Quentin Halys : "Je n'aurais rien à perdre contre Alexander Zverev"
Roland-GarrosQuentin Halys enchaîne à Roland-Garros. Après sa victoire 6-3, 7-6(4), 6-3 face à l'Italien Mattia Bellucci au premier tour, le Bondynois s'est une nouvelle fois imposé en trois sets ce mercredi 27 mai contre son compatriote Ugo Humbert, 6-4, 7-6(4), 7-6(8). Il retrouvera au prochain tour soit Tomas Machac, qu’il avait déjà battu l’an dernier à Paris après l’abandon du Tchèque dans le deuxième set, soit la tête de série n°2 Alexander Zverev. En conférence de presse, le Français a notamment évoqué le potentiel duel face à l’Allemand.
Quentin Halys après sa victoire contre Ugo Humbert à Roland-Garros
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"Même s'il avait fallu jouer un quatrième set, je me sentais bien"
Un match solide de bout en bout, clinique, réaliste, t'as bien servi, t'as tout fait bien ce que tu devais, on a l’impression.
Ce n'était pas forcément le jeu que j'aime produire, mais je savais que si je voulais le gêner, il fallait que je fasse des choses un peu différentes, donc j'ai essayé de jouer très très haut, j'ai essayé de jouer assez doucement et de lui proposer vraiment un jeu de terre battue, parce que je pense qu'en cadence, c'est un des tout meilleurs et il a déjà prouvé par le passé qu'il est capable de battre les tout meilleurs. Donc, il fallait que je propose quelque chose de différent aujourd'hui, et je pense que c'est ce que j'ai réussi à faire. J'ai été très bon dans les moments importants en plus.
Du point de vue physique, dans quel état de fraîcheur tu termines ce match ? C'est 3 sets, ça a quand même duré 3 heures, mais 2 matchs de suite en 3 sets, donc a priori t'es plutôt encore frais dans ce tournoi ?
Oui, je me sentais bien, même s'il avait fallu jouer un quatrième set, je me sentais bien. Aujourd'hui, il y a eu un peu de nervosité sur la fin, mais ce qui fait partie d'un match de Grand Chelem. Aujourd'hui, j'ai trouvé qu'il faisait chaud, mais ce n'était pas non plus… on a eu l'occasion la chance d'avoir un peu d'ombre en plus sur la dernière heure. Non, je me sens bien.
Maintenant, demain commence le tournoi de double. Et plus on va avancer, plus ça va être des matchs difficiles. Mais je suis entraîné pour et je me sens bien.
"Je sens que ce que j'ai fait l'année dernière me sert déjà"
Toi qui es un attaquant, est-ce que les conditions très chaudes, tu les aimes vraiment bien ? Parce qu'en même temps, il y en a qui disent que ça glisse plus. Surtout quand on est grand, on a moins d'appui. Est-ce que toi, c'est des conditions que tu aimes vraiment bien ?
En tout cas, pour mon service, forcément que ça m'aide. Après, c'est des matchs que… On pourrait dire que parfois ça ressemble un peu à l'altitude parce qu'on a l'impression que les joueurs perdent pas mal le contrôle ou c'est difficile, on ne voit pas beaucoup de joueurs retourner de près ou bien de près. Donc, c'est des conditions que, je pense, qu'on a peu connues à Roland-Garros, aussi chaudes et aussi rapides. Forcément que j'aime bien, mais ça demande aussi des ajustements. On a vu Hugo se mettre de très loin pour retourner, ce qui n'est pas souvent son cas, parce que ça rebondit tellement haut que c'est vraiment difficile de venir prendre tôt. Ça demande des ajustements, mais je pense que moi, avec mon service et mon coup droit, ça m'avantage pas mal.
On se souvient du gros combat de l'an dernier contre Rune au troisième tour. On ne connaît pas encore son adversaire, mais est-ce qu'il y a certaines choses que tu vas préparer différemment par rapport à l'an dernier ?
Différemment, je ne pense pas, mais en tout cas, je vais me servir de cette expérience pour essayer de mieux gérer mon match probablement. J'avais eu pas mal d'occasions, j'avais été un petit peu frustré dans ce match-là de ne pas saisir ou de ne pas forcément jouer juste dans les moments importants, ce que j'ai bien fait aujourd'hui, ce que j'ai déjà bien fait au premier tour. Je sens que ce que j'ai fait l'année dernière me sert déjà. J'espère que ça continuera de me servir contre l'adversaire, probablement Zverev au prochain tour… De savoir que je suis capable, de savoir que j'ai déjà posé des problèmes à Rune, qui est un sacré joueur sur terre battue… S’en servir, on va bien préparer le match. Mais toutes les petites erreurs que j'ai pu faire l'année dernière, essayer de les gommer et rendre la meilleure copie que je puisse faire.
Comment t'appréhendes Roland-Garros ? En fait, on te sent plutôt pas mal dans ce genre d'événements. Grand Chelem, ça ne sert pas grand-chose pour toi.
Ici, c'est toujours spécial. On joue à la maison, on a toujours envie de bien faire. Donc, dire qu'il n'y a pas de stress, non, ce n'est pas vrai. Mais en tout cas, j'arrive à le mieux gérer. Je connais bien les lieux, je connais bien ce que j'ai à faire. Je pense que j'arrive à mieux prendre l'énergie positive aussi du public, à la transformer en quelque chose de sympa. Et par rapport à avant, j'arrive à vraiment en profiter et je pense que ça se ressent sur le terrain, dans ma façon de jouer. Probablement qu'avant, j'étais un peu trop nerveux, un peu trop envie de bien faire, et ça m'a joué pas mal de tours dans le passé. Mais maintenant, vraiment, quand je suis sur le terrain, c'est beaucoup de plaisir ici. Et je pense que ça ressent, un, dans mes résultats, et deux, dans mon jeu.
"Je sais que mon service va lui poser des problèmes"
On évoquait tout à l'heure le mot « préparation ». Comment tu prépares Roland-Garros ? Quel tournoi tu fais ou ne fais pas ? Qu'est-ce que tu fais d'une manière un peu différente du reste de l'année ?
C'est très difficile pour un joueur à mon classement de préparer un Grand Chelem, parce qu'on est quand même vachement dépendant du tirage au sort. Donc, si j'avais joué Sinner au premier tour ou Bellucci, sans lui manquer de respect, ce n’est pas le même tournoi qui se profile. Donc, c'est très difficile. Mais on essaie de passer un peu de temps sur le terrain parce qu'on sait que c'est des matchs qui peuvent durer longtemps. Maintenant, on a aussi la saison à faire à côté pour essayer de monter au classement, pour essayer de jeter un Challenger, il y a encore 15 jours à Bordeaux. Donc voilà, il y a tout l'à côté qu'il ne faut pas oublier. Moi, à mon niveau, je ne peux pas faire une montagne de Roland-Garros parce que je ne peux pas aborder le tournoi en me disant que je viens à Roland-Garros pour gagner, ce n'est pas vrai. Venir dans les meilleures dispositions avec un maximum de confiance, que j'ai été chercher à Bordeaux par exemple, pour moi, c'était la meilleure préparation. Et après, essayer d'aller le plus loin possible dans ce Roland-Garros, et maintenant, encore un troisième match, donc c'est cool.
C'est évidemment facile à dire après coup, mais est-ce que tu as l'impression que tes choix de programmation, justement renoncer à Rome, jouer Bordeaux, paient déjà maintenant dans ton tournoi à Roland-Garros ?
Oui, c'est je pense mon erreur d'après Miami d'avoir enchaîné très vite sur terre battue et de justement avoir joué les premiers tournois sur terre battue pas prêt ; c'est pour ça que je pense que je n’étais pas très performant et pas très bon dans mon jeu non plus. Cela a été un choix fort. Cela n'a pas été facile de se dire « je ne vais pas à Rome » mais nécessaire. Je pense que mes deux tournois, demie à Bordeaux et je suis déjà au troisième tour ici, ça prouve que j'ai fait des erreurs dans ma programmation, j'ai réussi à vite les comprendre. C'est toujours facile quand les résultats sont bons, mais en tout cas, je me sentais déjà bien sur le terrain. Après, tu gagnes, tu perds, c'est autre chose. Mais au moins, je me sentais bien et préparé sur le terrain.
Si tu tombes contre Zverev, comment d'abord tu le verrais, ce match-là ? Est-ce que c’est genre d'affiche qui t'excite un maximum ?
J'ai eu la chance de jouer contre lui il n'y a pas très longtemps à Miami. Ça ne devait pas être un match très sympa à regarder. Il y a eu 7-6, 7-6, pas de break. C'est l'un des tout meilleurs joueurs du monde, qui est probablement le potentiel vainqueur de ce tournoi. Mais je sais que j'ai une carte à jouer. Je sais que mon service va lui poser des problèmes. Je sais qu’il a aussi quelques petites lacunes que je peux exploiter. Maintenant, il faudra faire un très bon match si je dois l'affronter. Mais ce match d'il y a un mois et demi à Miami, forcément je vais m'en servir. Et je n'ai pas été loin à Miami. Avec le public français, avec les conditions que j'aime bien. Encore une fois, je n'ai absolument rien à perdre, à moi de jouer ma carte à fond et d’aller lui poser des problèmes.
Publié le par Jeremy MARTIN