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Tennis. ITW - Alexis Klegou, des quartiers de Dunkerque à l'ATP

Par Clémence LACOUR le 20/05/2016 à 10:40

ITW
Photos: @TennisActu @AlexisKlegou @LaMadoneduMas

 

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Alors que s'ouvre Roland-Garros l'une des grands messes du tennis, Tennis Actu a pu rencontrer longuement l'un des joueurs qui fait la vie du circuit, l'un de ces joueurs qui évoluens dans l'ombre des strass et des paillettes : Alexis Klegou. Né d'un père Béninois et d'une mère Française, à 27 ans, il a déjà presque vécu mille vies. Des quartiers de Dunkerque à l'Universiité de Texas A§M, en passant par son attachement à l'Afrique, découvrez pour cette première partie de cet entretien l'itinéraire de ce joueur doué, qui s'était offert Nicolas Mahut en 2013 à Dunkerque et actuellement sponsorisé par Tecnifibre, qui évolue sur les Futures, un circuit qui ne nourrit pas forcément son homme. 

 

imageComment avez-vous commencé le tennis, Alexis Klegou ?

J'ai commencé le tennis à Dunkerque. Mon père jouait, même s'il n'était pas venu pour ça à la base. Il voulait faire de la soudure. Il voulait juste étudier. Il avait eu la possibilité d'étudier en France. Il a eu des problèmes au niveau des yeux, donc il s'est rabattu sur le tennis, ce qu'il ne faisiat pas trop trop mal, puisqu'il a été assimilé à 4/6. Il a suivi les traces de mon oncle, quii était le premier à être venu en France. Lui, il est le premier à avoir été champion du Bénin, puisqu'avant lui, il n'y avait pas de registres pour pouvoir le dire. En France, on peut retourner jusqu'à 1780 si l'on veut, en Afrique, pas du tout. Avant les années 1940, il n'y avait pas d'années. Sur les passeports, il y avait marque : "Année, vers". Je ne sais pas trop comment lui avait commencé le tennis. Il devait avoir un ami qui devait être ambassadeur de France au pays, ou quelque chose dans ce genre, puisqu'à l'époque c'était encore sous colonies. C'est le premier Noir à avoir eu accès au terrain, en fait. Et c'est de là que tout est parti. C'est le premier à avoir joué au-delà des frontières, au Nigéria, tout ça. Ce qui était très rare à l'époque. Et lui, il est parti pour ça, en fait. Il est parti en France pour travailler dans le tennis et mon père a fini par le suivre. Il n'est pas dipômé, mais il donne des heures dans des clubs et pour des associations de la ville pour éduquer les jeunes au sport, dans les quartiers. Moi, je suis aussi né dans ces quartiers-là. Le week-end, il avait les clés des salles où il y avait un terrain de tennis et donc je tapais avec mon père et c'est venu comme ça. 


imageVous n'avez donc pas commencé directement en club ?

Je suis entré en club à 7-8 ans, à Dunkerque. Après, on a fait ce qu'on a pu. Je suis issu d'un milieu assez modeste, ma mère est aide-soignante et mon père qui travaille pour la ville. Ca a été un gros sacrifice pour mes parents pour qu'on puisse jouer au tennis, mon frère et moi, d'autant que j'ai aussi un demi-frère et une demi-soeur qui ont grandi avec moi, et qui n'ont pas joué. Ils ont tapé un peu ces fameux week-ends avec mon père. Pour mon frère et moi, qui jouions, mes parents ont fait le maximum. Pour le niveau que j'avais, pour prendre mon propre cas, c'est assez précaire au niveau des entraînements car on n'avait pas forcément les moyens pour payer des leçons ou ce genre de choses. J'avais une petite bourse de laligue, qui me permettait d'avoir quelques heures par semaine, données à mon club pour moi, pour que je puisse jouer avec mon coach en individuel, plus les trois d'heures d'entraînement collectif que je faisais. Du coup je faisais 6-7 heures de tennis par semaine, pas plus, et ce jusqu'à mes 17 ans. J'essayais de continuer une certaine progression, l'été, j'essayais de faire quelques tournois, des tournées d'été organisées par mon club, ce qui fait que je continuais à perfer et une acsension, jusqu'à une année où j'étais en Première S, et où j'ai dû me réorienter en Première ES, et cette transition m'a permis de me concentrer sur un été où je me suis davantage concentré sur le tennis. J'ai très bien joué à ce moment-là. Je n'étais pas très assidu à l'école, d'autant que je réussissais sans trop travailler, ce qui m'a permis de faire plus de tennis. J'ai fait un bond dans le classement, et j'ai un peu rattrapé le temps perdu. J'ai recollé avec les meilleurs Juniors Français, et j'ai pu intégrer le Team Lagardère, où il y avait Alizé Cornet, Jonathan Eysseric, et d'autres, qui étaient n°2, 3 Français de notre génération 1989, 1990.  Et là, ça a été une très belle année. Je pouvais m'entraîner tous les jours, et puis Lagardère a décidé de garder les pros, les Gaël Monfils, Paul-Henri Mathieu etc, sur Paris, et de fermer la structure jeunes. On s'est retrouvés dans une impasse.

 

Comment avez-vous fait pour continuer alors ?

L'un des coachs, Rémi Barbarin, préparateur physique de  Gaël Monfils, et qui s'occupait aussi de la structure jeunes, a proposé à certains de venir avec lui en Floride, où il avait étudié plus jeune. C'était une opportunité. Je me suis intéressé à ça. Je ne pouvais pas jouer le circuit... J'avais bien quelques points ATP, mais ça demandait un budget que je n'avais pas. C'était ou je fais des études en abandonnant le tennis, ou je vais aux Etats-Unis pour combiner les deux. C'était le seul moyen que j'avais pour m'entraîner à un très bon niveau, sans payer trop d'argent. J'avais une bourse universitaire quasiment complète. Du coup, je suis parti aux Etats-Unis. J'y ai vécu cinq années magnifiques. Je n'ai pas pu jouer la première année car j'avais joué des points ATP et Futures alors que cela n'était pas permis. Ce la m'a permis de beaucoup m'entraîner, avec de très bons coachs, qui avaient été Top 50, Top 10 même, donc c'était très très bien. Tout est démesuré là-bas. Mon but c'était de finr mes études et de mes lancer sur le circuit. J'ai vu que je jouais bien, qu'il y avait une récompense à mes efforts. A 17-18 ans, j'ai commencé à croire que j'avais un peu de talent, alor qu'au début, je n'y croyais pas trop. J'étais à l'école, au quartier, je m'entraînais 6 heures par semaine... Je n'étais pas trop dans un bain, mes entraîneurs n'avaient pas eu un niveau incroyable. Ils étaient 5/6, 4/6, donc je les battais à 13 ans. Je jouais pour jouer. toujours avec beaucoup de passion. En revenant des Etats-Unis, je jouais vraiment bien, et j'ai décidé de me lancer. J'ai eu des contacts avec le Bénin, mon pays d'origine, et que je représente maintenant sur les compétitions et en Coupe Davis qui a toujours été au fond de moi depuis petit, ce qui m'a permis d'avoir quelques sponsors. Je suis aussi sponsorisé par Tecnifibre, depuis quelques temps, et c'est une marque que j'aime bien. 

 

imageLà, vous êtes encore en convalescence, même si vous jouez donc sur des Futures ?

En 2013, je suis rentré des Etats-Unis. En 6-7 mois, je suis monté 600 mondial, j'ai gagné un Futures, et je me suis blessé la semaine d'après. Je n'ai ensuite plus pu jouer pendant un an et demi. J'ai eu des problèmes de poulies de la main droite, quelque chose de très très rare et ce n'est pas opérable. C'est une blessure d'alpiniste ! Ca m'a empêché de jouer pendant des mois. Je suis revenu, mais ça prend du temps. Ca m'est arrivé alors que j'étais vraiment bien, je jouais bien. Cette blessure m'a fait beaucoup de mal. Après, j'ai de nouveau eu mal au tendon rotulien, et là, je suis de retour sur le circuit. En fin janvier, je me suis fait une déchirure de l'adducteur. 

 

Votre but est maintenant de sortir des Futures et d'aller en Challengers ?

Mon but est d'être dans les 250, je pense que j'en ai les capacités, j'ai déjà battu des joueurs mieux classés que ça (NDLR : au tournoi de Dunkerque en 2013, il avait battu notamment Nicolas Mahut). Je pense que c'est possible. Après, les conditions seraient d'être bien économiquement aussi, qu'il y ait de l'aide, et que mon corps tienne, car j'ai été beaucoup blessé. C'est mon objectif pour mon pays, le Bénin, et pour moi, puisque je veux coacher plus tard, d'avoir le meilleur classement possible. J'ai toujours voulu coacher. Aux Etats-Unis, j'ai fait des études de psycho, afin de devenir coach. Je voudrais retourner là-bas et coacher dans les universités américaines. Ce que je fais là, m'aide en terme de crédibilité. Après, d'autres options peuvent s'ouvrir. Mais pour l'instant, je n'ai pas encore vu la fin de voir jusqu'où je peux aller. Aux Etats-Unis, en 2013, j'ai fait 8 mois avant de me blesser, et depuis, rien n'a été régulier. J'ai repris en octobre, à, après ma blessure, j'ai fait quelques Futures, et je me suis reblessé. Le but est de rester bien physiquement. 

Propos recueillis pour Tennis Actu par Clémence Lacour

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1 ITA SINNER Jannik10950 pts
2 ALL ZVEREV Alexander10070 pts
3 ESP ALCARAZ Carlos5610 pts
4 USA SHELTON Ben4720 pts
5 RUS MEDVEDEV Daniil3660 pts
6 ITA COBOLLI Flavio3640 pts
7 CAN AUGER-ALIASSIME Felix3590 pts
8 AUS DE MINAUR Alex3430 pts
9 USA TIAFOE Frances3380 pts
10 FRA FILS Arthur3325 pts

Classement Mondial WTA

1 KAZ RYBAKINA Elena9196 pts
2 BLR SABALENKA Aryna7550 pts
3 RUS ANDREEVA Mirra6306 pts
4 USA PEGULA Jessica6235 pts
5 USA GAUFF Cori5974 pts
6 UKR SVITOLINA Elina5229 pts
7 CZE MUCHOVA Karolina4833 pts
8 CZE NOSKOVA Linda4678 pts
9 POL SWIATEK Iga4389 pts
10 UKR KOSTYUK Marta3920 pts
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