Tennis. Roland-Garros - Tommy Paul : "Je ne suis pas si cool que ça dans ma tête"
Par Sebastien CLAUDE le 24/05/2026 à 16:54
Battu en finale de l'ATP 500 d'Hambourg ce samedi 23 mai, Tommy Paul se tourne désormais vers Roland-Garros. L'Américain fera son entrée en lice ce lundi 25 mai face à l'Australien Rinky Hijikata, pour le deuxième duel entre les deux hommes, après le succès de Tommy Paul à Adélaïde en 2025. De passage en conférence de presse à la veille de son entrée en lice, le 26e joueur mondial s'est notamment arrêté sur la gestion de ses émotions sur le court, lui qui a encore sauvé cinq balles de match ce mercredi, face à Tomas Martin Etcheverry, en huitième de finale à Hambourg.
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"Mon corps est toujours au rendez-vous"
Bienvenue à Roland‑Garros. Peux‑tu parler un peu de la saison sur terre et de tes attentes ?
La terre battue, cette saison a été différente pour moi. Les mêmes tournois, avec l'ajout de Hambourg, mais avec des résultats différents. J'ai bien réussi avec différents matchs. Et puis, je ne dirais pas que j'ai mal joué, mais à Hambourg, j'ai eu de très bons matchs. Donc c'est un grand changement, entre Hambourg et Roland‑Garros. Mais je me sens en forme. Mon corps est toujours au rendez‑vous. J'essaie simplement d'avoir un jour pour bien me récupérer et ensuite, on verra demain.
Bienvenue à Roland‑Garros ! Je t'ai vu à Hambourg, je n'ai pas pu te parler hier. Peux‑tu parler un peu de ce match et de ton expérience en général ?
Ce n'était pas idéal. Je pense que mon adversaire jouait très bien, mieux que moi. J'aurais aimé frapper plus fort, j'aurais aimé que certaines choses sortent différemment. C'est le tennis. C'est dommage. Mais bon, c'est comme cela. La priorité, c'est toujours le Grand Chelem, arriver ici, et déployer mon meilleur tennis.
Tu as été un peu un expert en balle de match, à Houston, et la semaine dernière, il y en a tellement eu. Qu'est‑ce que c'est la clé, comment tu y arrives ?
Je ne sais pas. J'ai aussi perdu à Miami, donc en fait, on verra bien comment cela se passe aujourd'hui. À Hambourg, je me disais : je vais disputer chaque match avec agressivité. Mais si on perd, il faut mieux se préparer pour Roland‑Garros. Il y avait moins de pression. Peu importe, pour une balle de match, je vais simplement essayer de faire rentrer mes balles. Je n'avais jamais le sentiment de décrocher de mes matchs et ça, cela aide. Je n'ai jamais été à 5‑0, d'avoir beaucoup de balles perdues. Mais il faut croire en soi, et on pense toujours que l'on peut toujours faire une remontada.
Une question sur le même sujet. En fait, le tennis est toujours spécial, parce qu'on peut toujours remonter. Ce n'est pas comme les sports américains, où l'on joue contre la montre. Si tu pouvais changer une règle dans le score, qu'est‑ce que tu changerais ?
C'est quelque chose d'unique, c'est vrai. C'est cela qui est aussi cool avec le tennis. Il n'y a pas de chronomètre, en fait. Tant que l'on n'est pas à la fin, on peut toujours gagner. C'est cela que j'ai ressenti ces dernières semaines. S'il y a quelque chose que je devais changer... Je ne sais pas. Le fait de soulever le trophée, d'avoir le micro devant vous pour répondre à des interviews… C'est peut‑être cela.
"Il faut accepter la défaite"
Comment arrives‑tu à garder ton sang‑froid quoi qu'il arrive ? Il semble que tu arrives toujours à être impassible, quoi qu'il arrive.
Attention, dans ma tête, les choses ne vont pas aussi sereinement que cela n'apparaît. Mais moins on le montre sur le court, mieux c'est. Après, chacun gère ses émotions à sa manière. Il y a des moments où l'on a le tumulte à l'intérieur, il y a des moments où l'on peut être agressif, où l'on casse la raquette et finalement, on arrive à bien jouer. Moi, j'arrive à rester placide, et c'est comme cela que j'arrive à déployer mon meilleur tennis.
Qu'as‑tu as appris sur la capacité à boucler des matchs ? Peut‑être qu'il y a des moments où tu n'arrivais pas à boucler les matchs comme tu le voulais, comme à Miami.
C'est une bonne question, cela. Je me rappelle comment je me sentais à Miami, même après pas mal de balles de match. La première, tu dis : OK, tu joues un peu décontracté sur un point, et tu penses qu'après, petit à petit, l'ascendant te perd, que le match te glisse des mains. Et puis, tu peux voir qu'ils peuvent gagner. Moi, je peux jouer, j'ai des balles de match, et je ne veux pas forcer non plus, donc je vais simplement essayer de jouer contre mon adversaire, le pousser dans ses retranchements, et puis on essaie de décocher ses meilleures frappes. Et puis, il faut accepter la défaite, quand on doit accuser une défaite. C'est comme cela, en fait !
Est‑ce que ces balles sont différentes, par rapport aux baseball par exemple ? Je ne sais pas s'il y a une différence.
Oui, bien sûr ! Chaque point, chaque balle est différente, à sa manière. Et puis, plus tard dans un match. On a une routine, on se dit : ok, ça, c'est ce que je veux arriver à faire avec cette balle, avec cette balle. Et puis, tout est jeté par la fenêtre quand tu joues contre un adversaire en vrai. Tu peux essayer de te concentrer sur tes premiers services, et puis quand tu es en deuxième service, ton état d'esprit est complètement différent. Quand tu es à trois balles de match, il faut faire en sorte de se concentrer sur le jeu le plus simple, essayer de faire en sorte que ton adversaire commette une erreur.
"Je me pousse à essayer de monter au filet"
Après avoir regardé le tennis à la télé, pendant des années, on a pu voir notamment que les meilleurs joueurs, c'est quand ils jouent les angles, partout sur le court. Toi, tu es très bon aussi. À quel point c'est important de pouvoir être un joueur complet, quelle que soit la surface ?
Oui, c'est vrai. C'est là où l'on doit s'améliorer pour être au top, et pas seulement au top, en fait. Il faut être bon. Tout le monde sait aussi décocher la balle dans les coins. Cela dépend si tu joues à l'offensive, en défensif, ou si tu es au retour. C'est cela qui est incroyable. Mon coach me pousse beaucoup là‑dedans. Moi je me pousse aussi à essayer de monter au filet, quand quelqu'un joue en défensif. Si quelqu'un est en défensif, il frappe aussi fort, après tu es en fond de ligne, et il faut la rejeter, il faut la relancer. Et puis quand tu as une volée, il faut essayer de monter à l'offensive.
(Hors micro)
Tu veux dire sur la défense ? Qu'est‑ce que tu veux dire ?
Non, par rapport à ces positions, à l'offensive et la défensive, que pourrais‑tu dire à ce sujet ?
C'est avant tout une question de jeu de jambes. Le fait qu'il y ait beaucoup d'améliorations ces derniers temps, c'est beaucoup lié à l'équipement, en fait. Je ne pense pas que l'on frapperait les mêmes balles, avec les mêmes raquettes, et la même tension de cordage. Il suffit de répéter, de s'entraîner. Vous savez, on joue beaucoup au tennis, en fait ! On joue beaucoup, beaucoup, aussi bien en défensive qu'à l'offensive. Certains se débrouillent mieux que d'autres. Certains ont un talent naturel, et puis d'autres travaillent beaucoup sur ces frappes‑là. Il y en a, comme Demon par exemple, il est extraordinaire, Carlos, aussi. Déjà, ils sont en super condition physique. Ils jouent fort, et ils s'entraînent, et ils s'entraînent sur ces frappes‑là.
