Tennis. Open d'Australie - Taylor Fritz, trop diminué : "Je prendrai le temps qu’il faut"
Par Alexandre HERCHEUX le 26/01/2026 à 09:18
Taylor Fritz a vu son parcours s’arrêter en huitièmes de finale de l’Open d’Australie 2026, ce lundi 26 janvier, dominé par Lorenzo Musetti 6-2, 7-5, 6-4 sur la Rod Laver Arena. Très vite, l’Américain n’a pas donné l’impression d’avoir toutes ses armes. En conférence de presse, Fritz a reconnu avoir été diminué, expliquant que son genou l’avait gêné dès le début, alors qu’il se sentait pourtant “très bien” à l’échauffement. De plus, Fritz a confirmé qu'un autre problème venait de ses obliques, où il portait un strap imposant.
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"J’ai dit à mon physio : mon genou ne se sent pas bien"
Taylor, tu disais avant le match que physiquement ça ne tenait pas pour toi. Comment tu étais sur ce match ? On a vu énormément de strap sur le torse. Comment tu te sens ?
Oui, pas bien. J’ai été assez transparent sur les soucis au genou toute la semaine. J’étais très content de la façon dont je me sentais pendant les deux premiers tours, puis après le match contre Stan, je me suis dit : oui, ça n’allait pas super bien contre Stan, surtout vers la fin. Aujourd’hui, je l’ai senti dès le début. Je me sentais bien à l’échauffement ce matin. Puis quand j’ai fait mon “pré-match”, bouger, etc., j’ai dit à mon physio : mon genou ne se sent pas bien. J’espérais que ça se débloque. Ça n’a pas empiré, je ne pense pas que ça ait empiré, mais c’est resté pareil tout le match. En gros, tout le dérangeait.
Tu avais dit avant le tournoi et lors des tours précédents que tu pourrais parler des autres choses que tu ressentais.
C’était mon muscle oblique. Tout le strap, c’était pour ça. On a essayé de le straper aujourd’hui parce que je me disais qu’au premier tour ce n’était pas un gros problème. Au deuxième tour, peut-être un peu plus. Puis contre Stan, mon oblique me faisait vraiment mal quand je retournais. Il mettait sa deuxième balle liftée sur mon revers, et je ne pouvais pas frapper sans… Je pouvais juste pousser. Si j’essayais de me tourner dessus, ça me tuait. On a essayé de straper. Avant le tournoi, j’ai fait une échographie. Après le deuxième tour, j’ai refait une échographie. Hier, j’ai fait une IRM. C’est exactement la même chose que l’an dernier : ça m’avait sorti du début de la saison sur terre et d’une partie de la saison sur dur, et j’avais essayé de jouer avec. Les examens montrent qu’il n’y a pas une déchirure évidente comme la dernière fois. Mais je suis prudent parce que ce sont exactement les mêmes symptômes, les mêmes coups me font mal. C’est exactement pareil que l’an dernier, et l’an dernier j’ai un peu “fait n’importe quoi” en voulant jouer avec trop longtemps. Donc on surveille. Je ne pense pas que ce soit aussi grave que l’an dernier, donc je pense que je peux récupérer assez vite si je prends un peu de temps.
"Je ne peux rien faire de plus : c’est tout ce que je pouvais faire"
Je sais qu’avec le recul c’est facile, mais est-ce que tu as fait une préparation différente cette intersaison en tenant compte des blessures de l’an dernier ? Carlos et Jannik sont à un autre niveau, mais eux n’arrivent pas ici en passant par l’United Cup… Est-ce que tu devrais prendre plus de repos ? Tu joues beaucoup.
Oui, c’est compliqué. Moi, je détesterais arriver à l’Open d’Australie sans aucun match. C’est comme ça. J’aime aussi m’entraîner la semaine d’avant, donc arriver une semaine plus tard et jouer un 250 la semaine avant, ce n’est pas non plus la meilleure réponse. Ça a toujours bien marché pour moi. Et ces dernières années, je me suis senti très bien en arrivant ici après avoir joué l’United Cup. Je ne sais pas… Quand je repense à à quel point je me suis senti “rouillé” sur mon premier match de l’année à l’United Cup, je détesterais arriver à un Grand Chelem et risquer ça. Pour moi, c’est un trop gros risque. Mais pour eux, ils sont peut-être très confiants : ils se disent qu’ils ne vont pas sortir et qu’ils vont pouvoir se mettre en route pendant le tournoi.
Et l’intersaison en elle-même : plus de repos ? Un peu moins d’entraînement ?
Je veux dire, non : il n’y a pas eu assez d’entraînement pendant l’intersaison. Mais je ne pouvais rien faire. Je rééduque une blessure au genou. Même aujourd’hui… Disons-le comme ça : même si le genou ne m’avait pas gêné, ça aurait été très dur de jouer un long cinq sets dans la chaleur aujourd’hui. Ce n’est pas une question de paresse ou de devoir travailler plus. Physiquement, je n’ai juste pas pu. C’était ça le problème. J’ai passé l’intersaison à faire de la rééducation et du travail en salle. Je n’ai pas eu assez de temps sur le court. Je ne peux rien faire de plus : c’est tout ce que je pouvais faire.
"Je ne sais pas pourquoi mon genou s’est autant dégradé ces trois derniers jours"
Comment tu gères l’équilibre entre repos et repartir de l’avant ? Tu aimes une grosse partie du calendrier : Dallas, Indian Wells, Miami… Tu disais tout à l’heure “jouer avec”, mais on dirait qu’à un moment tu dois te forcer à descendre du tapis roulant.
Oui, je vais voir comment réagit l’oblique, parce que je trouve que ça allait plutôt bien. Ça allait plutôt bien aujourd’hui. Mais en même temps, il ne mettait pas vraiment de kick dans mon dos, il ne me forçait pas à jouer les coups qui parfois me dérangent. Donc je ne sais pas vraiment dans quel état c’est. Je vais voir comment ça réagit. J’espère pouvoir jouer Dallas, je pense. Je ne sais pas pourquoi mon genou s’est autant dégradé ces trois derniers jours. Comme je l’ai dit, ça allait très bien sur mes deux premiers tours et toutes les séances avant. Je ne sais pas si c’est juste la surcharge d’enchaîner des matchs physiques en trois, quatre sets, etc. Mais j’ai un peu de temps pour que ça guérisse. Si je continue la rééducation, j’ai l’impression que ça va continuer à s’améliorer. À Dallas, je n’aurai pas à jouer plus de trois sets par match, donc on va voir. Si mon genou ne s’améliore pas, si l’oblique ne s’améliore pas, je prendrai le temps qu’il faut.
Vu ce que tu dis sur ton état, as-tu envisagé d’abandonner aujourd’hui, et qu’est-ce qui a motivé ta décision de ne pas le faire ?
Oui. Mais le truc, c’est qu’avant le match, ça ne m’a même pas traversé l’esprit, parce que je me sentais bien à l’échauffement. Vraiment bien. Une partie de moi espérait que ça se débloque. J’ai pris… ils m’ont donné… Je suis déjà sous anti-inflammatoires, et ils m’ont donné d’autres antidouleurs. Je pensais que ça allait “monter”, mais ça n’a rien fait. Mais j’avais l’impression de bien frapper la balle. Je pense que beaucoup de mes fautes viennent du fait que je me retenais, que je n’avais pas l’impression de charger mon genou assez fort. Et je ne veux pas non plus lui retirer du crédit : il jouait vraiment bien, servait très bien, neutralisait super bien quand j’attaquais. Il a très bien joué. Je ne sais pas. Je pensais qu’au deuxième set je pouvais lancer quelque chose. J’avais quelques occasions de break que j’aurais peut-être pu convertir. Et peut-être que je tiens quelques jeux et que je prends le deuxième set. Mon plus gros problème aujourd’hui, c’est que d’habitude, quand je joue blessé, la plupart du temps, je peux aller sur le court sans y penser, jouer, rentrer dans le match. Aujourd’hui, je n’y arrivais pas. Je n’arrivais pas à arrêter d’y penser. C’était vraiment dur de rentrer dedans. Mais je ne suis pas le genre de personne à abandonner. Surtout au deuxième set, j’espérais vraiment pouvoir enclencher quelque chose.
"J’ai cette tendinite au genou, je la sens sur le court depuis la saison sur gazon de l’an dernier"
Tu te souviens de la dernière période où tu as pu enchaîner un moment sans petit pépin, sans blessure dans un coin de ta tête ?
J’ai cette tendinite au genou, je la sens sur le court depuis la saison sur gazon de l’an dernier.
La période la plus récente ?
Oui. Mais je trouve que pendant l’US Open, la Laver Cup et Tokyo, je n’y pensais même pas quand je jouais. Je dirais que c’était la dernière séquence de trois tournois où j’allais sur le court et je jouais, et je n’avais rien en tête à propos d’une blessure.
"Mon objectif principal, principal, c’est d’être 100% en forme, j’espère que ce n’est pas trop loin"
Tu vois un moment, dans un futur pas trop lointain, où tu retrouveras ça, ou c’est difficile à imaginer ?
Non, c’est l’objectif. C’est dur parce que des trucs apparaissent tout le temps maintenant. Mais mon genou continue de s’améliorer. Comme je l’ai dit en conférence après mes premier et deuxième tours, ça va prendre du temps. Ça allait mieux. Je ne suis toujours pas sûr de pourquoi j’ai “reculé” ces trois ou quatre derniers jours, après deux ou trois semaines à aller mieux de manière constante. J’ai parlé à beaucoup de gens qui ont eu ça, et ils disent que je récupérerai complètement à un moment. Et j’ai déjà récupéré de l’oblique avant : ce n’est pas trop grave. Mon objectif principal, principal, c’est d’être 100% en forme, j’espère que ce n’est pas trop loin, et d’être au-dessus de tout pour pouvoir m’entraîner et vraiment pratiquer comme j’en ai l’habitude.
On a vu récemment des joueurs — Jack Draper, Arthur Fils — prendre six, sept mois off parce qu’ils ne pouvaient pas jouer et qu’ils voulaient atteindre ce point où vous ne ressentez plus de douleur. Avec l’avis médical que tu as, est-ce qu’il pourrait y avoir un moment où tu te dis : “Je ne joue plus tant que ce n’est pas réglé” ?
Oui, je pense qu’en début d’année, c’était un peu comme ça que je voyais les choses, et c’est comme ça que j’en parlais avec mon équipe. Ce que j’ai au genou, ce n’est pas quelque chose que personne n’a jamais eu : il y a des protocoles, des délais, des standards très clairs. Quand je suis arrivé en Australie et vu comment je me sentais, je disais à mon équipe : si ça reste comme ça, on va devoir arrêter, parce que je ne pense pas que ça s’améliore, je ne peux pas jouer avec ça. J’étais totalement prêt à tout couper pendant quelques mois pour que ça aille mieux. Mais mon physio, qui est excellent et en qui j’ai confiance, a dit qu’il pensait qu’il y avait une assez grosse chance qu’on puisse faire toute la rééducation et tout ce qu’il faut pendant que je continue à jouer. Que je peux me reposer entre les tournois, peut-être jouer moins de tournois. Il pense que c’est possible d’améliorer ça tout en jouant. Donc on s’est dit : essayons et voyons. Et comme je l’ai dit, jusqu’à il y a trois jours, je trouvais que ça se passait plutôt bien. Donc je pense que c’est toujours le plan pour la suite.

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