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Pourquoi les qualifications ont lieu à Roehampton et pas à Wimbledon ?

Wimbledon
Mis à jour le par Alexandre HERCHEUX

Les qualifications de Wimbledon ont une particularité unique en Grand Chelem : elles ne se jouent pas sur le site principal du All England Club. À l’Open d’Australie, à Roland-Garros ou à l’US Open, les qualifs font partie intégrante de l’expérience du tournoi. Les joueurs passent par le même site, les fans découvrent les futurs qualifiés dans le même décor, et les installations servent déjà de répétition générale avant le grand tableau. Wimbledon, lui, fonctionne autrement : avant de rêver du Centre Court ou du Court 1, il faut d’abord passer par Roehampton, à quelques kilomètres de SW19. Mais pourquoi ?

 

Une question de place avant tout

La réponse tient d’abord à une réalité très simple : le site historique de Wimbledon est prestigieux, mais contraint. Pendant la quinzaine, le All England Club doit absorber le tableau principal, les entraînements, les doubles, les juniors, les invités, les médias, les diffuseurs, les partenaires, les spectateurs et toute la logistique du tournoi. Ajouter les qualifications sur place, avec plusieurs centaines de joueurs supplémentaires, des arbitres, des équipes, des kinés, des entraîneurs et du public, demande de l’espace. Beaucoup d’espace. Or Wimbledon s’est développé autour d’un site historique, dans un quartier résidentiel, avec une marge d’extension beaucoup plus limitée que Melbourne Park, Roland-Garros ou Flushing MeadowsRoehampton a donc longtemps été la solution pratique : un site séparé, suffisamment équipé pour accueillir les tours qualificatifs, mais sans surcharger le All England Club avant le début du grand tableau.

 

Le grand projet : rapatrier les qualifs

L’AELTC veut depuis plusieurs années transformer l’ancien golf de Wimbledon Park, situé en face du site principal. L’objectif est immense : agrandir considérablement l’emprise du tournoi, créer de nouveaux courts en gazon, bâtir un nouveau Show Court, améliorer les installations d’entraînement et surtout ramener les qualifications au plus près du All England Club. Sur le papier, le projet changerait tout. Les qualifications pourraient se jouer sur le même ensemble que le tableau principal. Les joueurs bénéficieraient d’un environnement plus cohérent. Les spectateurs auraient accès à une offre plus large. Et Wimbledon se rapprocherait enfin du modèle des trois autres Grands Chelems.

 

Pourquoi ce n’est pas encore fait ?

Parce que le projet est très contesté. L’extension de Wimbledon Park touche à un sujet sensible à Londres : l’utilisation d’espaces verts, la protection du cadre local, l’impact environnemental, les travaux, la circulation et la cohabitation avec les riverains. Des groupes d’opposants, notamment Save Wimbledon Park, se battent depuis plusieurs années contre le projet. Ils dénoncent l’ampleur du chantier et l’impact sur un espace considéré comme précieux pour le quartier. L’AELTC, de son côté, défend un projet qui créerait de nouveaux espaces ouverts au public, améliorerait les infrastructures et garantirait l’avenir du tournoi face à la concurrence internationale.

La justice britannique a récemment donné un feu vert important à Wimbledon, mais le dossier n’est pas encore totalement refermé. Des procédures et appels restent possibles ou en cours, ce qui explique pourquoi les qualifications continuent pour l’instant à Roehampton.

Publié le par Alexandre HERCHEUX

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