Tennis. Wimbledon - Prize money record, mais le bras de fer avec les joueurs continue
Par Alexandre HERCHEUX le 18/06/2026 à 15:18
A l'approche du coup d’envoi de Wimbledon, le conflit financier entre les joueurs et les organisateurs des Grands Chelems reste loin d’être terminé. Malgré une dotation record de 64,2 millions de livres annoncée par le tournoi londonien, les représentants des joueurs estiment que leurs principales revendications sur le partage des revenus, la protection sociale et leur représentation n’ont toujours pas obtenu de réponse.
Une hausse historique de 20 %
Wimbledon a pourtant consenti un effort inédit. La dotation totale de l’édition 2026 augmente de 20 % par rapport à l’année précédente, soit une hausse de 10,7 millions de livres. Les champions des simples masculin et féminin empocheront chacun 3,6 millions de livres, contre 1,8 million pour les finalistes. Les joueurs éliminés dès le premier tour recevront 80 000 livres, tandis que 6,2 millions seront consacrés aux qualifications. L’All England Club rappelle également avoir investi près d’un milliard de livres dans le tennis depuis la pandémie, entre le prize money, les installations, la saison sur gazon et le développement de la discipline.
Cette augmentation a été qualifiée de "véritable avancée significative" par le groupe réunissant plusieurs joueurs majeurs des circuits ATP et WTA. Elle devrait permettre à Wimbledon d’éviter une nouvelle action de protestation après les conférences de presse volontairement écourtées à Roland-Garros.
Les joueurs réclamaient 71,2 millions
L’accord reste toutefois très partiel. Les joueurs avaient demandé une dotation de 71,2 millions de livres en 2026, correspondant à 16 % des revenus projetés du tournoi. Ils présentent cet objectif comme une première étape vers un partage à hauteur de 22 % d’ici 2030, comparable à celui pratiqué selon eux dans les plus importants tournois communs aux circuits ATP et WTA. D’après leurs calculs, les 64,2 millions proposés par Wimbledon ne représentent que 14,4 % des revenus attendus en 2026. Cette proportion resterait inférieure aux 14,9 % reversés aux joueurs en 2015, alors que les revenus du tournoi auraient augmenté d’environ 280 millions de livres au cours de la décennie.
L’All England Club conteste cette méthode de calcul. Sa présidente Deborah Jevans estime qu’un strict partage des revenus n’est pas adapté au fonctionnement d’une organisation à but non lucratif, qui réinvestit ses bénéfices dans les infrastructures, la Fédération britannique et le développement du tennis.
Santé, retraites et pouvoir de décision
Le débat dépasse désormais largement le montant des chèques. Les joueurs attendent également une contribution directe des quatre tournois du Grand Chelem à un fonds social couvrant notamment la santé à long terme, les retraites et la maternité. Ils réclament aussi une formule transparente permettant au prize money d’augmenter automatiquement avec les recettes des tournois, ainsi qu’un conseil leur donnant un véritable pouvoir de représentation dans les décisions qui les concernent.
Wimbledon s’est engagé à poursuivre les négociations après son édition 2026, programmée du 29 juin au 12 juillet. "Les joueurs ne recherchent pas la confrontation pour elle-même. Ils veulent un accord équitable qui reflète leur rôle central dans le succès de ces tournois", ont-ils prévenu. La fronde est momentanément contenue, mais le bras de fer avec les Grands Chelems ne fait sans doute que commencer.
