Stan Wawrinka sur Fils : "Je suis très content de jouer contre lui"
Roland-GarrosLa dernière de Stan Wawrinka. À 41 ans, le Suisse disputera sa dernière édition de Roland-Garros en 2026. Opposé à Arthur Fils au premier tour, il promet une ambiance électrique entre deux joueurs très appréciés du public. Vainqueur Porte d’Auteuil en 2015 après son succès en finale contre Novak Djokovic, Wawrinka a marqué l’histoire du tournoi et le cœur des supporters français. Présent en conférence de presse ce vendredi lors du media day, le Suisse est naturellement revenu sur les émotions entourant sa dernière participation à Paris.
Stan Wawrinka en conférence de presse avant son dernier Roland-Garros
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"Il y aura toujours des revers à une main"
Qu'est-ce que tu ressens en te disant que c'est ton dernier Roland-Garros ?
C'est agréable, je suis ravi d'être de retour et d'avoir la possibilité de jouer pour la dernière fois à Roland-Garros. Cela ne sera pas facile, mais je suis content. Je suis arrivé aujourd'hui, je me suis entraîné aujourd'hui pour me préparer pour mon premier match. C'est toujours très spécial d'être de retour ici.
Ton revers à une main, qui est vraiment ta signature, est-ce que tu penses qu'il y aura encore des gagnants de Grand Chelem qui auront ce coup-là ?
À l'heure actuelle, entre Carlos et Jannik qui dominent le tennis, c'est difficile à dire. Mais je suis confiant. Il y aura toujours des revers à une main. Et j'espère qu'à l'avenir, il y aura encore un champion de Grand Chelem.
Je ne sais pas si tu as vu Lilli Tagger, qui joue avec un revers à une main. C'est moins courant du côté femmes, du côté de la WTA, mais...
Oui, cela a l'air un peu plus difficile encore du côté WTA, mais c'est toujours un plaisir de voir des gens qui jouent des revers à une main.
"On ne choisit pas où on est dans le tableau"
Stan, de toute évidence, le premier match est contre Arthur Fils. C'est vraiment un blockbuster. C'est le premier tour, c'est difficile, mais est-ce que tu es content d'avoir un moment comme ça sur un des grands courts, ou bien tu préférerais commencer le tournoi de manière plus facile ?
Eh bien, cela fait 25 ans que c'est la même chose, on ne choisit pas le tirage ! On ne choisit pas où on est dans le tableau. On attend le tirage. Quand j'ai vu son nom, je me suis dit : « Eh bien, ce sera un match difficile ! » C'est vraiment l'un des joueurs les plus en forme des derniers mois. Ce sera très difficile pour moi, mais je suis vraiment très content, très content de jouer contre lui ici à Roland-Garros, sur un grand court. Ce sera très spécial, très particulier.
Avant Paris, tu as joué à Genève, avec des moments d'émotion. Qu'as-tu ressenti ?
Cela a été super. J'étais ravi d'y jouer. J'ai gagné un match, mais j'ai perdu contre Michelsen, avec un super match. Beaucoup de fans, de soutien, beaucoup d'émotion, c'était très bien pour moi d'avoir l'occasion de jouer là-bas pour la dernière fois.
"Ce sont des choses que je sais que je ne pourrai pas retrouver ailleurs"
Bonjour Stan, tous ceux qui ont assisté à la finale de 2015 se souviennent avec grand plaisir de ton festival de coups gagnants ce jour-là, mais aussi de tes shorts bariolés. Il me semble que les shorts sont partis au musée de Roland-Garros après la finale. As-tu l'intention, pour ta dernière participation, de les ressortir ?
Je vais aller demander au musée, je ne suis pas sûr, si on peut les nettoyer avant... (Rires.)
Non je n'avais pas prévu ça, je vais y réfléchir d'ici lundi !
Du tennis, qu'est-ce qui va le plus te manquer ?
Les émotions qu'on peut ressentir quand on joue des matchs, surtout dans les gros tournois comme Roland-Garros, quand il y a du monde, le public, les émotions que cela procure intérieurement, le stress, le bon stress, le stress aussi un peu plus difficile à gérer. Pour moi, c'est vraiment ça qui me manquera le plus, tout simplement. Parce que ce sont des choses que je sais que je ne pourrai pas retrouver ailleurs.
Tu as une idée de ce que les organisateurs ont prévu à la fin du match qui pourrait être le dernier ici ?
Non, non, je n'ai pas d'idée. Ce n'est pas la question que je me suis posée le plus, j'avoue. Pour moi, le plus important, c'est d'avoir cette opportunité de jouer ici une dernière fois, d'être là, de me préparer le mieux possible, et comme toujours, de tout donner sur le terrain.
À Genève, je te parlais de ton héritage que tu allais laisser, le fameux doigt sur la tempe, cela en fait partie. Te rappelles-tu quand tu l'as fait pour la première fois ? Comment c'est venu ?
Qu'est-ce que ça fait, aujourd'hui, de voir tout un tas de jeunes faire cette célébration ?
Je pense que la première fois, c'était en Australie, 2014. C'est venu comme ça, naturellement. C'est vrai que c'était plus une célébration pour montrer que, on va dire, j'avais vaincu ma tête, j'avais vaincu mes émotions pour battre les meilleurs, tout simplement, pour me surpasser, pour réussir à gagner les matchs qui, dans le passé, me faisaient un peu défaut, les gros matchs contre les grands joueurs. Même si je jouais bien, je n'arrivais pas à les prendre, souvent à cause des émotions, souvent à cause de la tête aussi. C'est venu comme ça, tout simplement.
"J'espère pouvoir faire un gros match dès le premier tour"
Affronter un Français sur le central, à Roland-Garros, un jeune joueur, choc de génération : c'est le meilleur match que tu pouvais imaginer pour terminer peut-être, peut-être à Roland-Garros…?
Tu t'es bien rattrapé, attention ! Ce n'était pas beau ça... Je sens que tu as déjà écrit l'article pour après le match... Une seconde après : « tchac » (Montrant qu’il appuie sur un clavier.)
Symboliquement, pour toi, c'est l'idéal ?
Bien sûr, l'affiche pour moi, c'est tout ce que j'aime. Forcément, comme tu l'as dit, avoir l'opportunité de jouer une dernière fois, peut-être sur le Central, contre un top joueur, contre la nouvelle génération. Déjà top joueur, mais futur plus grand joueur encore, je pense. Oui, bien sûr, c'est la raison pourquoi je joue aussi encore au tennis. Et donc j'espère pouvoir faire un gros match.
Quels matchs aimerais-tu donner, livrer, matchs au pluriel, pour ta dernière à Roland-Garros ? Qu'as-tu envie de donner ?
À la fin, quand on est un compétiteur, on veut juste gagner ! Peu importe la façon, peu importe comment ça se passe. L'envie est de gagner, ça c'est sûr.
Après, je sais de toute façon que je suis toujours quelqu'un qui va me battre jusqu'à la fin quoi qu'il arrive, qui va essayer de trouver des solutions. J'espère pouvoir faire un gros match dès le premier tour.
"Je suis content de ne pas avoir eu besoin d'utiliser une wild card"
Je voulais savoir quelle importance tu accordes au fait d'être rentré finalement dans le tableau sans wild card ? Et est-ce qu'en ce moment, tu joues mieux qu'il y a un an ici à Roland-Garros, ou qu'il y a quelques mois à Melbourne ?
Déjà, j'étais très heureux d'avoir reçu la wild card du tournoi quand je n'étais pas rentré. À la fin, pour moi, c'est une énorme satisfaction, puisque c'était mon objectif de début d'année. Je l'avais dit à Amélie, c'était vraiment mon objectif de pouvoir réussir à me qualifier avec mon classement dans le tableau. Je suis content de ne pas avoir eu besoin d'utiliser une wild card.
Est-ce que je joue mieux ou moins bien ? Je suis content, dans l'ensemble ça se passe bien, je tape bien dans la balle, physiquement ça va encore. Mais c'est toujours pareil, à la fin, on sort des grands matchs quand mentalement on se sent bien, quand on arrive à se relâcher. Les deux matchs à Genève m'ont fait du bien. J'espère, même si je sais que ce sera extrêmement difficile puisqu'Arthur, comme je l'ai dit, est un des joueurs en forme de ces derniers mois. Il a prouvé à quel point il est solide et extrêmement difficile à manœuvrer. Je suis content du challenge que je vais avoir.
Une image que tu gardes sur Roland-Garros, et ton endroit préféré dans le stade ?
Une image que je garde, c'est la montée des marches et l'entrée du terrain en 2015, avant la finale. Pour moi, je pense que c'est le moment le plus important de Roland-Garros que j'ai vécu, tout simplement.
Et mon endroit préféré, cela a beaucoup changé toutes ces années, ça fait trop longtemps que je viens ! Il y a eu tellement de changements de cafétérias, de restaurants... A l'époque, il y avait un petit resto des joueurs à l'étage, plus calme, plus tranquille, qui malheureusement n'existe plus.
Tu parlais d'émotion tout à l'heure, en parlant de ta fin de carrière ou du moins de ce que t'apportait le tennis. Comment appréhendes-tu l'avenir après tennis ?
Je suis impatient, excité, très heureux de ce que j'ai réussi à faire sur une longue carrière de tennis, et très impatient de poser les raquettes aussi, dans le sens de pouvoir profiter d'autre chose, simplement faire d'autres choses.
Mais voilà, il me reste encore quelques mois sur le tour, comme je l'ai dit. Si je joue, c'est parce que je me sens encore bien. J'ai envie de faire encore de belles choses si possible, par rapport à où j'en suis, mon âge, mon niveau, physique, tennis, etc..
Pour pouvoir faire le maximum dans une carrière ou fin de carrière, il faut essayer de mettre de côté l'après-carrière.
Une question par rapport à ton outil de travail, ta raquette. Les surfaces ont tout de même pas mal évolué, les balles aussi. Tu n'as jamais changé de raquette. Est-ce un regret ? Aurais-tu voulu, à un moment donné, peut-être faire un switch de raquette ?
Un regret, non, parce que toutes ces années, j'ai constamment essayé de nouvelles raquettes, de nouveaux cordages, et constamment essayé les évolutions tout simplement, par rapport à ce qui faisait du bien à mon jeu. J'ai tout de même baissé le poids de la raquette il y a quelques mois. Cela m'a aidé pas mal.
Si je devais jouer encore 5 ans, je pense que j'approfondirais encore plus le changement de matériel, mais je n'ai aucun regret par rapport à ça, parce que j'ai toujours été quelqu'un qui essayait tout ce qui arrivait, mais la raquette avec laquelle je joue, je sais que c'est celle qui me convient le mieux.
Publié le par Jeremy MARTIN