Tennis. Dopage - Marketa Vondrousova suspendue 4 ans : la décision complète dévoilée
Par Alexandre HERCHEUX le 31/07/2026 à 16:06
La sanction était connue depuis le 22 juin, mais ses motivations précises sont désormais publiques. Ce vendredi 31 juillet, l’Agence internationale pour l’intégrité du tennis a diffusé la décision écrite complète dans l’affaire Marketa Vondrousova, suspendue jusqu’au 21 juin 2030 pour avoir refusé de se soumettre à un contrôle antidopage hors compétition. La championne de Wimbledon 2023 n’a pas été contrôlée positive à une substance interdite. Elle a été reconnue coupable d’une violation de l’article 2.3 du programme antidopage du tennis, relatif au refus ou à l’absence de soumission à un prélèvement sans justification impérieuse.
The full decision in the anti-doping case of Markéta Vondroušová has now been published.
— International Tennis Integrity Agency (@itia_tennis) July 31, 2026
The decision provides the independent tribunal's written reasons for issuing Vondroušová with a four-year suspension following a test refusal in December 2025.
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Une contrôleuse au domicile de Vondrousova à 20h
Les faits se sont produits le 3 décembre 2025, au domicile de Marketa Vondrousova à Prague. Une agente de contrôle s’est présentée vers 20h afin de recueillir des échantillons d’urine et de sang. La Tchèque était seule dans son appartement et son créneau quotidien déclaré pour les contrôles était fixé entre 7h et 8h. Ce créneau d’une heure garantit qu’un sportif est disponible à un endroit précis, mais n’empêche pas les contrôleurs d’intervenir à un autre moment de la journée. Vondrousova, qui avait déjà été notifiée d’au moins 83 contrôles antidopage au cours de sa carrière, a pourtant contesté la possibilité d’être testée le soir.
Après plusieurs échanges par l’interphone, elle a contacté son agent, puis est descendue avec son chien. Les versions divergent sur le nombre de sonneries, la présentation de la contrôleuse et l’affichage de ses documents d’identité. Il est néanmoins établi que Vondrousova a signé un formulaire signalant son refus, avant de quitter les lieux. Le document utilisé par l’agente était obsolète et mentionnait encore une possible suspension de deux ans. Le tribunal a toutefois estimé que cette irrégularité ne suffisait pas à invalider la procédure. Selon les juges, la joueuse avait compris qu’une contrôleuse officielle demandait un prélèvement et avait été prévenue des conséquences possibles de son refus.
"Une femme inconnue, la nuit" : la défense de Vondrousova
Marketa Vondrousova a soutenu qu’elle ne cherchait pas à échapper au contrôle. Sa défense reposait principalement sur son sentiment d’insécurité, son état psychologique et le caractère inhabituel de la visite. "Le vrai problème, c'était toute l'expérience : une femme inconnue, la nuit, seule...", a-t-elle notamment expliqué. La Tchèque a évoqué une accumulation de menaces reçues en ligne, une hypervigilance chronique, ses problèmes de sommeil et les douleurs provoquées par une blessure persistante à l’épaule. Elle a également expliqué que l’agression subie par Petra Kvitova à son domicile en 2016 avait renforcé sa peur face à une personne inconnue se présentant chez elle.
Plusieurs spécialistes mandatés par la joueuse ont conclu qu’elle souffrait d’un trouble anxieux généralisé et d’une réaction aiguë au stress susceptible d’avoir altéré son jugement. Le tribunal a reconnu que Vondrousova avait éprouvé de l’anxiété et du stress, mais il a jugé que les expertises avaient été réalisées rétrospectivement et que certaines n’étaient pas suffisamment étayées. Les juges ont surtout estimé que son état ne l’avait pas privée de sa capacité à comprendre la situation et à prendre une décision. Son refus a donc été considéré comme délibéré, même si le tribunal n’a pas affirmé qu’elle avait cherché à dissimuler un recours au dopage.
Deux contrôles négatifs après l'incident
Un élément essentiel apparaît également dans la décision : aucun produit interdit n’a été détecté lors de deux contrôles réalisés après les faits. Marketa Vondrousova a fourni un échantillon le 7 décembre 2025, quatre jours après l’incident, puis un autre le 3 mai 2026. Les deux analyses se sont révélées négatives. Ces résultats n’annulent cependant pas la violation liée au refus du premier contrôle. Les règles antidopage prévoient une sanction de départ identique à celle applicable à un contrôle positif, afin qu’un sportif ne puisse pas obtenir une peine plus faible en refusant simplement de fournir un échantillon.
Les tests négatifs ont toutefois eu une conséquence favorable pour la joueuse. L’ITIA et le tribunal ont accepté de conserver tous les résultats obtenus entre le 3 décembre 2025 et le début de sa suspension, le 22 juin 2026. Aucun classement, prize money ou résultat sportif réalisé durant cette période n’a donc été annulé.
Une suspension jusqu'en juin 2030 et un possible appel
Le tribunal indépendant n’a retenu ni absence de faute, ni faute non significative, ni circonstances exceptionnelles permettant de réduire la peine. La suspension de quatre ans a débuté le 22 juin 2026 et s’achèvera le 21 juin 2030. Pendant cette période, Marketa Vondrousova ne peut pas jouer, entraîner ou assister à un événement organisé ou reconnu par l’ITF, la WTA, l’ATP, les tournois du Grand Chelem ou une fédération nationale. L’ancienne sixième mondiale aura 30 ans lorsqu’elle sera autorisée à revenir. La championne de Wimbledon dispose encore d’un droit d’appel devant le Tribunal arbitral du sport. Le délai est fixé à 21 jours à compter de la réception de la décision écrite, une date qui n’est pas précisée dans le document public.
