Tennis. INTERVIEW - Quentin Halys : "Je sais que ce n’est pas de la chance..."
Par Alexandre HERCHEUX le 29/07/2026 à 12:20
Quelques jours après avoir décroché à Kitzbühel le premier titre ATP de sa carrière, en dominant Alexander Bublik en finale, Quentin Halys a longuement réagi pour Tennis Actu. Le Français de 29 ans raconte le moment où il a réellement pris conscience de son sacre, revient sur les années de doute qui ont suivi ses débuts prometteurs et assure aujourd’hui ne pas souffrir du syndrome de l’imposteur : "Je sais que ce n’est pas de la chance." Son passage difficile sur le circuit Challenger, son départ de la Fédération, le rôle inattendu du Covid dans sa "deuxième carrière", ses ambitions à l’US Open et aux Jeux Olympiques de Los Angeles, la Coupe Davis ou encore sa situation sans équipementier : Quentin Halys s'est livré sans détour sur ce titre qui pourrait changer la suite de sa carrière.
"C’est beaucoup, beaucoup de fierté"
Quentin, quelques jours sont passés depuis cette victoire. Quel est le moment où tu as réellement compris que tu étais devenu un champion ATP ? Est-ce la balle de match, le trophée en main ou est-ce après, avec les messages ?
Non, je pense que c’est plutôt après. Voilà, le fait d’être un peu à la maison, d’avoir réalisé, d’avoir revu un petit peu les images et d’avoir vu ma famille, c’est là que j’ai commencé à réaliser. Pour l’instant, c’est cool, c’est beaucoup d’émotions positives, mais voilà, c’est encore tout frais, tout proche. Je pense que ce sera un peu différent la première fois que je retourne en tournoi, la première fois que je refais un match, tout ça. Mais pour l’instant, ce n’est que du positif, c’est cool.
À chaud, tu as beaucoup parlé de fierté et de confiance. Quel est finalement le sentiment qui domine un peu ? Est-ce que c’est la joie, un soulagement ou simplement l’idée du travail accompli ?
Un soulagement, non, parce que ce n’est pas quelque chose que j’avais forcément en tête ou quelque chose pour lequel je me prenais la tête depuis longtemps. Je n’étais pas si proche que ça de gagner un tournoi. Mais beaucoup, beaucoup de fierté. Voilà, j’espère surtout que ça va me donner un peu d’élan pour la suite, que ça va me pousser à prendre encore plus confiance en moi, à prendre confiance en mon jeu et à me motiver encore plus pour bosser encore plus.
Est-ce que tu ressens tout de même l’idée d’une case cochée ou pas forcément ?
Non, je n’avais pas ce poids-là sur les épaules. C’est juste quelque chose de cool qui, je pense, ne pourra que m’aider pour la suite. Mais je n’avais pas de poids sur les épaules de ce côté-là.
"Entre faire un bon tournoi et le gagner, il y a une énorme différence"
Est-ce que tu as parfois douté de la possibilité de gagner un titre ? Cela fait plusieurs mois, voire plusieurs années, que tu n’es pas si loin et qu’on sent que tu l’as dans ta raquette. Est-ce qu’il y a eu des moments de doute où tu t’es dit que cela n’allait peut-être pas venir ?
Moi, je ne le sentais pas tant que ça. Je n’avais fait qu’une seule finale dans ma carrière sur le circuit ATP et j’étais passé complètement à côté. Ce n’est pas comme si j’avais eu beaucoup, beaucoup d’opportunités. Ces derniers temps, je le sentais bien, je faisais de bons tournois. Mais entre faire un bon tournoi et le gagner, ou même aller en finale, il y a une énorme différence. Donc forcément, c’est très, très différent.
Je n’étais pas très proche, mais sur beaucoup de tournois, notamment sur de gros tournois, j’ai battu pas mal de joueurs en Grand Chelem. J’ai souvent bien joué à Miami, mais c’est vrai que je ne me suis pas rapproché tant que ça des deuxièmes semaines non plus. Donc voilà, c’est qu’il y avait un souci et j’ai réussi cette semaine à l’effacer. Déjà, la semaine d’avant à Gstaad, c’était quand même un bon tournoi. Voilà, j’espère juste que ça va me donner le chemin à suivre et que je pourrai réussir à le répéter.
À quel moment t’es-tu dit que tu pouvais vraiment le faire ? Est-ce que c’est quelque chose que tu avais en tête pendant le tournoi ?
Non, non, pas du tout. Surtout quand je vois le tableau : le tableau était super fort. Il y avait plein de bons joueurs. Je pense qu’à tous les matchs, j’étais quasiment jamais favori. Donc voilà, je savais que c’était dur. Mais par contre, je me sentais bien, je ne me prenais pas trop la tête. Et parfois, c’est quand on s’y attend le moins que ça arrive. Probablement que ça faisait partie de ces semaines-là.
"Avant le match, je me répétais : “Surtout, profite”"
Avant la finale, tu avais vraiment envie que ce soit différent de Gstaad. As-tu fait quelque chose de concrètement différent dans ta préparation ou dans ta manière d’aborder le match ?
J’ai pris plus mon temps qu’à Gstaad. Je suis arrivé un peu plus tôt. Je voulais vraiment prendre du temps pour bien m’échauffer, pour avoir du temps pour moi avant le match. Peut-être qu’à Gstaad, j’avais un peu précipité les choses. Je n’étais pas non plus dans le même état. J’étais sorti des qualifications, j’avais joué tous les jours à Gstaad, j’étais probablement plus fatigué. Là, je me sentais vraiment très bien.
Je me suis répété avant le match : « Surtout, profite du match, surtout, prends du plaisir. » Que tu gagnes ou que tu perdes, ça reste un bon moment. Parce que finalement, la finale de Gstaad, ce n’est pas un si bon moment que ça. Quand tu prends une branlée en si peu de temps, c’est un bon résultat, mais tu n’en as pas des souvenirs fabuleux. Alors que là, je voulais vraiment bien me dire : « La semaine a été belle. Aujourd’hui, finis-la bien. Peu importe ce qui se passe, ne te pose pas plus de questions et donne tout sur ce match. »
Comment t’es-tu senti avant d’entrer sur le court ? Est-ce que le stress est inévitable ou as-tu réussi à rester assez serein jusqu’à l’entrée sur le terrain ?
Non, non, le stress est bien inévitable. Je suis sur une finale, on ne sait pas quand on sera à la prochaine. Donc voilà, j’avais vraiment envie de la gagner. Je me sentais bien. Je l’avais battu la semaine d’avant, donc le contexte était quand même plus positif de mon côté. Et par chance, grâce à ma préparation, je suis extrêmement bien rentré dans le match. Tout de suite, j’ai eu des sensations incroyables. Ça m’a immédiatement aidé à me libérer et à très, très bien démarrer le match.
"Je sais que ce n’est pas de la chance"
Olivier Malcor, ton coach, nous a expliqué que tu avais parfois du mal à te persuader que tu pouvais être vraiment fort. Est-ce que ce titre peut changer ta manière de te voir toi-même et t’aider à prendre confiance ?
Oui, je l’espère. En tout cas, je vais essayer au maximum de m’en rappeler, de me dire que je sais que ce n’est pas de la chance et que j’ai battu de très bons joueurs au cours de cette semaine. Donc j’espère vraiment que ça va m’aider à passer un cap en termes de confiance en moi et de confiance dans mon jeu, pour être le plus régulier possible à ce niveau.
Comment expliques-tu justement ces doutes ? Est-ce que c’est lié à ton éducation, à une forme de modestie ou simplement à ton caractère ? Comment expliques-tu que tu puisses battre les meilleurs tout en continuant à te fixer certains plafonds ?
Je ne sais pas. J’ai toujours été un peu comme ça. Je pense que c’est un peu dans mon caractère. J’ai un jeu qui me fait prendre des risques, où parfois il peut y avoir des résultats moins bons et forcément des défaites moins bonnes, on va dire. Souvent, les défaites un peu moins bonnes vont me faire me poser énormément de questions, vont me faire tout remettre en question. Donc voilà, c’est tout ça que j’arrive à moins me faire subir et que je gère mieux ces dernières années. Je ne suis pas quelqu’un qui, à l’américaine, a une énorme confiance en soi et va le montrer à tout le monde. J’ai beaucoup bossé dessus et je sens que c’est de mieux en mieux. Les défaites contre des joueurs un peu moins bien classés ou les mauvais matchs, je les digère beaucoup mieux qu’avant.
"Je n’ai pas ce syndrome de l’imposteur"
Il y a aussi cette question de se sentir légitime. On sait qu’il y a pas mal de joueurs qui peuvent ressentir une forme de syndrome de l’imposteur et avoir du mal à se dire qu’ils sont à leur place et qu’ils peuvent même aller plus haut. Est-ce que tu as déjà ressenti cela ?
Aujourd’hui, je ne l’ai pas parce que je pense que c’est le joueur que je suis à cet instant. Globalement, mon début de saison était vraiment très bon. Aujourd’hui, c’est un peu la cerise sur le gâteau de ce début, ou de ce milieu de saison. En plus, ce n’est pas comme si je n’avais battu personne, qu’il y avait eu deux abandons et un W.O. Je sais que le titre est vachement mérité. Moi, dans mon tennis, je sais que tout le monde l’a senti. J’ai montré à chaque match que je jouais très bien et que j’étais très en confiance. Non, je n’ai pas ce syndrome de l’imposteur.
L’histoire est belle aussi parce que tu as été un grand espoir chez les juniors et qu’il a fallu du temps avant de franchir les différents caps. Ton premier titre ATP arrive à 29 ans. C’est aussi un message : il existe différentes trajectoires, il ne faut pas forcément exploser à 18 ans pour réussir ?
Non, non, forcément, chacun a son rythme. Après, forcément que les jeunes qui gagnent leur premier titre à 18 ans… Mais voilà, j’ai parfois beaucoup regretté certaines défaites et certains choix qui n’étaient pas bons. J’ai eu du mal à passer à l’âge adulte à certains moments. Maintenant, j’ai beaucoup appris de tout ça. J’ai beaucoup mûri, j’ai beaucoup plus de recul et beaucoup plus de vécu. J’ai quand même une certaine expérience maintenant sur le circuit. Donc voilà, tout ça m’a aidé. Et là, j’ai cette petite coupe grâce aussi à tout ça. Le chemin n’a pas toujours été beau, pas toujours facile. Mais aujourd’hui, c’est vraiment cool d’avoir cette petite coupe avec moi pour la première fois.
"Le chemin n’a pas toujours été beau, pas toujours facile"
Qu’est-ce qui a été le plus difficile à construire ? Est-ce que c’est le jeu, le physique, les bons choix de carrière, la programmation ou l’entourage ? Avec le recul, qu’est-ce qui a été le plus difficile ?
C’est tout dans son ensemble qui est difficile. C’est garder la tête sur les épaules quand on est jeune et que tout va bien, faire les bons choix, être bien entouré, bien travailler au quotidien, accepter que, par moments, on va faire les choses bien et qu’on va perdre, et ne pas tout remettre en question à la moindre défaite. Il faut accepter les périodes qui sont moins bonnes parce que même les Alcaraz et les Sinner ont des périodes de doute. Pour tout le monde, il y a des moments plus difficiles.
Je pense que c’est l’ensemble qui est difficile et c’est pour ça que le métier de tennisman est aussi difficile. Il y a tellement de problèmes à résoudre tout au long du chemin que c’est aussi pour ça que c’est beau quand on y arrive. Mais voilà, c’est cool d’y arriver au final, peu importe l’âge. Forcément, plus jeune, si tu y arrives, c’est bien parce que tu n’as pas tellement de carapace. Mais voilà, moi, c’est cool, je suis très content. Aujourd’hui, je n’ai plus de remords ou de regrets par rapport à ce que j’ai pu faire jeune et aux différentes erreurs que j’ai pu faire.
Tu parlais des embûches. Quelle étape t’a le plus marqué, celle où tu t’es vraiment dit que c’était la galère sur ton chemin ?
Ce qui a été dur, c’est que j’étais tout proche du Top 100 à 19 ans et que, finalement, je l’ai raté. Deux, trois ou quatre ans après, tu te retrouves de nouveau à faire des Challengers, à galérer et à te faire battre par tout le monde, alors que deux ou trois ans en arrière, tu avais l’impression que ces gars-là, tu les battais facilement. Voir ton niveau de jeu redescendre comme ça et te dire qu’avant tu arrivais à gagner des tournois, alors que maintenant, si tu fais un quart de finale en Challenger, tu as l’impression que c’est le bout du monde, ça a vraiment été le plus dur. Après, il faut se remettre en question, essayer de comprendre pourquoi, et tout ça prend du temps. Parfois, quand tu es sur le circuit, tu as l’impression que tu ne peux plus battre un joueur, qu’ils te paraissent tous hyper, hyper forts. Alors qu’avant, je me sentais capable d’en battre beaucoup.
Tu arrives à un tournoi, tu vois le tableau et tu te dis : « Mais là, si je peux en battre un dans le tableau… » Voir son niveau de jeu chuter, voir que tout ce qu’on faisait au quotidien était moins bien qu’avant, aller en tournoi et finalement ne plus savoir pourquoi tu y vas, c’est vraiment ça le plus difficile. Après, au final, c’est l’engrenage qui n’est pas bon. Tu perds un peu d’argent, tu perds de la confiance, tu fais de mauvais choix, de mauvaises programmations, tu remets un peu tout en question. Voilà, c’est ça qui est très compliqué.
"Ma chance, ça a été le Covid"
Et quel a été ton salut ? Comment as-tu réussi à sortir de tout ça ?
Je pense que, pour moi, ma chance, ça a été le Covid, parce que c’était un moment de ma carrière qui n’était pas très bon. Ça m’a fait me poser. Je me suis fait virer de la Fédération. Je suis parti pour la première fois de ma vie dans le privé avec Nicolas Devilder. Je suis parti sur un projet complètement neuf. Après, c’est grâce à notre travail avec Nico, surtout tout d’abord, puis maintenant avec Olivier, que je suis rentré dans le Top 100 et que j’ai commencé à avoir de belles victoires, des victoires significatives. Donc probablement que, pour moi, mon salut est un petit peu passé par le Covid, par une restructuration et, on va dire, un renouveau ou une deuxième carrière.
Quand tu as commencé ton travail avec ton coach, l’objectif était ce titre ATP. Maintenant que la case est cochée, quel est l’objectif qui t’excite, qui vous excite avec ton équipe pour la suite ?
Là, c’est tout de suite à chaud, mais avec l’excitation encore de la victoire, j’ai envie d’y regoûter le plus vite possible. Forcément que la joie que ça procure, c’est assez incroyable. Maintenant, on avait aussi un deuxième objectif : faire une deuxième semaine dans un Grand Chelem. Pour l’instant, je n’ai pas encore réussi à l’atteindre. Et sinon, sur le plus long terme, forcément que, dans un coin de ma tête, j’aimerais bien participer aux Jeux de Los Angeles, qui vont arriver vite malgré tout. Mais c’est un petit objectif que j’ai dans un coin de ma tête.
"J’ai envie d’y regoûter le plus vite possible"
Pour revenir au début de ta réponse, avec ta polyvalence, on peut imaginer un challenge sympa : essayer de gagner un titre sur toutes les surfaces ?
Oui, ce serait franchement très cool. Mais bon, déjà, je vais essayer d’en gagner un autre, peu importe lequel, forcément. Mais oui, ce serait un beau petit challenge.
Concernant les Jeux, le fait d’avoir pu voir ce qui s’est passé à Paris et de voir d’un peu plus près à quoi cela pouvait ressembler, est-ce que cela a décuplé ton envie de découvrir cet événement ?
Pas forcément, parce que je n’étais pas là pendant les Jeux de Paris. Je les ai beaucoup regardés à la télé. Mais je suis un grand fan de sport en général et les Jeux Olympiques, c’est quand même un truc de dingue. C’est quand même le plus bel événement sportif au monde. Donc pouvoir y participer un jour, c’est un rêve. Je pense qu’aujourd’hui, j’en suis capable et j’aimerais vraiment avoir cette chance de participer au moins une fois.
Et pourquoi pas en simple et en double ?
Si je peux en simple, c’est sympa. Si je peux en double, c’est génial. Et si j’ai les deux, c’est la cerise sur le gâteau.
"Participer aux Jeux 2028, c’est un rêve"
Le fait que tu sois plutôt à l’aise dans les deux disciplines, c’est aussi un bel atout dans ta manche ?
Oui, forcément. Après, en France, il y a énormément de bons joueurs, que ce soit en simple ou en double. Donc il faudra être très bon pour les sélections. Pour l’instant, c’est encore un peu loin, mais voilà, c’est un bel objectif. Je pense que ça va me motiver pour les prochains mois, à monter encore pour y aller.
On parle du double. Je n’avais pas forcément anticipé cette question, mais comment vois-tu ce qui se passe actuellement autour du double sur le circuit ATP ? On parle de formats différents et d’avantages pour les joueurs de simple. Est-ce que tu comprends un peu la grogne des spécialistes ?
Je comprends la grogne. Maintenant, j’ai un peu de mal à me positionner. Je ne sais pas trop quoi en penser, pour être complètement honnête. J’en ai beaucoup parlé avec Pierre-Hugues Herbert, qui se bat beaucoup pour essayer de garder le double. De mon côté, je n’ai pas vraiment d’avis établi, parce que forcément, le double prend beaucoup de place, mais le double a aussi une part historique dans l’histoire du tennis. Je n’ai pas encore eu le temps d’en parler dans les détails avec les gens de l’ATP et tout ça. Donc, pour l’instant, je n’ai pas vraiment d’avis. J’espère juste que la meilleure décision pour tout le monde sera prise et que, malgré tout, le double, qui est historique dans l’histoire du tennis…
"Pour l’instant, je n’ai pas eu de coup de téléphone de sponsors"
À Roland-Garros, tu nous avais expliqué que tu devais acheter toi-même tes tenues, faute d’équipementier. Est-ce que tu as reçu des coups de téléphone depuis ton titre ?
Non, non, pour l’instant, je n’ai pas eu de coup de téléphone et je ne pense pas que ça va arriver en cours de saison. Je pense surtout qu’en fin de saison, comme tous les ans, les équipementiers font un petit bilan pour savoir quels joueurs ils gardent et quel budget ils ont pour la saison d’après. Donc voilà, pour moi, le but, c’est de monter le plus haut possible pour pouvoir essayer d’avoir un sponsor pour 2027.
Est-ce que tu peux expliquer aux gens qui suivent le tennis, mais qui connaissent peut-être moins son fonctionnement de l’intérieur, l’importance d’avoir un équipementier pour un joueur ?
C’est surtout des frais en moins et une logistique en moins. Il faut toujours penser à avoir ses chaussures de terre battue, ses chaussures de gazon. Ce sont des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est sous contrat, parce que les marques nous les envoient par petites dizaines pour les bonnes surfaces.
Il faut avoir le bon nombre de tee-shirts, des tee-shirts d’entraînement, des chaussettes. Surtout sur terre battue, ça se salit très vite. Donc, ne plus avoir à penser à tout ça. Après, on va dire que ce n’est pas une finalité en soi, mais souvent, les marques peuvent te mettre en valeur. Ça fait toujours plaisir. Tu as les nouvelles collections. Voilà, j’ai un peu l’impression d’être un joueur avec des tee-shirts blancs basiques, sans marque. Donc c’est un peu moins sympa. C’est sûr que tu as envie d’être bien habillé, tu as envie d’être sponsorisé. Ça fait toujours plaisir d’être mis en avant par une marque. J’espère avoir la chance d’avoir un contrat l’année prochaine.
"À moi de montrer aux marques que j’en vaux la peine"
Est-ce que tu t’en accommodes sans forcément t’en préoccuper ou est-ce qu’au fond de toi, tu as parfois du mal à comprendre la situation ? Tu fais partie des meilleurs mondiaux dans ton sport, ce qui n’est pas rien, et pourtant, tu n’as pas de contrat. Comment le vis-tu ?
Ça se fait un peu comme tout. C’est un sport qui est très élitiste et, en début d’année, j’étais autour de la 100e place mondiale. J’avais 29 ans. Forcément, tu as un profil qui intéresse moins les marques. On va dire qu’il y a un jeune qui est aux portes du Top 100 et qui a 20, 21 ou 22 ans. Donc voilà, mon profil est forcément un peu compliqué. Il n’y a pas beaucoup de marques qui avaient forcément des vues sur moi. Je peux le comprendre. Maintenant, à moi de montrer aux marques que j’en vaux la peine, qu’elles peuvent croire en mon projet et qu’elles peuvent me suivre.
Es-tu plutôt confiant concernant la possibilité d’avoir un accord avec une marque à la fin de l’année ou restes-tu prudent ?
Franchement, je ne me prends pas la tête. On verra bien. Moi, ce que je peux maîtriser, c’est mon tennis et faire les meilleurs résultats possibles. Après, j’espère que j’arriverai à convaincre quelqu’un et, si ce n’est pas le cas, ce n’est pas le cas.
"Essayer d’aller gagner un autre titre"
Tu nous as déjà donné quelques éléments de réponse, mais j’ai envie de te demander simplement : qu’est-ce qui te rendrait heureux pour la fin de la saison 2026 et pour la suite ?
Pour la fin de saison, on va essayer de continuer sur cette dynamique, de faire de bons matchs et de battre de bons joueurs. Voilà, on va passer sur dur. Il y a un dernier Grand Chelem dans la saison, donc essayer de faire une belle tournée américaine et d’aller chercher cette deuxième semaine, peut-être à l’US Open. Pour la suite, c’est de monter le plus haut possible au classement. Forcément que, dans un coin de ma tête, il y a l’idée de monter le plus haut possible et d’essayer d’aller gagner un autre titre. Et puis voilà, continuer à prendre du plaisir, ne pas me blesser, être en bonne forme physique et mentale, et espérer que la trajectoire continue.
Et la Coupe Davis, peut-être un petit peu dans un coin de ta tête ?
Oui, forcément que je l’ai dans un coin de ma tête. Maintenant, aujourd’hui, je ne suis pas parmi les meilleurs joueurs français en simple ou en double. Le capitaine a des choix à faire. S’il m’appelle, je serai ravi. Mais maintenant, moi, je dois continuer à monter pour aspirer à avoir une place un peu plus solide. Il y a des joueurs devant moi. S’il m’appelle, j’irai avec grand plaisir.
On va te souhaiter le meilleur pour la suite.
Merci beaucoup, c’est gentil.
