Pourquoi les joueurs vont encore limiter les médias à 15 minutes ?
WimbledonLes meilleurs joueurs et joueuses du monde vont poursuivre leur fronde à Wimbledon, qui débute lundi 29 juin à Londres. Selon un communiqué diffusé par Teneo, cabinet qui conseille le groupe de joueurs mobilisé sur le partage des revenus des Grands Chelems, les joueurs limiteront leurs engagements médias contractuels à 15 minutes par jour pendant la première semaine de Wimbledon.
Vidéo: Aryna Sabalenka expliquait la fronde des joueurs à Roland-Garros
À première vue, le sujet peut sembler étonnant : Wimbledon vient d’annoncer une dotation record de 64,2 millions de livres, en hausse de 20% par rapport à 2025. Les vainqueurs du simple masculin et féminin toucheront chacun 3,6 millions de livres, les joueurs battus au premier tour recevront 80 000 livres, et la dotation des qualifications grimpe également à 6,2 millions de livres, soit une hausse de 25%. Pourtant, cela n’a pas suffi à calmer le bras de fer.
Un mouvement né à Roland-Garros
Cette action avait déjà marqué le Media Day de Roland-Garros. Plusieurs stars avaient écourté leurs conférences de presse à 15 minutes pour envoyer un message aux organisateurs des Grands Chelems. Aryna Sabalenka, Jannik Sinner, Iga Swiatek ou Coco Gauff faisaient partie des noms associés à cette contestation à Paris. Novak Djokovic, lui, s’était tenu à distance du mouvement. À Wimbledon, la fronde pourrait prendre une dimension plus forte. Il ne s’agit plus seulement du Media Day d’avant-tournoi : les joueurs veulent limiter leurs engagements médias contractuels à 15 minutes par jour pendant toute la première semaine des Championships. Cela concernerait donc aussi les passages après les matchs, du lundi 29 juin au dimanche 5 juillet.
Wimbledon “surpris et déçu”
La réaction de l’All England Club n’a pas tardé. Wimbledon, via un communiqué, s’est dit “surpris et déçu” par cette décision, rappelant avoir consenti la plus forte hausse annuelle de prize money de son histoire. L’organisation insiste aussi sur son modèle particulier : contrairement à un Masters 1000, Wimbledon se présente comme une structure à but non lucratif, qui réinvestit une grande partie de ses excédents dans le tennis britannique. Debbie Jevans, présidente de l’All England Club, avait déjà défendu cette position lors de l’annonce de la dotation. Selon elle, calculer le prize money uniquement en fonction des revenus “n’a pas de sens”, car cela ne prendrait pas en compte les investissements dans les installations, le développement du jeu, les infrastructures et l’environnement des joueurs.
Publié le par Alexandre HERCHEUX