Tennis. Open d'Australie - Novak Djokovic : "Beaucoup ont voulu me mettre à la retraite..."
Par Alexandre HERCHEUX le 30/01/2026 à 17:31
Ce vendredi 30 janvier, Novak Djokovic a réussi une performance colossale en faisant plier Jannik Sinner en cinq sets, 3-6, 6-3, 4-6, 6-4, 6-4, pour filer en finale de l'Open d'Australie. A 38 ans, le Serbe a déjoué les pronostics en embarquant le numéro 2 mondial dans un long combat de plus de quatre heures et en décrochant une victoire exceptionnelle. Une rencontre conclue aux alentours d'1h30 du matin, heure locale. Il faut rappeler que Djokovic n'avait plus battu Sinner, double tenant du titre à Melbourne, depuis les ATP Finals 2023, et en Grand Chelem depuis Wimbledon 2023. Dimanche, il devra réaliser un autre exploit contre Carlos Alcaraz.
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"Beaucoup “d’experts” qui ont voulu me mettre à la retraite, ou qui m’ont mis à la retraite"
Félicitations. John McEnroe a dit après coup qu’on pouvait soutenir que c’était peut-être ta meilleure performance de tous les temps. C’est énorme pour quelqu’un qui a gagné 24 Grands Chelems. Avec tout ce que tu as vécu, où situes-tu cette victoire ?
Honnêtement, je n’oserais pas dire “la meilleure de tous les temps”, mais c’est clairement la meilleure de ces deux dernières années. Dans ces circonstances, en demi-finale contre Sinner, qui joue le meilleur tennis de sa vie depuis deux ans, et ici en particulier, double tenant du titre, on ne peut pas faire mieux. Franchement, quand j’ai commencé ma préparation pour la nouvelle saison et que je me suis fixé des objectifs, ce n’est un secret pour personne que les Grands Chelems sont là où je veux jouer mon meilleur tennis. Mais ça devient, je crois, plus difficile pour moi de me motiver, et je me pose des questions : “Qu’est-ce que j’attends de moi-même ?” J’imaginais vraiment jouer Jannik et Carlos dans les derniers tours des Grands Chelems cette année, me battre à fond et donner tout ce que j’ai. Donc je suis très chanceux de l’avoir déjà vécu au premier Grand Chelem de l’année (sourire). Oui, grosse victoire. Très fier. Très heureux. Très soulagé aussi, parce que c’était physiquement très exigeant et éprouvant.
Tu as évoqué sur le court la grande finale de 2012 contre Rafa… en termes de qualité de tennis. Tu n’avais pas eu à rejouer après ça. Là, tu dois rejouer dans deux jours. Comment tu vas préparer ça maintenant ?
Je ne sais pas. On va voir. Là, il est presque 3 heures du matin. On va voir. Je ne peux pas faire de prédictions tout de suite.
Je ne vais clairement pas m’entraîner demain. Je vais juste utiliser chaque heure possible pour récupérer, et j’espère arriver le jour de la finale en me sentant un minimum frais.
Novak, bien joué. Tu étais clairement très contrarié par ton niveau il y a deux jours. Comment tu expliques jouer à ce niveau-là il y a deux jours, puis jouer comme ce soir — ton coup droit, ton service… tu étais à environ 80% de premières pendant quatre sets. Comment tu passes de là à ici ?
Je n’ai jamais cessé de croire en moi. Il y a beaucoup de gens qui doutent de moi. Je vois qu’il y a tout à coup beaucoup “d’experts” qui ont voulu me mettre à la retraite, ou qui m’ont mis à la retraite, beaucoup de fois ces dernières années.
Je veux les remercier tous, parce qu’ils m’ont donné de la force. Ils m’ont donné de la motivation pour leur prouver qu’ils avaient tort, ce que j’ai fait ce soir. Pour moi, ce n’est pas une surprise, honnêtement. Je sais de quoi je suis capable. Et j’ai souvent eu, dans ma carrière, des matches en Grand Chelem où tu as juste une de ces journées où tu ne te sens pas au mieux. Tu essaies de trouver un moyen de gagner avec tout ce que tu as, même si la qualité de tennis est loin de ce que tu veux. C’était le cas. Et oui, j’ai eu de la chance que Lorenzo se blesse et abandonne ce match. Deux jours plus tard, évidemment, c’était un adversaire différent. Je savais exactement ce qui m’attendait sur le court. Je suis arrivé avec une grande clarté, une stratégie, un plan de jeu, et ce qu’il fallait exécuter.
Évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire. Une chose est d’imaginer comment tu veux jouer, une autre est de le produire et de l’exécuter sur le court contre Sinner, qu’on sait tous jouer à un niveau extrêmement élevé. Oui, je suis juste ravi de pouvoir vivre quelque chose comme ça ce soir.
"Cette victoire équivaut presque à gagner un Grand Chelem"
Où classes-tu cette performance ?
Je pense avoir répondu au début. Je la classe comme la meilleure de ces deux dernières années. Et clairement l’une des meilleures performances de la dernière décennie, ou quelque chose comme ça.
L’importance de la finale de dimanche : tu peux devenir le plus vieux champion du Grand Chelem en Australie, et Carlos peut devenir le plus jeune homme à… Comment tu évalues ça, en termes de matches importants ?
Pour moi, et je pense aussi pour Carlos, vu son âge et tout ce qu’il a déjà accompli, l’histoire est en jeu pour nous deux à chaque fois qu’on joue. Une finale de Grand Chelem, il y a beaucoup en jeu, mais ce n’est pas différent d’un autre grand match que je joue. Ma préparation sera celle qu’elle doit être. J’ai gagné contre lui ici l’an dernier, aussi dans un match éprouvant. On va voir. On va voir à quel point on sera capables d’être frais tous les deux. Il a aussi eu un gros match, mais il a 15, 16 ans de moins que moi. Biologiquement, je pense que ce sera un peu plus facile pour lui de récupérer.
Mais oui, j’ai hâte. Je joue au tennis en compétition principalement pour pouvoir atteindre les finales en Grand Chelem. Me voilà, donc je ne peux pas me plaindre. Là, j’essaie juste de profiter du moment que je vis ce soir. Je penserai à la finale plus tard, mais pour moi, cette victoire équivaut presque à gagner un Grand Chelem.

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