Oudéa-Castéra tacle la WTA: "Je suis secouée par cette politique"
WTA - RèglementLa réaction est aussi directe qu’attendue sur un sujet aussi délicat. Interrogée par L’Équipe ce mercredi 22 juillet, Amélie Oudéa-Castéra a exprimé de sérieuses réserves sur la nouvelle politique d’éligibilité adoptée par la WTA. L’ancienne ministre des Sports, aujourd’hui présidente du Comité national olympique et sportif français, reproche à l’instance du tennis féminin d’avoir décidé d’imposer à l’ensemble de ses joueuses un dépistage génétique destiné à établir leur éligibilité à la catégorie féminine. “La décision de la WTA va trop vite et trop loin”, a-t-elle tranché.
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— TennisActu (@TennisActu) July 20, 2026
"Je suis secouée par cette politique"
"Je trouve que la décision de la WTA va trop vite et trop loin. Je suis secouée par cette politique, parce qu'elle ne correspond pas au socle de valeurs de la France. C'est un recul en matière d'inclusion, c'est intrusif pour les femmes. Ça soulève des questions d'accompagnement des jeunes athlètes qui peuvent découvrir qu'elles sont détentrices du gène SRY, alors qu'elles ne s'y attendaient pas."
Sa prise de parole possède un poids particulier. Oudéa-Castéra a été directrice générale de la Fédération Française de Tennis entre 2021 et 2022, avant de devenir ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques. Durant son passage au gouvernement, elle avait également mis en place un groupe de travail consacré à la transidentité dans le sport de haut niveau. Elle s’exprime donc à la fois comme présidente du mouvement olympique français et comme ancienne dirigeante directement issue du monde du tennis.
Que prévoit exactement la nouvelle politique de la WTA ?
La nouvelle politique de la WTA est officiellement entrée en vigueur le 21 juillet 2026. Elle prévoit que chaque joueuse souhaitant participer aux tournois du circuit devra se soumettre à un dépistage unique du gène SRY. Ce dépistage peut être effectué à partir d’un prélèvement salivaire, d’un frottis buccal ou d’un échantillon sanguin. Un résultat négatif permet normalement de valider définitivement l’éligibilité de la joueuse, sauf raison médicale de penser que le résultat est erroné. Un résultat positif n’entraîne pas automatiquement une exclusion définitive. La joueuse concernée est en revanche déclarée provisoirement inéligible dans l’attente d’une évaluation médicale complémentaire. Elle doit alors démontrer qu’elle remplit l’une des exceptions prévues par le règlement, notamment dans le cas de certaines variations du développement sexuel n’ayant pas entraîné les effets physiologiques de la puberté masculine.
La WTA prévoit également que les joueuses devront signer un formulaire attestant qu’elles acceptent la procédure. Un refus de se soumettre au dépistage peut conduire à une inéligibilité et à des sanctions disciplinaires. L’instance assure que les résultats, les dossiers médicaux et les évaluations seront traités de manière strictement confidentielle. Elle prendra également en charge les frais du dépistage et des examens complémentaires qu’elle imposera.
Publié le par Alexandre HERCHEUX