Le Mag Tennis Actu (1)
Le Mag Tennis Actu (1) - Fête Le Mur bouge les quartiers Photo : @FeteLeMur

Le Mag Tennis Actu (1) - Fête Le Mur bouge les quartiers

Premier épisode de notre Mag consacré au tennis dans les quartiers. "L'ascenseur social est en panne, alors j'ai pris l'escalier" annonçait, aussi rieur que sérieux, Aziz Senni, un entrepreneur venu des quartier pour arriver au MEDEF, en titre de son livre. Sortir de son quartier et entrer dans la société française par la grande porte, disons-le c'est souvent du sport. Et, parfois, c'est justement par le sport que l'on parvient à s'en sortir. Si vous avez en tête certains exemples de grands footballeurs, sachez que ce n'est pas à Clairefontaine que Tennis Actu va vous emmener, non, c'est, pour ainsi dire, au pied de vrais quartiers, à des endroits où il est difficile a priori de changer les choses et d'aller contre l'exclusion et le fatalisme : La Courneuve, le quartier des Hauts de Mossane à Montpellier, les ZUS (Zones Urbaines Sensibles) de PauLilleGrigny, Lyon, et bien d'autres... Là, c'est Fête Le Mur qui tente de jouer le rôle de l'escalator.

Noah évoque "Fête Le Mur" pour Tennis Actu

Fête Le Mur : choisir librement sa pratique sportive

Choisir une discipline sportive, c'est souvent une affaire économique, et de classe socio-culturelle. Pas toujours, bien sûr, puisque l'équitation ou le tennis ont largement fait florès malgré une réputation élitiste : ils sont les 2e et 3e sports pratiqués en France, mais tout de même. Un enfant des quartiers Nord de Marseille aura sans doute plus souvent tendance à faire du foot que, mettons, du ski alpin : "Dis moi à quoi tu joues, je te dirai qui tu es et d'où tu viens".  Faire son possible pour démocratiser le tennis, c'était le projet initial de Fête Le Mur, cette association créée en 1996 sous l'égide de Yannick Noah, président et fondateur.

"A Fête Le Mur, tout le monde est le bienvenu, on ne refuse jamais un enfant," explique d'emblée Lore Biancardi qui s'occupe des événements et de la communication de l'association : "Ca peut faire du monde sur les courts, mais tant pis, on s'organise". De l'initiation et du mini tennis jusqu'à la compétition, de 7 à 18 ans, tout le monde peut trouver ici chaussure à son pied. La cotisation est peu onéreuse : 25 – 40 euros par enfant et par an. C'est largement abordable, même pour ces familles qui vivent souvent aux alentours du seuil de pauvreté, d'autant que les tarifs sont souvent abaissés en cas de fratrie. Pour ce qui est du matériel, c'est Babolat qui fournit balles et raquettes.

Une image de sport élitiste

Exit le critère économique, reste une image de "sport élitiste" : "Le tennis, c'est sûr, n'est pas le 1er sport vers lequel les enfants vont." reconnaît Lore Biancardi. "Le foot, le basket, la boxe sont des activités vers lesquelles les enfants vont plus facilement, mais le tennis est une proposition en plus. Aucun enfant ne soit se dire « ce sport ne m'est pas accessible". Il n'est d'ailleurs pas question de se sentir en concurrence avec les autres pratiques, souvent ancrées depuis longtemps sur ces territoires. "Le sport dans les quartiers, ce n'est pas dans l'idée d'une concurrence mais d'une collaboration". Grâce aux forums des Associations, aux actions menées dans les écoles de quartiers comme à Rouen ou à Grigny, sur les créneaux horaires de la fin de journée, au bouche à oreille, et aux diverses activités proposées, le tennis s'installe petit à petit comme un sport "fun" que l'on peut pratiquer sans avoir l'air de prendre la grosse tête. 

Nicot Da Sola, AMT pour le site de Montpellier, qui participe à ces initiations au tennis dans les collèges voisins du site, comme celui des Garrigues, en est le premier ravi mais relève : "Ce n'est pas simple. On se retrouve avec parfois deux classes dans un gymnase de futsal.Kelya, élève en CM1 et qui joue sur le site de Montpellier, résume la position des enfants de son groupe, Yaël, Bachir, Elias, Adem : "Moi, j'adore tout dans le tennis. Surtout le bruit de la balle quand on tape dedans. J'aime bien courir, et j'aime bien comment me placer. Mais j'aime bien frapper surtout. Si j'étais Présidente, je ferais en sorte que tout le monde joue au tennis, parce que c'est super", avant qu'Elies ne tempère : "Mais il faudrait aussi baisser le prix des raquettes et des chaussures. Parce que c'est cher pour les parents". Ils se montrent assidus : "Il n'y a pas une semaine où je ne viens pas" insistent-ils, même si l'un d'eux avoue avoir décroché la première année et être revenu après.

Trouver des finacements durables

Ne vous y trompez pas, cependant, Fête le Mur, ce n'est surtout pas que du tennis, mais la volonté de s'intégrer durablement sur un territoire. On ne bâtit pas des maisons de paille, non, on fait dans le solide et le durable : "un projet s'inscrit dans la pérennité, la ville doit être le porteur de projet, ainsi que les divers partenaires locaux. Un site ne s'installe que si nous sommes assurés que les bases sont solides." insiste Lore Biancardi. Il ne s'agit pas de faire un "happening" avec Yannick Noah et que rien ne se passe plus après. "Tout est fait pour suivre les élèves de leur tendre enfance jusqu'à l'âge adulte".

Cela a un coût, rappelle Séverine Thieffry, la directrice de l'association : "Nous avons des partenaires historiques qui nous financent : BNP Paribas, Engie... Ils sont liés au tennis, et sensibles à la valeur sociale. Nous avons des objectifs communs : le côté sportif, bien sûr. Pas seulement la compétition, mais aussi le sport pour le sport, pour ce qu'il apporte à l'individu, par ce qu'il lui permet de s'épanouir. Mais le côté social aussi, car le sport c'est bien, mais ça suffit pas." Pérenniser les site, pérenniser les emplois, et suivre les enfants, cela réclame de fait de s'inscrire non seulement matériellement dans le territoire mais surtout dans le tissu social. "Il faut se servir du sport pour développer autre chose. Fête Le Mur ça marche où on met les moyens. On ne parle pas seulement d'équipements, il faut autre chose derrière, or c'est ce qui coûte le plus cher, ce sont les moyens humains." Trouver des financements, voilà à présent le défi de l'association : "Nous manquons de réseaux, d'entreprises qui s'engagent, mais on se bat" affirme résolument la Directrice.

 

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Publié le par Clémence LACOUR

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