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Photo : @ArthurWeber/TennisActu

ITW/Le Mag - L'OVNI Arthur Weber, 30 ans: "Je n'ai pas de temps à perdre"

Publié le par Alexandre HERCHEUX

Un "OVNI" comme Tennis Actu l'avait surnommé fin octobre... L'histoire d'Arthur Weber est tout simplement dingue. Le 30 octobre, le Tricolore a vécu un grand moment en décrochant son tout premier titre en carrière à 30 ans ! Le champion de Bretagne a fait des ravages à Jakarta et a fini en beauté avec un succès contre Thomas John Fancutt, 7-6 (9), 7-6 (9). Le licencié du Tennis Padel Concarneau, diplômé d'un Master en finance, a découvert le circuit pro en 2017. Il avait donc 24 ans. Vivant une grande partie de son année en Asie, il a pu faire ses gammes en Indonésie, au Vietnam, à Hong Kong mais aussi de temps en temps en Europe. Après deux ans de pause en octobre 2019 et octobre 2021, avec notamment le Covid, le Frenchie a joué en France et au Maroc avant de repartir en Asie au début du mois d'octobre.

Arthur Weber, 1er titre à 30 ans, au micro de Tennis Actu


Avec les points de son sacre puis d'une finale la semaine d'après, toujours à JakartaWeber se retrouve maintenant 571e mondial. Pour Tennis Actu, Arthur a accepté de revenir sur son titre mais aussi tout son fabuleux parcours qui l'a mené jusqu'à Ho Chi Minh City. Rencontre avec un garçon aussi attachant qu'atypique et ambitieux ! 

 

"Des mecs ont dû se demander : "C’est qui celui-là ?""

Arthur, tu as surpris tout le monde en remportant ton premier titre à 30 ans, au 25 000 de Jakarta. Comment as-tu vécu ce moment et peux-tu nous dire ce que ça représente avec un mois de recul ?

C’était assez dingue ! Pas du tout attendu. Je l’ai gagné à l’autre bout du monde, même si je vis la moitié de l’année au Vietnam. Tous mes potes du Vietnam n’étaient pas sur place. C’est un titre qui arrive de manière inattendue. Tu l’apprécies et savoures un peu seul. C’était des communications par messages. A gérer, c’est assez bizarre. On a fêté cela après. Ça a ponctué entre quatre et six semaines assez dingues pour moi. Le 12 septembre, j’avais un point ATP. Je devais revenir en Asie fin septembre. Finalement, j’aime bien le Maroc, je vais jouer là-bas. Je fais demi-finale au deuxième tournoi là-bas. Au Vietnam, je fais une demi-finale en sortant des qualifs. Je me dis que je vais continuer, je suis entré dans les 1000, et je vais à Jakarta. Je suis tableau final, je sors la tête de série numéro 1 et après ça s’enchaîne ! Je me retrouve en finale et je gagne. C’est dingue et je ne l’avais pas prévu. Chaque jour était quelque chose de nouveau. C’était inimaginable pour moi.

 

Finalement, il n’y avait pas de plan ?

Non non ! C’est ma personnalité. Je suis dans le moment présent, ouvert à plein de choses. Quand on me demande ce que je vais faire dans 6 mois, c’est compliqué pour moi… J’adore la compétition donc là quand j’ai commencé à bien jouer, j’ai enchaîné. Il n’y a pas de plan. Je suis juste prêt à m’adapter. Les mois qui vont venir sont aussi des mois avec des plans qui ont changé. Je vais essayer de m’adapter pendant des mois voire des années.

 

Un titre pro, tu l’avais dans un coin de ta tête ?

Non honnêtement. J’ai fait très peu de Futures… Gérer une semaine entière, je ne savais même pas comment on faisait. J’ai su faire quelques gros matchs mais c’était dur pour moi d’enchaîner. J’ai réussi à confirmer au deuxième match et au troisième. Ma force a peut-être été de ne pas me mettre de pression ni d’avoir d’attentes. Je ne savais pas si j’aurais une autre chance donc ça m’a permis de me relâcher même si j’étais tendu à la fin. C’est tellement arrivé vite que c’est dur de mettre un mot sur tout ça. Mais pourquoi pas le répéter ?

 

Sur Tennis Actu, on a parlé d’OVNI. Tu es d’accord ?

Oui oui plutôt… J’ai 30 ans, je n’ai jamais vraiment fait de Futures… Je n’ai jamais fait de gros tournois jeunes. Le premier Future, c’était à Jakarta en 2017. J’avais 24 ans. De 17 à 24 ans, tout le monde joue pour être pro, moi je ne jouais que l’été et je n’étais pas connu. Ensuite, j’ai joué 6 mois mais je me suis blessé. On me connaissait un peu chez les négatifs mais c’est tout. C’est vrai que c’est un profil atypique et une histoire différente de tous les autres mecs sur le circuit. Je pense que le mot OVNI est adapté à mon histoire. J’ai fait peu de tournois et je gagne un titre. Il y a des mecs qui jouent toutes les semaines et voilà… Peut-être que moi maintenant je vais jouer toutes les semaines et ne plus y arriver. Mais oui, des mecs ont dû se demander : « C’est qui celui-là ? »

 

 

 

 

"Je joue avec un coach local. Je m’entraîne au service seul. Un peu de gym seul. C’est de la débrouille mais c’est un équilibre important pour moi. J’essaie de me professionnaliser mais je reste moi (...) Je ne sais pas où je vais et c’est beau"

Peux-tu revenir un peu sur ton parcours depuis jeune jusqu’à ton Master ?

J’ai grandi du côté de Montpellier. J’ai commencé le tennis à la Grande Motte. Système très classique du club municipal, avec le prof du club super compétent. Je jouais les tournois dans le coin. En 15-16 ans, j’avais fait le championnat de France. A 18 ans, j’avais fait le parcours classique d’un élève, pas d’un sportif de haut-niveau. Bac S, prépa éco ensuite en essayant de jouer encore un peu. Je suis allé à la FAC à Paris en Banque/Finance. Je m’organisais pour jouer les week-ends en ayant toujours cette volonté de voir ce qu’était le plus haut-niveau. J’ai terminé mes études, après une année de césure en Fac aux USA, à San Francisco. 2016, je finis mon Master et je me pose des questions. Beaucoup allaient en banque d’affaires. J’avais fait deux stages. Au fond de moi, je n’avais pas envie de faire ça. Pas de suite en tout cas. J’avais encore envie de profiter de mes compétences sportives. J’avais envie d’aller voir le circuit. J’ai pris plaisir à voyager. J’ai eu la chance de découvrir le monde entier avec mon père qui était pilote de ligne. Je voyageais et j’allais me confronter à des mecs plus forts, c’était super. Au bout de quelques mois, je me blesse. Après, je n’avais pas envie d’aller bosser… Mon dernier stage avait été au Vietnam. J’avais adoré ce pays. En 2018, je retourne  au Vietnam vivre là-bas. Donner des cours de tennis était la bonne solution. 6 mois là-bas et revenir pour jouer les matchs par équipes en France. Une année, deux ans et ensuite le Covid arrive. Au Vietnam, pas de confinement. Je suis resté. Juin 2021, le Covid arrive au Vietnam donc je rentre en France. J’ai passé 15 mois où j’ai profité pour voir ma famille et faire de la compétition à fond. J’avais le projet de retourner sur le circuit mais je n’avais pas joué depuis deux ans. J’ai abaissé mes objectifs. J’ai eu de bons résultats finalement à la fin et j’en ai profité quand je suis revenu en Asie.

 

A quoi ressemble ton quotidien alors au Vietnam ?

En fait, il y a peu de tournois ici. Je suis reparti pour 7 mois ici. Je me base au Vietnam et j’irai faire quelques tournois. Entre-temps, je coache des expats’. Je suis basé au Vietnam, à Ho Chi Minh City. Je donne des cours quand je reviens et je joue autour du Vietnam. Maintenant, j’en donne un peu moins pour m’entraîner. Dès que les calendriers correspondent, je m’entraîne avec les meilleurs vietnamiens. Je donne deux heures de cours par jour et je m’entraîne avec les gars. Je joue avec un coach local. Je m’entraîne au service seul. Un peu de gym seul. C’est de la débrouille mais c’est un équilibre important pour moi. J’essaie de me professionnaliser mais je reste moi. Je veux faire les choses comme j’ai envie de les faire.

 

Tu ne veux pas de voie trop scolaire ?

Je ne l’ai jamais vécu mais j’ai envie d’être au Vietnam. Il n’y a pas ces structures d’entraînement ici. Mon choix, c’est d’être ici et de m’adapter. Ce n’est pas servi sur un plateau mais tu peux te faire ton programme. Garder cet équilibre, c’est important pour moi et c’est ce qui me donne du plaisir. Je ne me vois pas partir en Europe pour juste m’entraîner dans un cadre strict. Je fais ce que j’ai envie et j’essaie de m’écouter.

 

Donc là, Vietnam jusqu’en avril ?

Oui tout à fait. Je jouerai aux alentours. J’adore jouer. Ma saison a commencé en septembre. J’ai un point à défendre en janvier jusqu’à mi-septembre. Je ne suis pas sur une année calendaire. Je vais aller en Nouvelle-Zélande là, j’ai un ami là-bas en plus donc je peux voir des gens que j’apprécie et visiter. J’essaierai d’entrer dans les qualifs de Challenger en Thaïlande ensuite. Fin avril, je rentrerai en Europe et je jouerai avec mon club de Concarneau en matchs par équipes.

 

En Asie, les cuts sont plus bas, tu peux donc vite te retrouver dans des tableaux ?

Oui exactement. C’est drôle de parler de cut en Challenger. Il y a un mois, c’était inimaginable. Maintenant, c’est possible. Je n’ai pas de temps à perdre donc si je peux y aller, j’irai. Si je peux être amené à jouer des tournois que je ne peux pas faire en Europe, je foncerai. Je ne sais pas où je vais et c’est beau.

 

 

"Mes rêves ? Participer à un Grand Chelem et pouvoir vivre de ça. Vivre de sa passion, on ne peut faire mieux..."

Quels sont tes rêves maintenant ? Est-ce qu’ils ont été « actualisés » avec ce titre ?

Oui, je dirais que c’est participer à un Grand Chelem et pouvoir vivre de ça. Vivre de sa passion, on ne peut faire mieux. Je n’ai pas de limite, ça peut évoluer en fonction de ce qui peut se passer. Peut-être que mon classement actuel sera mon max. Mais peut-être que je pourrai jouer un Grand Chelem. C’est un peu tôt pour y penser. Je dois rester sur terre et rester humble. Pour le moment, les qualifs de Challenger et gagner un match, ce sera déjà cool.

 

Qualifs de Roland-Garros, ce serait dingue ? Tu connais déjà le site en plus…

Ce serait sublime. Oui j’ai joué le championnat de France deuxième série. Là-bas, c’était vraiment cool. Mon quotidien, c’était des tournois Open sur des terrains parfois moyens etc… Là-bas, tu arrives avec des terrains au top, des ramasseurs… C’était un kiff.

 

Qu’est ce qu’on peut souhaiter à Arthur Weber ?

De continuer à prendre du plaisir. C’est ce plaisir qui me pousse à jouer. De gagner des matchs. Ne se fixer aucune limite et rester la même personne.

 

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