Gaël Monfils : "Mon héritage ? Le temps nous le dira..."
US OpenÀ bientôt 40 ans, Gaël Monfils s'apprête à ouvrir un dernier chapitre en Grand Chelem. Présent samedi au Media Day de l'US Open 2026, le Français n'a pas cherché à masquer ce que représentera cette ultime aventure à New York. Après ses adieux particulièrement chargés en émotion à Roland-Garros au printemps, l'ancien numéro 6 mondial sait désormais un peu mieux à quoi s'attendre. Le calendrier ajoute encore une dimension particulière à cette dernière danse. Né le 1er septembre 1986, Monfils doit effectuer son entrée en lice mardi, précisément le jour de ses 40 ans. Il affrontera au premier tour le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo, 61e mondial.
Vidéo: Gaël Monfils avant de jouer son dernier tournoi du Grand Chelem
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"Arthur est comme mon petit frère"
Arthur était ici un peu plus tôt et il a dit que tu étais comme un frère pour lui. Comment décrirais-tu les débuts de votre relation et son évolution ?
Je l'ai rencontré quand il était vraiment, vraiment jeune. C'était un gamin. Je l'ai rencontré parce que ma sœur a un an de moins que lui et qu'elle s'entraînait à Roland-Garros, et lui était là aussi. Donc la première fois que je l'ai rencontré, c'était encore un gamin. Je ne me souviens plus de son âge, mais il devait avoir 15 ou 16 ans, quelque chose comme ça. La première fois qu'on s'est entraînés ensemble, il devait avoir 16 ou 17 ans. On discutait. Je me suis entraîné avec lui et Giovanni (Mpetshi Perricard). Je me souviens même que Giovanni était là lorsque je jouais l'Open d'Australie avant mon huitième de finale.
On a toujours eu un bon lien, on parlait beaucoup. Ensuite, il est arrivé sur le circuit et on a partagé des moments sur et en dehors du court. J'ai vu sa trajectoire et j'ai senti qu'on avait beaucoup de choses en commun. On est ensuite devenus très proches. Comme je l'ai toujours dit, je le soutiens. S'il a besoin de quoi que ce soit, il peut se sentir libre de me le demander.
Comment le décrirais-tu en tant que personne et en tant que joueur ?
C'est un garçon très gentil, très respectueux. Je m'entends super bien avec son père. C'est une super famille. J'ai bien sûr rencontré sa mère aussi. C'est une famille très humble. Il sait d'où il vient. Il sait ce que ses parents ont fait derrière lui pour l'aider à devenir joueur de tennis. Donc il a de très bonnes valeurs. Pour moi, c'est drôle parce qu'il est très jeune. Il est comme mon petit frère parce que, comme je le disais, il a à peu près le même âge que ma petite sœur. Pour eux, la vie est encore nouvelle. Donc c'est drôle de voir leur manière de penser. Il me fait beaucoup rire parce qu'il est jeune et qu'il a des idées nouvelles. C'est agréable à voir et c'est agréable d'être avec lui.
"Mon héritage ? Le temps nous le dira"
Étant donné qu'il s'agit de ton dernier Grand Chelem, quel sera selon toi ton héritage en tant que joueur professionnel ?
Je ne sais pas vraiment, pour être honnête. Je ne sais vraiment pas. Je pense que je le verrai dans les années à venir. Mais je dis toujours ça : le temps nous le dira. Et ensuite, je verrai.
Et tu aimerais que cet héritage soit simplement ce qu'il sera ?
Quel qu'il soit. Quel qu'il soit.
Nishikori et le regret des Jeux Olympiques de Rio
Félicitations pour ta grande carrière. Il y a d'autres joueurs qui vont prendre leur retraite à la fin de cette saison, et l'un d'entre eux est Kei Nishikori. Il a toujours dit que tu étais un joueur contre lequel il aimait beaucoup jouer. Peux-tu nous parler un peu de lui et partager quelques souvenirs ?
Oui, je l'ai beaucoup vu. On a beaucoup discuté. J'adore sa façon de jouer. J'adorais jouer contre lui. On a eu des batailles incroyables. C'était toujours compliqué, pour être honnête. Il m'a battu deux fois alors que j'avais des balles de match et je l'ai battu une fois alors qu'il avait des balles de match. Donc c'était assez drôle. Il y en a une qui me fait quand même un peu plus mal. C'était aux Jeux Olympiques parce qu'il a obtenu la médaille. On ne saura jamais ce qui aurait pu se passer. C'était en quarts de finale (aux Jeux Olympiques de Rio 2016). Je pense qu'on a grandi ensemble, d'une certaine manière, sur le circuit. Il a toujours été un joueur très dangereux, un joueur capable de battre n'importe qui sur n'importe quelle surface.
J'aimais vraiment sa façon de jouer. Il faisait partie des premiers joueurs à être super agressifs, à très bien retourner, et sa mobilité avec ses jambes était incroyable. C'est un gars très sympa. Il était un peu timide au début sur le circuit, mais ensuite il a grandi et il est devenu quelqu'un de drôle. J'ai passé de longues années avec lui et j'aime vraiment, vraiment, vraiment beaucoup Kei. C'est un bon gars.
Monfils sur Arthur Fils : "Son potentiel n'a pas de limite"
Une dernière question sur Arthur. Tu as parlé de la personne qu'il est et de votre amitié. Que penses-tu de l'endroit où il en est actuellement dans son jeu et de son potentiel ?
Je pense qu'il commence vraiment à comprendre le circuit parce que ça fait maintenant quoi, trois ou quatre ans qu'il y joue. Il a connu sa première grosse blessure et a donc été éloigné du circuit. Je pense qu'il commence à expérimenter un peu ce qu'est réellement le circuit. Il est revenu très fort, il a obtenu de grandes victoires et il a évidemment obtenu sa plus grande victoire la semaine dernière (son titre au Masters 1000 de Cincinnati). Pour moi, il est encore dans ce processus d'apprentissage de son potentiel. Bien sûr, pour moi, il a un très, très gros potentiel pour franchir encore une étape, notamment en Masters 1000.
Je pense évidemment qu'il a une chance de réussir en Grand Chelem. Et je pense qu'il y croit de plus en plus. Cela fait un an et demi qu'il le prouve. Même l'année dernière, il jouait un tennis incroyable. Ensuite, il s'est blessé, il est revenu fort et il comprend maintenant qu'il mérite d'être vraiment, vraiment tout en haut de notre sport. Donc pour moi, son potentiel n'a pas de limite.ù
"Celui-ci sera spécial. C'est le dernier"
Félicitations Gaël pour tout ce que tu as accompli. Je voulais savoir dans quel état d'esprit tu abordes le tournoi en simple, en sachant qu'il s'agira du dernier tournoi du Grand Chelem de ta carrière, et comment tu abordes chaque match maintenant que tu le sais ?
Bien sûr, c'est génial, mais c'est différent, pour être honnête. C'est différent. Comme je l'ai dit à Roland-Garros, ça a été vraiment difficile pour moi. Émotionnellement, ça a été vraiment dur. Donc j'ai pu acquérir un peu d'expérience pour m'aider, disons, pour celui-ci, parce que celui-ci sera spécial. C'est le dernier. Je fête mes 40 ans le jour où je joue, donc c'est une étape importante pour moi. Je peux encore jouer à 40 ans. Je ne veux pas faire bien, mais vraiment bien, par rapport à là où j'en suis aujourd'hui. Je pense que j'ai beaucoup travaillé sur le court et en dehors du court pour être le meilleur possible mardi. Et à la fin de la journée, ça reste un jeu. Je vais donner mon maximum et je verrai.
Publié le par Alexandre HERCHEUX