Quentin Halys : "Sans équipementier, j'achète comme tout le monde"
Roland-GarrosQuentin Halys a réussi son entrée à Roland-Garros 2026. Vainqueur de Mattia Bellucci 6-3, 7-6(4), 6-3, le Français a confirmé qu’il était à l’aise Porte d’Auteuil, un an après avoir atteint le troisième tour du tournoi. En conférence de presse, Halys a expliqué avoir appris de son parcours 2025, mais aussi de sa préparation sur terre battue, après avoir pris le temps de “se poser” et de travailler. Dans des conditions très chaudes et rapides, le Tricolore a su imposer son jeu et contrôler son premier tour. Il est aussi revenu avec franchise sur sa situation sans équipementier : “J’achète mes shirts, on va dire, comme tout le monde.”
Quentin Halys au deuxième tour de Roland-Garros 2026
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"Je me suis peut-être un tout petit peu trompé dans mon approche"
Quentin, salut. Tu as fait une pause de presque trois semaines, je crois, de compétition sur cette saison de terre battue. Tu peux expliquer les raisons ? Est-ce que c’était pour faire un gros bloc physique, par exemple ?
Ouais, je pense que je me suis peut-être un tout petit peu trompé dans mon approche. J’ai voulu aller vite à Marrakech après mon huitième de finale à Miami et du coup, j’ai pas eu vraiment le temps de bien m’entraîner. Et du coup, c’était la raison pour laquelle j’ai pas été à Rome. Et voilà, j’ai décidé de jouer plutôt Bordeaux. Si ça s’était mal passé, je reprenais les qualifs de Genève ou d’Hambourg. Heureusement, malheureusement, ça s’est bien passé donc j’ai pas pu aller jouer les qualifs. Donc voilà, j’ai eu une semaine de plus pour me préparer. Je suis content parce que pour la suite de la saison, ça va me servir. Et voilà, parfois, on se trompe un peu dans l’approche, mais c’est toujours bien, je pense, de prendre un peu le temps pour se poser, pour s’entraîner. Et voilà, aujourd’hui, je sens que le travail qu’on a pu faire pendant ces quinze jours, il a porté ses fruits.
Tu expliquais en début d’année, en Australie, que tu réfléchissais un peu à ton identité de jeu, que tu te rendais compte qu’aujourd’hui, être très attaquant, ça devenait presque impossible avec les balles qui ne vont pas vite, les surfaces qui sont ralenties. Sur terre battue, est-ce que tu te poses aussi ce genre de questions ou pas ?
Oui, forcément. En fonction des conditions de jeu, tout ça, c’est forcément différent. Et je pense que ça m’a fait du bien aussi de réfléchir un peu plus à la façon dont je devais jouer. Après, aujourd’hui, les conditions étaient extrêmement rapides. C’est hyper dur de contrôler la balle. Donc je l’ai vu, lui, se faire prendre un peu tôt. Il a perdu quand même beaucoup de fois le contrôle de la balle. Bon, ça va être des conditions qui risquent de changer pendant le tournoi. Il va faire très, très chaud. Après, il va y avoir un petit peu moins chaud, donc il va falloir s’adapter. Mais c’est sûr que c’est des conditions où il est vraiment dur de pratiquer un tennis hyper offensif, parce qu’il fait très chaud. Déjà, il faut tenir et après, il ne faut pas perdre le contrôle de la balle parce que quand même, ça gicle beaucoup et c’est quand même pas si facile.
"Je kiffe jouer Roland-Garros"
Juste encore une pour moi. Depuis le début de 2025, tu étais plutôt en déficit contre des gauchers, tu n’avais gagné que deux fois sur huit. Là, tu l’as plutôt bien contrôlé sur ces diagonales. Et puis le prochain tour, quoi qu’il arrive, ce sera aussi un gaucher. Quand tu te retrouves face à un gaucher, c’est plutôt une bonne nouvelle ?
Franchement, c’est pas une question que je me suis trop, trop posée. Après, pour l’instant, c’est quand même deux premiers tours de Grand Chelem que j’ai gagnés. J’ai pas forcément toutes mes autres défaites en tête. Je sais qu’il y a Draper, Monte-Carlo, mais c’était quand même un tour assez dur.
Bellucci, je sais plus quand.
Exact. Bon, franchement, c’est toujours un petit peu particulier de s’adapter à des jeux qu’on retrouve finalement très, très rarement. Mais voilà, [inaudible], qui est quand même un très bon joueur. Là, encore Bellucci, qui est plutôt un bon joueur, dans le top 70. Donc non, c’est des bonnes victoires. Surtout en Grand Chelem, ça fait plaisir. J’ai envie de dire, si j’ai le choix, probablement que quand même 90 % des joueurs, on préfère jouer des droitiers parce que c’est plus ce qu’on a l’habitude de retrouver. Et voilà, il faut juste s’adapter. J’ai pas de préférence ou quoi.
Quentin, est-ce que ton parcours de l’an dernier à Roland-Garros t’a aidé à gérer les attentes ?
Je kiffe jouer Roland-Garros. Celui de l’année dernière, je ne sais pas. En tout cas, tous les Roland-Garros auxquels j’ai pu participer, maintenant, ça commence à faire pas mal de Roland que je joue. Donc voilà, je me sens bien ici. Forcément que je me sens, bizarrement, un meilleur joueur. Je me sens même encore un peu meilleur que l’année dernière. Donc ça, c’est cool. Et voilà, j’espère qu’il me reste encore quelques Roland pour profiter. Et voilà, des matches comme ça, ça fait hyper plaisir et c’est génial de pouvoir gagner. Et probablement, avoir réussi, pour une fois, à aller au troisième tour à Roland, a peut-être débloqué des choses un peu mentalement. Et aujourd’hui, je suis rentré sur le terrain, on va dire en tant que favori, pour lui montrer que c’était moi qui allais contrôler le match. Et je suis content de la manière dont ça s’est passé.
Tu parlais de la chaleur. Comment tu fais pour gérer la chaleur, physiquement et aussi dans le jeu ?
J’ai la chance que le match n’ait pas forcément été très, très long. Après, on a joué plus en fin de journée. Voilà, il fait lourd. Comme je disais, les conditions de jeu changent quand même beaucoup. On n’a pas eu ça les jours d’entraînement, il faisait quand même moins chaud. Donc voilà, c’est plus s’adapter à comment jouer. Et voilà, dès que tu arrives à trouver un peu de profondeur, un peu de longueur, à déborder l’autre... Voilà, je pense qu’aujourd’hui, les joueurs qui ont des gros coups droits liftés vont être durs à battre dans les prochains jours parce que là, tellement ça gicle, que les mecs arrivent un peu à mener le point de ces zones. Après, voilà, la fatigue, la chaleur... Bon, on a l’habitude dans notre vie. C’est un Grand Chelem, il fait chaud. Ce qui est un peu la différence, c’est des cinq sets sur terre. Parfois, ça peut être un peu dur. Mais voilà, dans des matches comme ça, il y a toujours des hauts, des bas. Il faut rester le plus calme possible.
"Sans équipementier, j’achète mes shirts, on va dire, comme tout le monde"
Bonsoir Quentin. Tu es la première victoire française de la journée, donc tout le monde a accueilli ça avec un ouf de soulagement. Moi, je voulais savoir, par rapport à l’année dernière où tu avais déjà fait un beau parcours, cette année, tu gagnes et tu n’as toujours pas de sponsor. Est-ce que c’est quelque chose qui te tracasse aujourd’hui ? Tu n’as pas joué avec le petit canard aujourd’hui sur ton tee-shirt, mais comment tu vis ça, alors que tu es un Français qui arrive à performer et à obtenir des victoires à Roland-Garros ?
C’est comme ça. Et voilà, il n’y a pas de... J’ai pas eu énormément de demandes d’équipementiers. Une seule proposition un peu concrète, mais qui ne s’est pas faite. Voilà, aujourd’hui, sans équipementier, j’achète mes shirts, on va dire, comme tout le monde. Et puis voilà, c’est sûr que j’aimerais bien en trouver un. Mais maintenant, ce n’est pas que moi qui décide non plus. Mais je fais le maximum pour essayer de monter au classement et de permettre, par mes performances, de retrouver un équipementier.
Tu trouves ça peut-être un peu injuste ou pas du tout ? Parce que tu arrives à avoir des perfs, tu es dans le top 100 et tu es aussi installé.
C’est la loi du sport, c’est la loi du tennis. C’est comme ça. Chaque équipementier fait ses choix. Je ne suis pas dans les choix. J’ai 29 ans, je suis 80, je ne sais pas combien, 90. Je ne fais pas partie de l’élite, mais voilà, c’est comme ça. Chacun fait ses choix et à moi de continue
Publié le par Alexandre HERCHEUX