fond de moi, je savais aussi que j'en étais capable, je ne l'avais jamais fait, donc c'était exceptionnel parce que ce n'était jamais arrivé, les gens ne pouvaient pas y croire. Mais moi et mon équipe, on savait que potentiellement, cela pouvait être possible.
Cette année, forcément, les conditions sont différentes. Comme je dis, chaque année, je pense que les conditions seront différentes parce que chaque année est différente, et on n'arrive jamais réellement chaque semaine dans les mêmes conditions.
Mais je reste dans le même état d'esprit que tout est possible, je peux aller au bout, comme je peux perdre au premier tour. On ne sait pas. Je dirais juste qu'il faut juste laisser voir ce qu'il se passe, et on verra bien.
Juste une petite question sur le Chatrier : est‑ce que tu voudrais y retourner dès le premier tour, ou tu aimerais être sur un court un peu plus petit pour commencer ?
Cela ne dépend pas de moi, ce n'est pas moi qui gère cela. Je laisse les personnes qui le font, le faire. Moi, peu importe le court. Comme je dis, je suis déjà contente d'être là.
Forcément, le Chatrier, je me suis assez bien sentie l'année dernière sur ce court, mais comme sur les autres courts ici, je trouve que tous les courts sont exceptionnels, donc tous les courts me vont.
Je voulais savoir, après votre fabuleux parcours de l'année dernière, est‑ce que vous vous êtes autorisé une petite folie et si oui, laquelle ?
Non, je n'en ai pas le souvenir. Non, après j'ai pas mal enchaîné. Il y avait eu le gazon, il y avait eu le retour sur terre, à Hambourg. Non, il n'y a pas eu un truc de ouf, non.
Certaines joueuses et joueurs ont exprimé leur point de vue concernant la répartition des dotations en Grand Chelem. J'aimerais connaître le vôtre sur cette répartition des dotations en Grand Chelem ? Qu'est‑ce que vous en pensez ?
Je n'ai pas pris part. J'estime que je ne sais pas exactement les chiffres. Il y a plein de trucs, j'ai vu que plein de trucs sortaient sur les médias. Je ne sais pas exactement les chiffres, ce qui est vrai, ce qui est faux. Je n'y prends tout simplement pas part, parce que je n'y connais rien. Je préfère me concentrer sur mon tennis, sur ce que j'ai à faire. Les gens qui doivent s'occuper de cela, s'occuperont de cela. Pour moi, ce n'est pas à moi d'y prendre part.
Publié le par Jeremy MARTIN