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ITW - Antoine Couvercelle : 'Mon meilleur reportage, Tsonga au Congo' Photo : @InstagramAntoineCouvercelle

ITW - Antoine Couvercelle : "Mon meilleur reportage, Tsonga au Congo"

Antoine Couvercelle immortalise des moments uniques depuis près de 20 ans. Fils de Jean Couvercelle, fondateur de Tennis Magazine, il sillonne le monde entier chaque année et nous offre des clichés exceptionnels. Ces images que l'on n'oublie jamais et que l'on associe à une date, à une performance, à un moment historique. Rafael Nadal tombant à la renverse après son titre à Wimbledon en 2008, Roger Federer et le Majorquin dans le couloir des champions en 2019, le ciel embrasé de Melbourne, Jo Tsonga rencontrant son grand-père au Congo... Tant de moments qu'Antoine Couvercelle a inscrit dans nos mémoires. Après avoir subi une quatorzaine, comme les joueurs, à Melbourne, le photographe a accepté d'échanger avec Tennis Actu. L'ancien photographe de Tennis Mag, désormais freelance, est revenu sur la gestion de son isolement et sur les grands moments vécus au cours de sa carrière. 

Le Mag Tennis Actu avec le photographe, Antoine Couvercelle


"Finalement, la quarantaine à Melbourne s’est plutôt bien passée !"

Antoine Couvercelle, vous avez été photographe pour Tennis Magazine pendant de nombreuses années. On peut vous voir sur tous les grands événements tennis de l’année. Vous êtes en ce moment à Melbourne. Comme les joueurs vous avez été en quatorzaine. Comment ça va et comment avez-vous géré ce moment ?

Ça va ! J’ai mieux géré que je ne le pensais. Quand je suis arrivé dans la chambre, j’appréhendais... Finalement ça s’est plutôt bien passé parce que je me suis mis une routine en place. Le matin, j’avais un peu de boulot avec les mails, Facetime avec la famille et film ou poker l’après-midi. Encore un peu de Facetime le soir puis dodo.

 

Ça semble presque « criminel » d’enfermer un photographe ? Comment on s’adapte ?

Ecoute, on est toujours dehors, en action, là c’est vrai que c’est spécial. J’ai bossé sur d’autres projets, notamment padel, et j’ai eu quelques sollicitations professionnelles.

 

On a pu voir sur Instagram que tu observais ce qu’il se passait à la fenêtre. Tu as essayé d’observer et de prendre des photos ?

J’avais la chance d’avoir une chambre avec une belle vue et une fenêtre qui s’ouvre. Ça change tout d’avoir l’air frais dans la chambre mais je n’ai pas fait de photos, les appareils sont restés dans la valise !

 

Le calvaire a commencé l’année dernière. Comment ça s’est passé pour toi l’an passé ? Comment tu t’es adapté à cette situation et qu’est ce qui a changé pour ton métier ?

Je devais aller à Indian Wells le jour où tout a commencé. Ça a été le premier tournoi annulé. J’étais dans le taxi à 3h du mat et mon colocataire m’a dit que le tournoi était annulé. On s’est demandé combien temps ça durerait. Au départ, on se dit un ou deux mois, pas jusque-là et ce n’est pas fini… Heureusement, les tournois ont fait en sorte d’organiser les gros évènements. Je pense à Roland-Garros avec des dates décalées l’an passé. C’était hyper important pour nous. On est beaucoup de freelances à vivre que du tennis donc c’est important d’avoir des tournois, même avec des quarantaines.

 

Est-ce que ça a changé ta vision des choses ? Est-ce que tu as peur de voyager maintenant ?

Là, j’avais un peu peur pour l’Open d’Australie. Si tu arrives et que tu es positif, c’est le coup dur ! Si à la fin de la quarantaine tu es positif et que tu manques le tournoi, c’est l’horreur. A priori là c’est bon ! Je devrais faire le tournoi jusqu’à la fin. Beaucoup de photographes ne sont pas venus à cause de cela.

 

As-tu eu une réflexion ? Ou alors tu n’as pas hésité une minute ?

J’étais sûr d’y aller. J’étais prêt à cette quarantaine.  

 

"Je sais que j’ai de la chance. Je peux être reconnaissant de vivre ce que j’aime"

Pour évoquer d’un peu plus près ta carrière, comment es-tu devenu photographe tennis ? C’est la passion de la photographie qui t’a amené à avoir ce rôle-là dans le tennis ou l’inverse ? Ou alors tu avais cette idée en tête dès le départ ?

Je suis passionné de tennis grâce à mon père au départ, Jean, qui dirigeait Tennis Magazine. J’ai baigné dedans tout petit. Je jouais pas mal, je faisais partie des meilleurs de la ligue. A un moment, j’étais un petit espoir mais ça n’a pas duré longtemps. La passion de la photo m’est venue vers 13 ans, j’ai récupéré l’appareil de mon père qui n’y a jamais touché. J’ai commencé à faire des photos et ensuite j’ai lié mes deux passions. J’adore mon métier aujourd’hui. Je kiffe toujours autant partir pour les tournois. Je sais que j’ai de la chance. Je peux être reconnaissant de vivre ce que j’aime.

 

A quoi ressemble le quotidien d’un photographe tennis ? En Grand Chelem par exemple ?

C’est vraiment là où c’est le plus intense. Surtout les premières journées… On étudie beaucoup le programme la veille ou le matin. Après, on s’adapte en fonction des résultats. On suit tous les scores pour être là au bon moment. Une fois que la journée 1 est finie, il y a la journée 2 qui commence, c’est-à-dire tout l’Editing, c’est la phase cachée du métier, que peu de gens voient et imaginent. C’est beaucoup de temps.

 

Cette partie-là, tu l’aimes aussi ?

Ça dépend à quelle heure ça termine ! (rires) J’ai des souvenirs de l’Open d’Australie où je commençais à trier à 2h du mat… Tu finis à 4h et à 9h30 tu repars sur une journée. Il y a quand même le plaisir de regarder les photos, de faire les sélections. C’est la petite récompense de la journée.

 

"Le match qui m’a le plus marqué, ça restera la finale de Wimbledon 2008 entre Federer et Nadal"

Tu as vu énormément de choses ! Qu’est ce qui t’a le plus marqué ?

Le match qui m’a le plus marqué, ça restera la finale de Wimbledon 2008 entre Federer et Nadal. C’est Wimbledon, mon tournoi préféré, le temple du tennis. Avoir vu les deux plus grands faire ce match de fou avec la tombée de la nuit, c’était un truc de dingue. Je me souviens encore qu’on se regardait avec les autres collègues. On se disait qu’on vivait un truc de malade. Ça donnait des belles photos. Quand Rafa tombe à la renverse, il y a des flashs de partout. Ça a rendu ce tournoi unique.

 

Pourquoi Wimbledon ? C’est technique ?

C’est un ensemble. Déjà, l’atmosphère générale, je l’adore. Être dans ce temple du tennis, c’est incroyable, tu le ressens. Il y a un bruit agréable sur le gazon. Les gens adorent le tennis. Pour les photos, il y a quasiment aucune pub sur le court, donc pour nous c’est beaucoup mieux. Moi, j’aime beaucoup faire des photos où le fond est propre, sans une grosse pub derrière le joueur. Là-bas, sur le Central, il y a un fond foule en permanence et c’est magnifique. Si en plus le soleil peut montrer le bout de son nez, ça peut faire des lumières incroyables.

 

Au fil des années, un lien doit se créer avec les joueurs, ils apprécient de te voir et de te reconnaître dans les tournois ? On parle peu de ce lien. Il est différent de celui entre les journalistes et les joueurs ?

Oui c’est vrai, c’est un petit avantage. Les joueurs et les joueuses adorent les photos et poster sur les réseaux. Nous, on est vraiment en contact direct avec eux. A Wimbledon, on est à 50 cm d’eux. Tout ça crée un petit rapprochement que les journalistes nous envient un peu. Mais le métier n’est pas le même, on fait juste des photos et il n’y a pas de jugement donc c’est compréhensible.

 

 

"Avec Jo Tsonga au Congo, c’était le meilleur reportage de ma carrière"

J’imagine qu’à force d’être sur le circuit depuis toutes ces années, et avec ce lien partagé avec les joueurs, tu as des anecdotes savoureuses. Il y en a une qui te vient souvent tête ?

Insolite, non, il n’y a rien qui me vient mais le rapprochement m’a permis de faire des choses incroyables. Je pense au reportage que j’ai fait au Congo avec Jo Tsonga. C’était le meilleur reportage de ma carrière. J’ai eu le bonheur de le suivre, après sa finale de 2008 à Melbourne, au Congo pour rencontrer son grand-père qu’il n’avait jamais vu. J’ai été témoin de ça. C’était incroyable. C’est mon plus grand souvenir hors tennis et c’était une expérience incroyable.

 

Ça a été difficile de rester professionnel avec toute cette émotion ?

Oui oui c’était émouvant ! C’est là où notre métier a ses limites. Il faut rester concentré pour rendre un beau reportage que ce soit pour Tennis Mag ou même pour Jo. Je lui avais offert un livre sur ce voyage là et ça l’avait beaucoup touché.

 

 

"La fameuse photo à Wimbledon où Roger et Rafa passent dans le couloir des champions, j’en suis fier"

Et selon toi, quelle est ta meilleure photo ? Ou celle dont tu es le plus fier ?

C’est la fameuse photo à Wimbledon où Roger et Rafa passent dans le couloir des champions en 2019. Cette photo j’en suis fier parce que j’ai été le premier à le faire et à trouver l’angle. Je l’ai faite pour la première fois en 2013. En me baladant j’ai vu les joueurs passer. Dans le lierre avec la fenêtre, je me disais qu’il y avait une belle photo. J’ai bien trouvé l’endroit et j’ai pu renouveler ça avec Rafa, Roger qui sont pour moi les deux plus grands de tous les temps. Cette photo est unique et c’est un peu mon bébé !

 

Est-ce qu’elle a changé ta carrière ? Ça t’a aidé ?

Je n’ai pas senti un changement du jour au lendemain mais c’est vrai qu’avec la photo de 2013, j’avais remporté le concours photo de l’ITPA, qui est l’association des photographes de tennis internationaux. A l’époque, on faisait un concours, un portefolio, et cette photo en faisait partie. Après, ce n’est pas une photo qui a changé ma carrière mais ça a aidé à me faire connaître.

 

Comment ça se passe entre les photographes ? Il faut quand même faire sa place pour avoir les bons spots ! Y-a-t-il des tensions ?

Il y a beaucoup de place autour d’un court donc on ne se bat jamais. Si un spot est vraiment voulu, on fait des roulements mais il n’y a pas de guéguerre pour une place.

 

Tu n'as jamais eu besoin de te battre alors ? 

Non non ! Jamais ! (Rires)

 

Quel est ton programme pour conclure ? Tu vas aller un peu sur les tournois ATP et WTA ?

Je vais faire l’ATP Cup, et les tournois WTA. C’est un peu nouveau pour tout le monde mais on va entrer en action dès dimanche pour être en jambes pour le premier grand chelem de l’année !

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Publié le par Alexandre HERCHEUX

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5 UKR SVITOLINA Elina5835 pts
6 CAN ANDREESCU Bianca 5265 pts
7 BLR SABALENKA Aryna5205 pts
8 USA WILLIAMS Serena4850 pts
9 CZE PLISKOVA Karolina4660 pts
10 NDL BERTENS Kiki4405 pts