Walton : "On ne sait jamais quelle version de Medvedev on va avoir"
Roland-GarrosC'est l'une des surprises de ce premier tour de Roland-Garros 2026. Daniil Medvedev a été éliminé dès son entrée en lice par Adam Walton 6-2, 1-6, 6-1, 1-6, 6-4 ce mardi 26 mai. Dans un match complètement décousu, le Russe menait pourtant 4-2 dans la dernière manche avant de totalement craquer et de céder sur son service dans le dernier jeu. Il s'agit de la première victoire sur un Top 10 pour l'Australien qui affrontera Zachary Svajda au deuxième tour. Il y a un coup à jouer.
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"Gagner contre un Top 10 dans un Grand Chelem, c'est incroyable"
Félicitations Adam. Quelle bataille ! Quel match ! Est-ce que tu peux passer en revue le match et parler des conditions ?
Il faisait bien sûr très chaud. Les conditions étaient idéales pour moi. Je joue mieux sous la chaleur. C'était un match en dents de scie : cela a bien commencé et puis le deuxième, je ne l'ai pas eu, j'ai récupéré le troisième, le quatrième j'ai été mené, le cinquième, j'ai réussi. Bon, c'est difficile quand il fait chaud comme ça.
Qu'est-ce que tu as ressenti lorsque tu as engrangé ta plus grande victoire contre un Top 10 ?
Oui, je me suis senti bien. Je savais que le maintien à 4 partout était capital car je savais que j’aurais au moins trois balles de match. J'ai été très content de savoir que je suis arrivé à conclure le match dès la première.
Et le Top 10 ?
Je savais que je pouvais y arriver. Le fait d'y être parvenu à Cincinnati m'a permis d'avoir vraiment confiance en moi aujourd'hui. Et le fait de gagner contre un Top 10 dans un Grand Chelem, c'est incroyable.
Qu'est-ce qui fait que tu joues mieux sous la chaleur et qu'est-ce que tu pourrais dire au sujet du score ? Est-ce que la chaleur est la raison pour laquelle c'étaient àchaque fois des sets à sens unique ?
J'ai grandi dans la chaleur. J'ai toujours préféré quand le court me donne davantage de puissance de feu dans ma raquette. Et puis, d'un point de vue vasculaire, j'ai l'impression d'avoir plus de résistance, peut-être pas plus que lui, mais je dois dire que j'ai plus de résistance sur le terrain, sous la chaleur.
Donc, ça c'est l'un des aspects qui est un avantage, parce que je ne suis certainement pas un des joueurs les plus talentueux sur le circuit. Le fait d’être en mesure de résister sous la chaleur est un facteur tout à fait important.Pour la deuxième partie de la question, je ne pense pas que la chaleur ait pu avoir un effet sur les résultats d'un set. À un moment, on a pu jouer un peu plus décontracté, lâcher ses coups et c'est la raison pour laquelle les scores de ces quatre premiers sets étaient peut-être à sens unique, mais je ne pense pas que la chaleur ait vraiment eu un impact direct.
"Cela donne beaucoup de confiance"
Comment t'es-tu senti au cinquième set ? Comment as-tu pu avoir l'ascendant ?
À l'entame, le public s'est fait plus sentir, j'ai eu l'impression qu'il y avait plus de monde dans les stands et le fait d'être breaké rapidement, c'était difficile, mais j'ai continué à me battre. Puis, il a continué à jouer, puis il y a eu des balles de break, et il ne fallait absolument pas que je sois mené de deux breaks. Il a donc fallu que je me batte, il a fallu qu’à 4-A je puisse aussi me battre, être physique et ensuite j'ai pu l'emporter.
La décision de jouer en Chine sur du dur avant le tournoi et ensuite d'engranger des résultats comme celui-ci, ça t'a aidé à avoir confiance en toi ?
Oui, le fait de disputer les Challengers en Asie a été gravé dans le marbre. J'ai toujours voulu essayer de rentrer dans le tableau principal à Wimbledon et la décision de quitter l'Asie pour aller ensuite à Madrid est due au fait que j'ai pu rentrer dans le tableau final. Il y avait une opportunité. Les conditions étaient les bonnes et je savais que j'aurais suffisamment de temps. Je ne pensais pas que j'aurais un jet-lag. Le problème, c'est de retourner en Chine après ce tournoi et j'ai eu de la chance, parce que j'ai gagné trois matches de suite 7-6. Et j'ai pu arriver juste à temps pour le tableau final. Peut-être que si je n'avais pas été en Chine, il m'aurait manqué 60-70 points.
Tu dis que tu n'es pas le joueur le plus talentueux, mais tu viens de battre une tête de série n° 6. Comment tu te sens ? Tu sais que tu peux tenir la dragée haute au plus fort.
Vous savez on peut battre n'importe qui, cela dépend des jours. Bien sûr, cela donne beaucoup de confiance en soi. Dans un match en cinq sets, c'est plus difficile de battre un joueur de top niveau. Je suis donc fier des efforts déployés, cela me donne confiance pour le prochain tour.
À chaque fois que je retourne sur terre battue, je suis de plus en plus à l'aise comme à Madrid, il y a quelques semaines. Le fait d'être revenu sur terre battue, j'étais plus en confiance que lorsque j'étais Houston, et le fait de revenir à Paris, de m'entraîner ici, je me suis encore une fois plus senti à l'aise, notamment avec mon jeu de jambes. Au fur et à mesure que mon tennis s'améliore, je peux gagner en confiance sur terre battue.
Bravo ! Quel lien as-tu encore avec Home Hill cette ville ?
Ce sera dans le journal demain matin. Donc, oui, je n'y suis pas retourné depuis quelque temps, mais j'ai encore des liens forts avec le club local. C'est une histoire fantastique, parce que je suis né à Home Hill, j'ai grandi là, puis je suis allé à Brisbane et maintenant je parcours le monde. C'est une histoire fantastique qui m’arrive.
"On ne sait jamais quelle version de Medvedev on va avoir"
Concernant les conditions, tu as parlé de Madrid, d'avoir joué dans certaines conditions. Maintenant, on parle de la chaleur, du fait que le rebond est très important. Est-ce que tu penses que tu as pu bien te préparer justement en termes de conditions ?
Il fait chaud. Donc, c'est proche de Madrid. Après, le rebond est plus rapide. La chaleur entraîne une plus grande rapidité pour les balles, mais peu importe que l'on joue vite, que l'on joue lorsqu'il fait froid ou lorsqu'il fait chaud. On est tous sur un pied d'égalité. Ce n'est pas nous qui choisissons, ce n'est pas nous qui allons choisir s'il fait chaud ou froid, il faut juste s'efforcer de tirer notre épingle du jeu quoi qu'il arrive.
Vos objectifs pour le reste de la saison ?
Je veux juste améliorer mon jeu. Je n'ai pas de chiffre en tête. Je veux rester sur le tableau principal. J'espère pouvoir faire l'US Open. Cette année, j'ai l'impression d'être constamment à la poursuite de points pour pouvoir arriver à être qualifié et avoir le nombre de points nécessaires pour jouer dans des Grands Chelems. Je crois qu'il me manquait 8 points pour le Grand Chelem. Je suis reconnaissant d'avoir réussi à être au Grand Chelem. À court terme, l'objectif, c'est l'US Open.
Est-ce que tu parlais de ton coach ? Tu es allé le voir juste après, Mark Draper. Quelles statistiques as-tu évoquées avec lui avant le match ?
Je savais qu'il fallait que je déploie mon meilleur tennis pour le battre. On a passé en revue certaines statistiques, on a passé en revue certains plans de jeu qu'il pouvait mettre en place pour ériger des obstacles mais, ensuite, il faut gérer les émotions. Quand je gagnais un set, au premier, au troisième, on voyait qu'il était agacé et moi j’étais ensuite agacé au 7/2 et au 7/4. Il faut être persévérant et c'est ça dont je suis surtout ravi aujourd'hui.
Daniil est très imprévisible. Parfois, il perd facilement et parfois il est presque sur le point de battre Jannik. Est-ce que tu es en mesure d'aborder toute version possible de lui ? Est-ce que tu en as discuté auparavant avec ton équipe ?
On ne sait jamais quelle version de Medvedev on va avoir. On peut juste observer les jeux passés de Medvedev et de faire des réglages sur son propre jeu pour pouvoir se battre contre lui, c'est tout, et espérer l'emporter.
Publié le par Paul MOUGIN