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Tamara Korpatsch, accusée de triche : "Ce n'est pas juste..."

Roland-Garros
Mis à jour le par Paul MOUGIN

Ce mercredi à Roland-Garros, Tamara Korpatsch a signé l’un des grands coups de sa carrière en dominant Xinyu Wang, tête de série [32], au deuxième tour. L’Allemande s’est imposée 6-2, 2-6, 6-3 sur le court 7 et a décroché, à 31 ans, sa toute première qualification pour un troisième tour en Grand Chelem. Mais cette victoire a aussi été marquée par une vive tension entre les deux joueuses, avec une discussion houleuse autour d’une marque, un avertissement pour Wang et une fin de match très froide. 

Tamara Korpatsch est revenue sur le clash avec Xinyu Wang

 

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La scène s’est produite en fin de première manche. Wang n’a pas accepté une annonce "faute" et a longuement discuté avec l’arbitre, descendue de sa chaise pour vérifier la trace. La joueuse s’est ensuite rendue du côté de Korpatsch pour poursuivre la discussion avec son adversaire. Résultat : un avertissement pour Wang, conformément au règlement. Korpatsch n’a pas caché son agacement, estimant que Wang était venue de son côté à cause de l’agitation dans son clan.

Cette tension n’est pas retombée après la balle de match. Les deux joueuses ne se sont pas serré la main au filet, une image rare dans un match WTA, surtout en Grand Chelem. Une conclusion glaciale pour une rencontre déjà très tendue...

 

"J'étais un peu surprise, parce qu'on n'est pas ennemies"

Encore une fois, qu'est-ce que tu as pensé de ton match ?

Fantastique, je me sens vraiment heureuse d'avoir gagné ce match. Je n'ai jamais accédé au deuxième tour du Grand Chelem. Alors vous imaginez le troisième ! J'étais très nerveuse de ce fait avant le match et aussi, parce que je n'avais jamais gagné contre cet adversaire. Et après avoir fait la balle de match, j'étais vraiment, je ne sais plus comment on dit en anglais, mais détendue, soulagée. Je me suis sentie vraiment soulagée. Et je suis ravie d'avoir gagné le match.

 

Félicitations d'être arrivée à ce niveau du tournoi. Le point où elle est venue, à travers le filet, je ne sais pas quelle était sa perspective et ce qui s'est passé ?

Oui tout le monde me pose cette question. Il y a eu une balle très longue de sa part, et moi, je l'ai vue dehors, mais en fait, il y a eu deux traces, une était la nouvelle, l'autre l'ancienne, mais les deux étaient dehors. Je ne sais pas laquelle était laquelle, mais l'arbitre est descendu de sa chaise, a montré celle qui était dehors et le Hawk-Eye a aussi montré qu’elle était à l'extérieur de 8 mm. Et elle est venue de mon côté, et elle avait du mal à le croire, et mon équipe pensait qu'elle était bonne. Mais elle n’a pas voulu me serrer la main, parce qu'elle m'a dit qu'elle n'était pas d'accord avec la marque de la balle. Je ne peux pas dire que j'aurais dû lui donner le point, que je lui ai donné le point. Mais j'étais un peu surprise, parce qu'on n'est pas ennemies ; d'habitude, on s'entend bien. Mais j'étais surprise. Ce n'était pas juste pour moi ; ce n'était pas juste de sa part de venir de mon côté. Moi, je ne suis pas une mauvaise joueuse.

 

Elle a dit que tu trichais en faisant ça.

Oui, je crois, elle a dit que je n'étais pas bonne joueuse, ou fair-play. Mais on avait un des meilleurs arbitres qui soit, je ne sais pas comment on fait pour tricher d'ailleurs ! Il y a tellement de caméras sur le court. Pour moi, ce serait très gênant de tricher. Mais sérieusement, je suis honnête, en courant, j'ai bien pensé que la balle était dehors, mais quand je suis allée voir, je ne savais pas quelle était la trace. Mais c'est l'arbitre qui a décidé.

 

"Je ne sais pas si elle pense que j'ai triché..."

Encore une question là-dessus. Quelqu'un dit que tu as montré à l'arbitre une autre marque que la marque en question. Et elle a dit que ce n'était pas le fait qu'on ait décidé que la balle était dehors, mais elle a estimé que tu aurais dû attendre que l'arbitre soit en bas pour montrer la marque de la balle.

Oui mais je ne sais pas laquelle était la bonne marque. Je ne sais pas si elle pense que j'ai triché en montrant la mauvaise marque.

 

Elle a dit que si tu n'étais pas sûre, tu aurais dû attendre que l'arbitre descende ?

Ça a un sens, merci de me l'avoir dit, je lui expliquerai.

 

Il y a quelques jours, on a dit que tu faisais beaucoup de choses, sans avoir un vrai soutien. Comment décrirais-tu cet endroit de ta carrière et qu'est-ce qui t'a amenée à ce moment ?

Oui, j'ai eu un parcours long et difficile pour arriver ici. Avec ma famille, ça n'a pas été facile d'arriver jusqu'ici. Quand j'ai commencé à jouer les tournois de l'ITF, on dormait dans la voiture. Et je pouvais jouer qu'en Allemagne, parce qu'on n'avait pas assez d'argent pour aller à l'étranger. Ensuite on est allés en France, comme je vous l’ai dit, on avait une toute petite voiture, on allait partout en voiture et on dormait dans la voiture. Après, avec l'argent des prix, on a pu se payer une caravane, un camper et on a pu dormir dedans, à côté des clubs. C'était un vrai luxe pour nous ! Et on a tout fait tout seuls, sans aide. Je me suis battue à chaque fois.

Et j'étais sous beaucoup de pression, parce que je me disais : « il faut que je gagne parce que mes parents donnent tout ce qu'ils ont. » Et ça me mettait beaucoup de pression. Mais au moins, je l'ai fait, et je suis une vraie lutteuse. Et c'est pour ça que je me bats encore comme ça aujourd'hui. Pour moi, ça signifie énormément d'être au troisième tour de Roland-Garros. Ça ne m'est jamais arrivé avant. Et aussi le fait d'arriver dans le Top 100, ça a été énorme pour moi. Parfois, les joueurs qui sont en haut du classement oublient ce que ça signifie. Quand on est bas dans le classement, pour nous, c'est quelque chose de tout à fait spécial d'être en haut. Donc il ne faut pas oublier. Moi j'y ai réfléchi il y a quelques semaines et je me suis dit : « je m'en sors bien, c'est quelque chose de spécial ». Je suis là, et si je réfléchis à là où j'étais il y a 10 ans, je n'y aurais jamais cru ; c'était un rêve pour moi.

Publié le par Paul MOUGIN

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