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Naomi Osaka : "Une vague de joueurs Français noirs arrive"

Roland-Garros
Mis à jour le par Paul MOUGIN

Naomi Osaka va-t-elle enfin découvrir la deuxième semaine à Roland-Garros ? Depuis sa première participation au Grand Chelem parisien en 2016, la Japonaise n'a jamais fait mieux qu'un troisième tour. Battue d'entrée l'an passé, la 16e joueuse mondiale s'élancera contre Laura Siegemund et pourrait croiser Aryna Sabalenka dès les huitièmes de finale. En conférence de presse, elle a rendu un bel hommage à celui qui dispute le tournoi parisien pour la dernière fois, Gaël Monfils, "une source d'inspiration".

Naomi Osaka avant de débuter Roland-Garros 2026

 

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"Monfils est une source d'inspiration"

Bienvenue à Roland-Garros. Comment était ta préparation ?

Je pense que la préparation était plutôt bonne. J'ai joué de bons matchs à Madrid et à Rome, j'en suis contente. J'espère pouvoir disputer quelques matchs ici aussi.

 

Tu as parlé de Gaël comme étant l’un des plus grands joueurs de tous les temps (GOAT). Est-ce que tu peux parler de lui, le fait que ce soit un joueur noir, qu'il a été aussi longtemps sur le circuit ?

La représentation est importante du côté des femmes. Pour moi, j'ai eu Serena et Venus quand j'étais petite et je leur suis reconnaissante. Pour les hommes, c'est un modèle, mais aussi Jo-Wilfried TSONGA pendant si longtemps. Je pense que c'est important. Il y a quand même une vague de joueurs français noirs qui arrive. C'est une source d'inspiration. Il a inspiré beaucoup de gens, de joueurs sur le circuit. Je ne sais pas, j'aime la manière dont il se comporte, dont il nous représente. C'est un homme cool, j'aime beaucoup parler avec lui. On parle de nos enfants respectifs. C'est chouette d'avoir des points communs.

 

Après l'enthousiasme que tu as suscité quand tu es rentrée et que tu as foulé le court à l'Open d'Australie, as-tu quelque chose de prévu pour ton premier match ? Est-ce que cela te donnequelque chose de plus ? Je pense que cela t’a apporté quelque chose.

Je pense que la mode pour moi, et c’est ce que je dis aux autres, c’est que je ne parle pas beaucoup et je peux donc m’exprimer à travers ma tenue vestimentaire. Je peux porter des couleurs vives, des tissus différents. Je vais certainement faire quelque chose ici. C'est ce qui est amusant. On a beaucoup perdu de cela dans le tennis. Je me rappelle de Serena, de Venus et de leurs tenues. Quand je regarde les photos, je peux vous dire, en regardant leurs tenues respectives, de quelles années il s'agissait. Je pense qu'il y a d'autres personnes de mon âge qui vont peut-être m'identifier ou identifier mes tournois en fonction de ma tenue vestimentaire également. La mode peut avoir ce rôle également.

 

Revenons sur le fait que tu ne parles pas beaucoup, mais que tu peux t'exprimer autrement. Tu ne révèles pas beaucoup d'émotions sur le court. Il est difficile de lire tes émotions sur ton visage, il est impassible. Cela a-t-il toujours été le cas ? Es-tu plus extravertie hors du court, ou en grandissant peut-être as-tu changé et caché tes émotions sur le court ?

Je pense que j'avais un mauvais caractère quand j'étais petite. Mon père m'a appris à me contrôler. Je ne devrais peut-être pas le dire, c’est amusant que vous disiez que mon visage est impassible. Pour moi, il exprime beaucoup d'émotions. C'est un peu un livre ouvert. Moi aussi, vous savez, je profère beaucoup d'injures. Je dis beaucoup de gros mots sur le court, peut-être que vous ne m'entendez pas, je le dis tellement bas et tant mieux parce que je ne veux pas que vous m'entendiez dire ces mots.

 

"Je n'ai jamais eu le sentiment d'être célèbre"

Je voulais parler de la célébrité et de l'idéal de la célébrité. As-tu changé ton approche de la célébrité au fur et à mesure que tu l'as acquise ? Toi qui es si introvertie, es-tu à l'aise avec tout ce que tu as accompli et le fait que tu sois célèbre ?

Honnêtement, je ne sais pas, je n'ai jamais eu le sentiment d'être célèbre. J'ai parcouru le monde entier. Il y avait des personnes qui avaient entendu parler de moi, mais je suis reconnaissante parce que je ne suis pas si connue que cela. Je peux sortir, me promener à l'insu de tous. Il y a des personnes qui ont dit que je les avais inspirées, j'en suis reconnaissante. Mon rêve est de ne pas être connue et célèbre.

 

Quand ton père te parlait quand tu étais petite, disait-il « Tu vas perdre des points si tu n'arrives pas à garder le contrôle de ton caractère. » ?

C'est plutôt le fait de déployer l'énergie là où il ne faut pas. J'aimais bien célébrer quand je gagnais. Je me sentais vraiment triste quand je perdais. Cela m'arrive encore. C'est la raison pour laquelle j'essaie de faire mieux, de ne pas m’exprimer autant,mais il faut plus s'exprimer quand on engrange une victoire et peut-être moins montrer quand on est triste et accuse un échec.

 

Concernant les gros mots, peut-on trouver ton mot de passe pour ton compte Instagram ?

J'ai besoin d'avoir un espace sécurisé, attention.

 

Apparemment tu as beaucoup de followers. Mais sur une question complètement différente, peux-tu nous parler des anchois séchés ?

Je me suis senti très asiatique avec cet encas. Quand vous allez au supermarché asiatique, il y a un poisson sec, j'adore cela, cela me fait penser au Japon. Je mangeais cela avec du riz dans des grands bols. Je rends très souvent sur le court avec cela. Mati est Argentin, il adore ça. Il a pourtant des préférences alimentaires très marquées. Les anchois secs, j'aime beaucoup. Je n'aime pas trop les bananes.

 

"J'ai dû me forcer à être plus extravertie"

(Hors micro.)

Je l’ai regretté tout de suite. C'est bizarre, pour moi, cela me stresse de publier. Il y a quelqu'un qui m'aide. Je n'aime pas trop partager ma vie, surtout depuis que je suis maman. Il y a des inquiétudes quant à ma sécurité personnelle. Je veux aussi avoir un lien avec les autres. Donc, il faut trouver un juste équilibre entre les deux.

 

Parlons de Gaël. Je me rappelle quand tu faisais des vidéos en live sur Instagram avec lui. Avec le recul, c'était un moyen pour toi d'interagir avec les autres joueurs. Peux-tu en reparler, notamment de ton interaction avec Gaël et de faire une comparaison avec aujourd'hui ? Peut-être qu'à l'époque, tu te sentais plus ouverte avec les autres. Est-ce arrivé très tôt dans ta carrière ou es-tu contente d'être plutôt refermée maintenant ?

C'est une question difficile. Maintenant, je connais beaucoup de joueurs. Cela m'a pris des années pour m'ouvrir bien sûr. Je pense qu'il faudrait que je change toute ma personnalité si je devais changer. J'ai dû me forcer à être plus extravertie. C'est arrivé en ayant ma fille. Bien sûr, j'aurais aimé connaître davantage tous les autres joueurs plus vite. Avec le recul, peut-être que j'aurais changé plus vite. Avec Gaël, j'ai eu un dîner hier. Il était là, j'ai invité d'autres joueurs. Je me suis senti extravertie à ce moment, je me sentais bien.

 

(Question en japonais)

Cette année, cela a été difficile de juger. J'avais le sentiment de bien jouer à Madrid, mais j'ai joué contre Sabalenka, j'ai perdu. J'avais le sentiment que j'avais mes chances, c'était le bon message. Puis, à Rome, le court de terre battue était différent. J'ai eu le sentiment que j'avais bien disputé mes deux premiers matchs. Iga a dit non, elle a mis halte à ce parcours. C'était un peu fou. Je pense que cela a tué beaucoup ma confiance. Vous savez, c'est la meilleure terrienne sur le circuit. Le score final était mauvais, mais il y a eu quand même beaucoup de 40A. Beaucoup de gens savent que je peux être une bonne joueuse sur terre battue. J'espère que je vais pouvoir m'améliorer sur les autres surfaces.Tomasz m’a dit que c'était incroyable que je ne sois parvenue qu’au troisième tour ici. J'espère que je pourrai aller plus loin cette année.

 

(Question en japonais)

Oui, pour moi, c'est un peu la même chose. Kei prend sa retraite, Monfils aussi, c'est triste mais je suis tellement reconnaissante pour tout ce qui a été fait pour le sport. Je suis Japonaise, c'est mon idole. Le fait d'avoir pu voir tout ce qu'il a pu accomplir dans ce monde, le tennis japonais n'a pas pu aller aussi loin que lui à cette époque. C'est une source d'inspiration. J'aime être à ses côtés en étant une représentante féminine. J'ai été ravie d'avoir pu le faire. J’étais en mesure de le faire plus vite, de tenir le flambeau, d'être porte-drapeau pendant plus longtemps. Je ne sais pas, je suis reconnaissante de tout ce qu'il a accompli. J'aimerais bien qu'il puisse jouer au tennis encore une fois.

Publié le par Paul MOUGIN

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