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Taylor Fritz éjecté d'entrée : “Il m’a tué avec les amorties”

Roland-Garros
Mis à jour le par Alexandre HERCHEUX

Taylor Fritz ne s’attendait sans doute pas à quitter Roland-Garros aussi vite. Tête de série n°7, l’Américain a été renversé dès le premier tour par son jeune compatriote Nishesh Basavareddy, wild-card de 21 ans, 7-6(5), 7-6(5), 6-7(9), 6-1, sur le court Suzanne-Lenglen. En conférence de presse, Fritz a pourtant refusé de tout jeter, estimant que son niveau “n’était pas si mauvais” mais qu’il n’avait pas su convertir ses occasions, notamment dans le deuxième set. Encore en recherche de rythme après une préparation tronquée par un souci au genou, le 9e mondial a surtout salué le match de Basavareddy, bluffé par ses amorties : selon lui, son adversaire l’a “tué” avec ce coup et a joué “incroyablement bien”. Une sortie d’entrée brutale, mais que Fritz veut déjà transformer en rampe de lancement vers la saison sur gazon.

Taylor Fritz sorti dès le premier tour de Roland-Garros

 

Retrouvez ici le tableau Messieurs de Roland-Garros

Retrouvez ici le tableau Dames de Roland-Garros

 

"Je ne crois pas vraiment avoir montré un niveau si mauvais que cela"

Tu n'as pas pu te préparer beaucoup ni jouer avant ce tournoi. Est‑ce que cela a fait une différence dans le match d'aujourd'hui ?

Je ne crois pas vraiment avoir montré un niveau si mauvais que cela. Quand on prend un peu de distance, je pense que je n'ai pas mal joué. Il y a juste eu, ça et là, des domaines sur lesquels j'aurais pu faire mieux. Je n'ai pas aussi bien répondu que j'aurai pu, quand il était au service, et il a très bien retourné.

C'est un peu frustrant, parce que quand je ne retourne pas bien, c'est que j'ai des difficultés à bien placer ma raquette. Et aujourd'hui, j'avais l'impression que j'avais ces possibilités, et que je n'ai pas su les exploiter, que je n'ai pas su saisir les opportunités. Ces trois premiers sets, j'ai eu à chaque fois des balles de break, j'ai eu des possibilités de le breaker, et je ne les ai pas saisies. J'ai fait ce que je fais d'habitude. La seule chose que je n'ai pas réussi à faire, c'est de saisir les opportunités qui se présentaient, si j'avais réussi à prendre ce break au deuxième set, par exemple. Je n'ai pas été capable de renverser le match. Et pour être honnête, il a vraiment très bien joué.

 

Avec Mike, tu as beaucoup discuté avec ton équipe, pour essayer de savoir à quel point tu devais être agressif dans ton jeu. Quel était ton point de vue là‑dessus ? Et est‑ce que tu étais satisfait de ce que tu as décidé de faire ?

Le plus important, c'est que l'on a pas mal fait d'allers et retours sur là où je devais me tenir dans le court. Je suis resté pas mal en arrière, et cela lui ouvrait pas mal le court, et il faisait du service volée. Mais lorsque je m'avançais, j'avais moins de temps avant que le service ne m'atteigne, donc peut‑être que cela me faisait faire plus d'erreurs. Je ne renvoyais pas bien, et je n’étais pas bien positionné. Si je suis trop rentré dans le court, c'est trop facile de me faire du mal avec la première balle. Mike voulait que je m'avance, et moi je pensais que quand je m’avançais, ça l’avantageait, qu’il manquerait plus de premiers services, parce qu’il essayerait de me viser, plutôt que de se concentrer sur son premier service. Mais j’ai aussi eu l’impression que sur son premier service, je ne renvoyais pas aussi bien que quand j’étais plus au fond.

Donc je me suis dit que je pouvais reculer un peu, mais la clé, c'est surtout que j'aurai dû mieux renvoyer. Ça, c'est une conversation que j'ai parfois avec Mike pour identifier qui ne fonctionne pas. Parfois, il faut voir si c'est la stratégie qui ne fonctionne pas, ou si c'est juste moi qui ne suis pas capable d'exécuter la stratégie suffisamment bien. Je pense que c'est ce qui s'est passé ici. J'ai eu l'impression qu'ils étaient dans ma raquette, ces bons points, et qu'il y aurait dû avoir plus de coups gagnants. Je peux faire mieux.

 

"Je savais que j'ai peu joué, que je suis un peu rouillé"

Lorsqu'on regarde ta saison, la saison sur terre, est‑ce que tu arrives à en tirer des enseignements positifs, comme par exemple avoir plus de temps pour te préparer pour la saison sur herbe, ou si tu y penses tout court aujourd'hui, comment est‑ce que tu te sens, comment va ton genou ? Est-ce que tu as dû en tenir compte aujourd’hui ?

 Oui, j'y pense un peu, mais en fin de compte, je me sens plutôt bien à l'heure actuelle. Est‑ce que c'est peut‑être un faux sentiment de sécurité parce que je suis sous antiinflammatoires pour me sentir mieux ? C’est peut-être pour ça que je me sens bien, mais je ne le saurai jamais réellement. En tout cas, cela va mieux, ça c'est sûr. Mais si les choses avaient été différentes, je ne sais pas comment je me sentirais. Maintenant, je vais avoir du temps pour continuer à travailler le physique, pour continuer à aller mieux, et je pense que l'herbe va être assez difficile, et va être surtout un bon test, parce que cela ne pardonne pas pour la rotule, et parce qu’il faut faire beaucoup de petits pas. Cela va être un test grandeur nature.

J'ai un peu l'impression que l'année dernière, alors que j'avais manqué deux semaines, je suis ensuite revenu au 20ème rang mondial, une fois que je suis arrivé sur herbe. J'espère que je pourrai tirer le meilleur de cette déconvenue, comme je l'ai fait l'année dernière. Je regarde où j'en étais l'année dernière, et je vois que je peux encore m'améliorer.

 

Tu savais sans doute, en rentrant dans ce tournoi, que c'était une possibilité, mais quel a été le plan B que tu as envisagé, si c'était ce qui se passait pendant ce match, et est‑ce que tu sais ce que tu vas faire au cours des deux prochaines semaines ?

Je savais que j'ai peu joué, que je suis un peu rouillé. Mais je pense honnêtement que j'ai plutôt bien joué, aujourd'hui, franchement ! J'ai mieux joué aujourd'hui que sur mon premier tour l'année dernière, donc je pense que je dois trouver un rythme. Et je n'ai jamais réellement réfléchi à ce que je ferai si les résultats n'étaient pas au rendez‑vous ici.

Aux États‑Unis, en général, quand vous gagnez votre deuxième tour, que vous passez quelques tours, ce n'est même pas la peine de rentrer aux États‑Unis. Donc j'ai un peu une idée de ce que j'ai fait l'année dernière, et qui a fonctionné lorsque je suis rentré dans la saison sur herbe, donc je vais probablement répéter la même expérience.

 

Tu as déjà joué contre Nishesh, tu le connais sans doute ?

En fait, non.

 

Mais tu sais au moins de qui il s’agit ?

Oui.

 

Cela fait un moment qu’on pense qu’il va se révéler. Qu'est‑ce qui t'a impressionné dans son jeu aujourd'hui ? Parce que cela a été une belle démonstration, aujourd'hui.

Il a joué de façon incroyable. Le plus important, c'était ses amorties. C'est d'ailleurs pour cela que je me suis dit qu'il fallait que je tape plus en profondeur, et qu'il ne fallait pas rester sur la ligne de fond de court. Je n'ai pas réussi à faire grand‑chose face à cela. Les amorties étaient vraiment incroyables, des coups incroyables, et des amorties de fou, des balles qui atterrissaient très loin. C'est là, je pense, qu'il m'a eu avec ses amorties.

Publié le par Alexandre HERCHEUX

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