Tennis. Prize money - Roland-Garros ouvre la porte au partage des revenus
Par Alexandre HERCHEUX le 22/07/2026 à 16:52
Un premier pas important aurait été effectué dans le conflit opposant les meilleurs joueurs aux quatre tournois du Grand Chelem. Selon les informations publiées mardi 21 juillet par The Guardian, les dirigeants de Roland-Garros ont proposé un modèle de partage des revenus lors de discussions organisées pendant Wimbledon avec Larry Scott, ancien patron de la WTA chargé de représenter le groupe de joueurs.
Il ne s’agit pas encore d’un accord définitif. La proportion des revenus qui serait reversée, la base comptable utilisée et la date d’entrée en application n’ont pas été révélées. La Fédération Française de Tennis n’a pas non plus publié de communiqué confirmant officiellement les négociations.
Ce que Roland-Garros aurait proposé aux joueurs
Le changement serait surtout structurel. Actuellement, chaque tournoi du Grand Chelem détermine chaque année le montant de sa dotation et annonce ensuite la progression par rapport à l’édition précédente. Les joueurs souhaitent remplacer ce fonctionnement par une formule prévisible, directement liée aux recettes générées par les tournois. Leur demande porte sur un minimum de 16 % des revenus consacrés au prize money dès maintenant, avant une progression jusqu’à 22 % à l’horizon 2030. Ils réclament également une participation des Grands Chelems au financement des retraites et de la couverture médicale, ainsi qu’une représentation plus importante dans les décisions concernant l’organisation des tournois.
D’après le rapport du Guardian, Roland-Garros se serait montré disposé à travailler sur ces différents éléments. Le tournoi parisien deviendrait ainsi le premier Majeur à accepter le principe même d’un partage des revenus, bien que les détails restent encore à négocier.
Une dotation de 61,723 millions d’euros en 2026
Cette ouverture intervient alors que Roland-Garros avait déjà augmenté sa dotation globale de 9,53 % en 2026, pour atteindre 61,723 millions d’euros. L’enveloppe du tableau principal de simple avait progressé de 10,1 %, avec des hausses comprises entre 11,11 % et 11,54 % lors des trois premiers tours. Les qualifications avaient bénéficié d’une revalorisation de 12,9 %, la FFT expliquant vouloir mieux accompagner les joueurs et joueuses ayant besoin de financer leur saison et leur équipe. Les primes du double avaient progressé de 3,9 %, tandis que plus d’un million d’euros avait été alloué aux compétitions de tennis-fauteuil et de quad.
Ces augmentations n’avaient toutefois pas suffi à éteindre la contestation. Plusieurs joueurs, dont Jannik Sinner, Iga Swiatek et Aryna Sabalenka, avaient volontairement réduit leurs obligations médiatiques avant le tournoi parisien afin de symboliser leur désaccord avec la part des revenus qui leur était reversée.
L’US Open désormais sous pression
La proposition parisienne pourrait surtout peser sur l’US Open, qui doit annoncer prochainement sa dotation pour l’édition 2026. Le tournoi américain avait établi un record en 2025 avec 90 millions de dollars de rémunération totale destinée aux joueurs, soit une hausse de 20 % par rapport aux 75 millions distribués en 2024. L’USTA vient par ailleurs d’accueillir un nouveau directeur général. Craig Tiley, ancien patron de Tennis Australia et directeur de l’Open d’Australie, a officiellement pris ses fonctions le 20 juillet, à quelques semaines du Grand Chelem new-yorkais.
Selon The Guardian, plusieurs joueurs, dont Jannik Sinner, envisageraient de ne pas participer au tournoi de double mixte précédant les tableaux de simple si aucune avancée significative n’était obtenue. Une hausse de la dotation ne répondrait pas nécessairement à leur demande principale : disposer d’une formule transparente et durable plutôt que dépendre chaque année d’une décision unilatérale. Si les négociations aboutissent, Roland-Garros pourrait créer un précédent majeur. Le prochain enjeu sera de connaître le pourcentage réellement proposé par le tournoi parisien et de déterminer si les trois autres Grands Chelems accepteront à leur tour de lier les primes versées aux revenus qu’ils génèrent.
