Frances Tiafoe, le rêve attendra : "Je veux juste le gagner, mec"
US OpenIl faudra encore attendre pour voir Frances Tiafoe disputer sa première finale en Grand Chelem. Vendredi soir à New York, l'Américain a pourtant pris le meilleur départ contre Ben Shelton, avant de progressivement céder face à son compatriote. Le 23 ans s'est finalement imposé 4-6, 6-3, 6-3, 7-5 pour décrocher sa première finale en Majeur, où il retrouvera Alexander Zverev dimanche. Pour Tiafoe, le scénario est forcément douloureux. À 28 ans, il venait de rejoindre pour la troisième fois le dernier carré de l'US Open, après ses parcours de 2022 et 2024. "L'année dernière, je faisais mon interview ici et je me sentais vraiment, vraiment mal par rapport à l'endroit où j'en étais. Donc c'est dur, mec. Je suis vraiment déçu, mais en même temps, je suis super fier de moi et du chemin que j'ai parcouru."
Vidéo: Frances Tiafoe privé de finale à l'US Open 2026
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"Je veux devenir champion en Grand Chelem un jour"
Frances, une défaite difficile ce soir, dans un match difficile. Vous êtes arrivé ici en riant un peu, même si vous n'êtes évidemment pas satisfait du résultat. De quoi avez-vous parlé avec votre équipe après le match ? Comment cela s'est-il passé après votre sortie du court ?
On n'a pas dit grand-chose. Évidemment, c'est difficile. C'est dur. J'ai déjà été dans cette position pas mal de fois maintenant, heureusement, mais c'est difficile aussi. Je voulais être en finale d'un Grand Chelem. C'était évidemment un grand match. Mais je dois reconnaître que Ben a bien joué. Il a vraiment bien joué ce soir, il a très bien servi, ce qui m'a rendu les choses vraiment difficiles. Et moi, je n'ai pas très bien servi. J'essayais simplement de m'accrocher sur mes jeux de service.
Mais au final, on n'a pas dit grand-chose. Parce qu'en même temps, ça a été une très bonne saison pour moi. Mais celle-là est difficile. Je voulais gagner ce match. Ces dernières semaines ont été très bonnes, mais je n'ai pas réussi à finir le travail. Et ce sera probablement la prochaine étape pour moi.
Je crois vous avoir posé une question similaire à Cincinnati. Au vu de votre saison et de votre régularité, quittez-vous ce tournoi avec davantage de confiance dans votre capacité à revenir à ce stade d'un Grand Chelem que les années précédentes ?
Je ne veux jamais être trop confiant en me disant qu'on va forcément revenir à ce stade, mais je suis quand même assez convaincu que je peux y revenir, c'est certain. Je suis content de la manière dont je joue et de la façon dont je réponds présent chaque semaine. Évidemment, j'ai eu un petit passage à vide, notamment avec ce petit problème au poignet. Mais à part ça, j'ai répondu présent toutes les semaines. C'était quelque chose que je voulais vraiment faire et dont je suis content.
L'année dernière, je faisais mon interview ici et je me sentais vraiment, vraiment mal par rapport à l'endroit où j'en étais. Donc c'est dur, mec. Je suis vraiment déçu, mais en même temps, je suis super fier de moi et du chemin que j'ai parcouru. J'étais même heureux de pouvoir jouer ce soir. J'étais dans une situation où, normalement, je n'aurais vraiment pas dû pouvoir jouer ce soir. Mais au bout du compte, je veux le faire, mec. Je veux devenir champion en Grand Chelem un jour. Il faut retourner au travail et continuer à bosser.
"Je veux juste le gagner, mec"
Physiquement, ça va ?
Oui, ça va. Je vais bien. J'ai quelques petits pépins, mais ça va.
Même dans la défaite, j'imagine que vous pouvez apprécier l'ambiance de ce soir, le stade, tous ces matchs que vous avez également gagnés sur le Louis Armstrong Stadium. L'US Open est vraiment un tournoi incroyable pour vous chaque année, non ?
Oui. Et c'est pour ça que je veux juste le gagner, mec. L'amour que je reçois est incroyable. C'est quelque chose qui me met vraiment les larmes aux yeux, quand je pense au gamin que j'étais et à la manière dont j'ai commencé. L'amour que je reçois ici est fou. À chaque match que je joue, tout le monde est derrière moi. Le personnel, les agents de sécurité, tout le monde veut vraiment me voir réussir. Mes amis, ma famille, mon équipe... Il y a énormément de bonnes énergies.
Même à l'hôtel où je suis, ils sont super contents de me revoir chaque année. Je me sens bien. Je me sens vraiment très bien ici à New York. Et c'est évidemment pour ça que je suis toujours présent dans les derniers tours ici. Mais j'espère qu'un jour, on y arrivera.
La fin de saison n'a pas toujours été une période facile du calendrier pour vous. Vous êtes maintenant en position de vous qualifier pour Turin. Dans quel état d'esprit abordez-vous cette dernière partie de la saison ?
Je vais simplement continuer ce que j'ai fait toute l'année, continuer à travailler. Je suis tombé amoureux du travail. Je vais probablement m'apitoyer un peu sur mon sort pendant les deux prochains jours, mais après ça, je vais recommencer à travailler et me bouger le cul pour aller à Turin. Je veux y être. Je veux jouer. C'est une preuve de la saison que tu as réalisée, du fait d'avoir très bien joué du début à la fin. Et c'est quelque chose que je veux vraiment accomplir. C'était un gros objectif. Je l'avais écrit sur mon tableau de visualisation et je veux y arriver.
"Son jeu devient de plus en plus complet"
Frances, qu'est-ce que Ben a fait pour renverser la dynamique dans les deuxième et troisième sets par rapport au premier ? Qu'est-ce qui vous a manqué ?
Pour moi, même si j'ai gagné beaucoup de matchs, il y a encore quelque chose qui me fait défaut : mon pourcentage de premières balles. Je devais beaucoup trop travailler sur mes jeux de service alors que lui servait à 82 %. C'est compliqué. Surtout face à un gaucher qui varie les zones, les effets, les kicks, les slices, les gros services. Évidemment, il peut aussi vraiment accélérer quand il le veut.
Moi, je me battais, je me battais, je me battais sur mes jeux de service, alors que lui essayait de me breaker. Je pense que c'était la principale différence. Il a aussi commencé à mieux retourner. Dans le premier set, rien que dans le jeu à 5-4, ses quatre retours de revers sont partis largement dehors. Il avait un peu de nervosité. Mais c'est quelque chose sur lequel je dois continuer à progresser. Ça m'a souvent mis en difficulté ce soir.
Frances, il y a eu des moments vraiment spectaculaires dans ce match, notamment plusieurs échanges d'une trentaine de coups et ce jeu incroyable où vous tentiez de tenir votre service pour rester dans le troisième set. Avez-vous vu quelque chose de différent chez Ben cette année, davantage de détermination ou une dimension de son jeu que vous n'aviez pas forcément vue auparavant ?
C'est impressionnant. On essaie tous les deux de trouver ce petit pourcentage supplémentaire, de comprendre les choses et d'aller le chercher. Il a bien retourné. Je lui ai donné beaucoup de deuxièmes balles, donc je l'ai aidé dans ce domaine. Mais oui, il le voulait. Moi aussi, je le voulais. Il tient davantage dans les échanges maintenant. Il arrose moins. Il commence à devenir plus solide. Son jeu devient de plus en plus complet au lieu d'être simplement un joueur capable de sortir de gros coups.
Maintenant, il tient vraiment dans les échanges. Même dans ces longs rallies, il reste prêt à continuer. Ce n'était pas quelque chose qu'il faisait habituellement, mais il le fait beaucoup cette année. Je pense que c'est principalement ça.
"Il faut réellement croire qu'on peut gagner ce match"
Dernière question. Vous avez beaucoup joué contre Ben et Alexander Zverev. Que doit faire Ben dimanche pour battre Zverev, qu'il n'a encore jamais battu ?
Évidemment, il est en finale d'un Grand Chelem. Il va devoir saisir ses opportunités et Ben fait vraiment du bon travail dans ce domaine. Il faut essayer de mettre le public de son côté et voir ce qui se passe. On verra. Les deux vont servir à un très haut niveau et ça va probablement se jouer sur quelques tie-breaks. Il faut aussi oublier le face-à-face et réellement croire qu'on peut gagner ce match de tennis. Il devra être très bon pendant quelques heures.
Publié le par Alexandre HERCHEUX