Valentin Vacherot : "Il s'est passé beaucoup de choses en deux ans"
Roland-GarrosValentin Vacherot s’est qualifié pour le deuxième tour de Roland-Garros en battant ce mardi le Français Thomas Faurel après 2h50 de jeu 6-3, 6-4, 3-6, 7-6 [6]. Après son excellent parcours au Rolex Monte-Carlo Masters, où il avait atteint les demi-finales, le Monégasque commence parfaitement son tournoi. Éliminé en qualifications l’an dernier, le numéro 19 mondial affrontera Alejandro Tabilo, spécialiste de la terre battue. En conférence de presse, Valentin Vacherot est notamment revenu sur son incroyable ascension.
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"Je suis déjà arrivé là où je voulais être"
Bravo Valentin !
Qu'en est-il de ton pied ?
Ça va. Ce n'est pas parfait, mais ce n'est pas horrible non plus. Il faut juste que je fasse attention.
Je me demandais, au sujet de l'un des grands changements qui consiste à passer des tournois que tu jouais l'année dernière à ce type de tournoi, c'est sans doute que les courts sont plus grands : est-ce que cela change ton jeu, te donne plus d'opportunités, étant donné qu'il y a plus de place pour frapper la balle différemment, pour reculer encore plus ?
Pour être tout à fait honnête, même sur les Challengers, il y a des courts centraux qui sont assez grands. Donc ça ne change rien de la façon dont je joue, que ce soit en Challengers ou sur ces courts. Dans les tournois, quand vous jouez sur des courts plus petits, c'est comme ça. Donc, finalement ça ne change pas grand-chose.
Valentin, l'année dernière, tu as fait une percée formidable. Depuis, tu fais partie des meilleurs joueurs. Je me demande ce que tu penses de la part du mental au tennis ?
C'est une bonne question. Je ne peux pas vous donner de pourcentage exact, mais j'ai l'impression qu'il y a trois parties : le tennis, le mental et l'aspect physique. Et, selon moi, chacune de ces trois composantes est aussi importante que les autres. Du moment que vous êtes bon au tennis, peut-être que le coup droit ou le revers n'ont pas autant d'importance que ce qui se passe dans votre jeu. S'il y a des aspects qui sont plus faibles, il y a aussi la façon dont vous vous sentez dans votre tête, mais une fois que votre tennis est au point et que votre état physique est bon, c'est là que la partie mentale entre en jeu. Il faut être attentif à cet aspect-là le plus possible. Et je pense que c'est un peu ce qui se passe avec moi.
Je me suis amélioré, sans doute, mais je joue aussi contre de bien meilleurs joueurs, et le meilleur entraînement c'est sans doute en match. Et pour ce qui est du physique, je suis déjà arrivé là où je voulais être. Et pour le reste, il faut que tout se mette en bon ordre. Peut-être que ça m'a pris un peu plus de temps, mais maintenant, je suis là où je voulais en être. Et c'est super.
"Il n’a jamais fait aussi chaud à Roland"
Valentin, qu'as-tu pensé de l'ambiance ? Tu arrives ici avec le soutien local que tu reçois ici, alors que ton adversaire était français. Est-ce que tu préfères jouer dans ces ambiances très chaudes ?
Aujourd'hui, c'était un peu différent. J'ai un peu calmé le public au cours des deux premiers sets. Ensuite, quand on a joué mieux, cela m'atteignait un peu. Le public l'a poussé au troisième set, et il l'a beaucoup poussé au quatrième set. Ça a dû être une ambiance formidable pour lui. Je pense que j'ai réussi à rester concentré. J'en suis satisfait. En fin de compte, même quand le public n'est pas derrière vous, vous vous amusez plus quand il y a une ambiance très échauffée.
On sait qu’avec la chaleur, la balle va plus vite. Est-ce que tu dois faire beaucoup d’efforts pour t’adapter à ces conditions ? Plus généralement, penses-tu que la chaleur puisse créer des surprises dans le tableau ?
Je pense que la chaleur change plus les conditions de jeu que le côté physique. On va dire que certains ne sont pas habitués à ce qu'il fasse aussi chaud aussi tôt dans la saison en mai. Il n’a jamais fait aussi chaud à Roland. Mais c'est vrai les conditions sur le 14, ça giclait énormément, ça a pas mal aidé mon service. Dans le jeu, ça va assez vite sur les angles, ça rebondit beaucoup, les balles sont dures. Donc, oui, ça fait des conditions assez rapides ; c'est sûr que ça va plus plaire à certains qu’à d'autres.
Tu as eu une progression extraordinaire. Est-ce péjoratif si je te dis que tu es un « champion normal » ? On a toujours l'impression que tu es proche de ta famille et des fans. Tu n'as pas perdu la tête depuis que tu as vécu des moments assez extraordinaires.
C'est plus aux autres de le dire que moi. J'essaie de rester moi-même. C'est ce qui a marché pour, on va dire, passer cet énorme cap que j'ai passé. Et aussi, il s'est passé quelque chose d'incroyable à Shanghai l'année dernière. Je repense beaucoup à la manière dont je pensais là-bas et dont j'étais là-bas pour essayer de reproduire ça, surtout dans la tête sur la plupart de mes matchs de cette année. Et pour le moment, ça se passe plutôt pas mal, assez régulier. Donc, on va essayer de continuer.
"Moi, il est rare que j'aie quelque chose"
Tu as retrouvé le court 14 deux ans après des qualifs folles. C'étaient tes trois matchs et deux particulièrement tendus, notamment le premier contre Debru ? Ça fait quoi de le retrouver ce court ? Tu es remis dans cet état-là ? Est-ce que c'est différent d'il y a deux ans.
Oui, je pense qu'il s'est passé beaucoup de choses depuis. Même si face à Gabriel, c’était mon premier match de ma carrière en Grand Chelem, en qualifs. On va dire que toute la tension, tout le stress est resté sur ce match ; ça peut ne pas aussi mal se passer intérieurement dans moi-même que face à ce match. J'ai tout laissé sur ce match. Et même après c'était face à Enzo Couacaud au deuxième tour. Ça a été une grosse bataille, parce qu'on avait joué un très beau match de tennis. C'est vrai qu’il s'est passé tellement de choses en deux ans : un statut complètement différent, un tableau final, beaucoup moins de stress ou tension et plus l'envie de bien jouer.
Bravo ! Netflix va mettre en ligne un documentaire sur Rafael qui a dit qu'il a eu mal tous les jours de sa carrière. Est-ce que ça fait aussi partie du quotidien d'un joueur de tennis d'avoir mal un peu tout le temps, plus ou moins sérieusement ? Est-ce que ça arrive de dire : « je ne suis pas en état mais j’y vais quand même » ?
Je ne suis pas dans la peau de tous les joueurs. Moi, il est rare que j'aie quelque chose. Le problème c'est que souvent quand j'ai quelque chose, c'est un peu important. C'est rare que j'aie une petite douleur qui passe juste en une semaine. C'est à ça qu'il faut que je fasse très attention. J'ai toujours beaucoup travaillé. Ça m'aide énormément à avoir peu de blessures. Je fais attention à tout : alimentation, nutrition, tous les à-côtés. Ça m'aide énormément à avoir peu de douleur. Je sais que quand il y a de la douleur, il faut que je fasse vraiment attention, oui.
Tu étais ému à la fin : qu'est-ce qu’il y avait dans ces larmes ? Tu penses que tu seras en état de jouer au deuxième tour.
Je n'étais pas ému par rapport... Ce n'étaient pas des émotions de stress qui redescend ou quoi, non j’étais plus ému de gagner un match. Je peux quand même être très fier de gagner ce match pour des raisons que mon équipe connaît.
Publié le par Jeremy MARTIN